ONG Terre Vivante

ONG Terre VivanteProjetsRequêtes de FinancementDéveloppement Communautaire de Rosso

Projet de développement Communautaire de la ville de Rosso

Avec la Coordination des Associations pour le Développement de Rosso

ONG Terre Vivante

2004-2005


1. Contexte

2. Objectifs

3.Stratégie

4. Descriptif des activités

5. Renforcement et consolidation institutionnels de la CADR

6. Budget

1. Contexte

Rosso, la capitale de la de la Wilaya (région) du Trarza, ville frontalière est un important pôle de développement agricole et des échanges commerciaux. La région est composée de six (6) départements dont les chefs lieux sont : Boutilimit, Keur Macène, Ouadnaga, Mederdra R’kiz et Rosso. Dans chacun de ces départements, il existe deux ou plusieurs communes. Les vingt quatre communes de la Wilaya du Trarza se présentent ainsi qui suit  : Rosso (2 : Rosso et Jidrel Mohgen) ; Boutilimit (6) ; R’kiz (5) ; Keur Macène (3) ; Mederdra (5) ; Ouadnaga (3).

La population totale de la région est estimée (en 1993) à 204 255 habitants . La région possède des atouts et potentiel économiques très importants notamment dans les domaines de l’agriculture, du commerce et de l’élevage. Ces atouts sont encore renforcés par un ambitieux programme d’infrastructure routière. Ce programme prévoie le désenclavement de la région et la facilitation des liaisons entre les départements. Ainsi, en est-il par exemple des routes Nouakchott-Rosso, Mederdra-Rkiz (finie), Tigent-R’kiz, Tigient-l’océan (fini), Tigent-Nimzat (en cours de finition). Au-delà de la région, il est prévu une route qui va de Rosso à Boghé, dans le Brakna. Ces routes seront d’un impact décisif sur la circulation des hommes et des biens et par conséquent d’un développement des échanges et des productions parce que contribuant fortement à décloisonner des différentes localités et des différentes zones économiques et à renforcer leurs complémentarités.

De part sa position géographique, la région du Trarza joue un rôle stratégique très important. Elle est une région de contacts et de rapports quotidiens avec le Sénégal, pays voisin avec lequel la Mauritanie cultive des relations de bon voisinage, de paix, de concorde et de fraternité. Par ailleurs, sa situation de zone frontalière avec le Sénégal lui confère une fonction de premier plan dans intégration économique et la coopération transfrontalière qui sont matérialisées par l’importance des échanges commerciaux, l’intensité de la circulation des biens et des personnes. La ville est un carrefour. La quasi-totalité des étrangers, qui se comptent en centaines de milliers, vivant en Mauritanie transitent par Rosso. L’embarcadère et le bac qui assure la liaison Rosso-Mauritanie / Rosso-Sénégal constituent de ce point de vue un point nodal de cette coopération transfrontalière. La Bac de Rosso constitue en effet un important vecteur d’échanges et de coopération entre la Mauritanie et le Sénégal. Le trafic fluvial est intense. Grâce à des accords entre les deux pays, la transhumance du cheptel (de la Mauritanie vers le Sénégal) se traduit annuellement par une traversée par le bac de 3000 à 4000 camelins. Pendant les grandes fêtes musulmanes (tabaski, Maouloud), les caprins qui sont acheminés vers le Sénégal toujours à travers le bac se chiffrent par centaines de milliers. Des produits tels que les fruits et légumes (au moins un camion de 10 tonnes) transitent tous les jours par le bac dans le sens Sénégal vers la Mauritanie. Il en est de même des matériaux de construction, notamment le fer et le bois (six à 8 camions par mois en moyenne). Dans l’autre sens, de la Mauritanie vers le Sénégal, on a surtout le poisson (2 à 3 camions frigorifiques par jour) et diverses autres produits manufacturés. Il faut également noter un important trafic (contrebande) qui est le fait des ressortissants des deux côtés du fleuve. L’huile , la tomate, le sucre et les tissus de la Mauritanie vers la Sénégal. Du Sénégal, le riz importé. Des quantités difficiles à évaluer mais certainement très importants sont échangés entre les deux pays.

La ville de Rosso est comme on le constate un nœud de la vie de relations. Elle polarise la dynamique des échanges et le développement économique et social de la région du fait de ses rapports avec son Hinterland et avec le Sénégal, voisin.

La ville est situé le long du fleuve Sénégal. Elle est ainsi plus développée dans le sens de la longueur. En 1994, la population de Rosso était estimée à 37 371. répartis dans 13 quartiers dont certains, de par leur nom, Escale, Médina, attestent d’une existence depuis la période coloniale.

La situation des services sociaux n’est guère reluisante tant dans la ville que dans la région d’une manière générale.

Dans le domaine de l’éducation, la région compte 43 écoles fondamentales dont 12 dans la ville de Rosso. Il y existe 5 jardins d’enfants (dont 3 dans la ville de Rosso), 4 établissements secondaires (dont 2 dans la ville de Rosso), un centre de formation professionnelle, 3 établissements d’enseignement général privé (Mouhamediya, Med Lemine Sakho, et Al Baraka), et une cinquantaine de Mahadras. La région compte également 39 salles d’alphabétisation.

Les problèmes liés à l’éducation ont pour noms : manque de personnel dans les établissements publics ; salles de classe pléthorique., manque d’établissements qui oblige à l’adoption d’un système de double flux, etc. Dans les garderies, le plus grand nombre des monitrices n’est pas formé. D’une manière générale, la qualification des enseignants est douteuse : une semaine de formation, recrutement sur la base d’un simple dépôt de diplôme (Brevet ou bac).

Dans le secteur de la santé Rosso dispose d’une Direction régionale de santé, d’un hôpital régional, d’un centre de santé départemental, d’un centre de croissant rouge , d’un centre de Protection Maternelle et Infantile (AMPF/PMI).), de huit postes de santé, de cinq cabinets de soins privés, des pharmacies et de nombreux praticiens de médecine traditionnelle.

Dans le domaine de la santé, les problèmes que l’on rencontre sont ceux liés au manque d’équipement. Les postes de santé ne sont pas dans les normes requises. Le personnel est insuffisant et mal formé. Les médicaments sont insuffisants notamment pour soigner les endémies telles que le paludisme. Il s’ensuit une difficulté d’accéder aux soins de santé notamment le traitement de la bilharziose.

C’est dans le domaine de l’environnement et de l’assainissement que les problèmes sont le plus criards. Rosso offre un spectacle de désolation. Délabrement du bâti, rues et espaces publics non entretenues, très peu d’arbres, inondations récurrentes, eaux usées déversées dans la rue, dépôts sauvages d’ordures, prolifération de déchets plastiques, etc.

Au regard de cette situation de la ville de Rosso, les associations organisées dans le cadre d’e la Coordination des Associations pour la Développement de Rosso, avec l’appui d’autres ONG (Terre Vivante, Oxfam, etc.) ont décidé de contribuer de manière significative aux efforts consentis par la municipalité et les autorités nationales. Cette initiative vient donc soutenir les politiques nationales notamment le développement des différents secteurs contenus dans le Document Stratégique de Réduction de la Pauvreté (DSRP) finalisé en 2000 d’une part et d’autre part, la politique de réduction de la pauvreté et les facilités de croissance appuyé par le Fonds Monétaire International. Cette initiative vient par ailleurs appuyer la politique de développement local initiée par le maire de la commune de Rosso et son conseil. C’est un programme de participation citoyenne, c’est-à-dire d’implication effective et concrète des jeunes dans le développement de leur ville.

2. Objectifs

2.1. : Objectif Général :

Contribuer au renforcement de la dynamique associative et à la promotion de la participation citoyenne pour le développement de la ville de Rosso

2.2. : Objectifs spécifiques

  • documenter de manière précise les enjeux et les situations sur lesquels l’action est bâtie ;
  • renforcer les compétences organisationnelles et techniques des acteurs de développement ;
  • promouvoir des initiatives propres à protéger l’environnement et le cadre de vie des populations ;
  • encourager la génération de revenus et la création de richesses ;
  • faciliter la mise en place d’espaces d’expression citoyenne ;
  • diffuser les informations afin de former l’opinion et promouvoir la citoyenneté ;
  • renforcer l’institutionnalisation de la Coordination des Associations de Rosso

3. Stratégie

Pour atteindre les objectifs fixés, le programme repose sur la stratégie et les principes suivants :

  • le primat de l’approche processus plutôt que l’approche projet. Les différentes activités sont appelées à se développer en programmes spécifiques au terme de ce présent programme.
  • La mise en avant de la démocratie participative est une condition de réussite du programme parce qu’étant la base de la bonne gouvernance.
  • L’adoption d’une démarche pluriactorielle c’est-à-dire une démarche de valorisation de tous les acteurs sans exclusive en jouant sur la complémentarité entre les différentes compétences dans le respect des prérogatives de chacun.
  • La combinaison et articulation de différentes actions pour un impact d’échelle.
  • L’appui sur les structures organisées (associations, organisations professionnelles, etc.) qui sont l’épine dorsale du programme et son fer de lance.
  • L’affirmation forte et claire du fait que les associations sont dans une situation d’acteurs responsables et non pas de bénéficiaires
  • La prise en compte de la dimension transfrontalière et par conséquent l’adoption de synergies dans les actions à mener de par et d’autre de la frontière et/ou avec des sénégalais et des mauritaniens dans l’une ou l’autre frontière.

4. Descriptif des activités

Le programmes repose sur les catégories d’activités ci-après :

4.1. Études, diagnostics participatifs et recherches actions

Le programme va dans un premier temps s’atteler à la production de documents qui établissent l’état des lieux dans différents domaines. Ce travail de documentation sera fait à travers des études, des diagnostics participatifs, et des recherches actions. Il s’agira de produire des connaissances fines et actualisées sur la base desquelles seront fondées les actions envisagées pour la réalisation des objectifs du programme.

4.1.1.Étude sur l’économie locale de Rosso

L’étude sur l’économie locale permettra de dresser un tableau général et approfondi de l’économie locale. Elle éclairera sur les questions liées à l’importance, le rôle et l’impact:

  • des infrastructures de transport qui montrent comment la ville est reliée à d’autres espaces de productions et zones économiques aussi bien dans la régions que dans le pays et les pays voisins.
  • des échanges commerciaux  dans la région, avec le reste du pays, et avec les pays voisins. Cette dimension permettra d’analyser comment la ville de Rosso polarise un dynamisme économique et « tire » les productions. Ce niveau des échanges commerciaux sera articulé à l’élucidation des échanges dans la ville. Ainsi, l’étude s’intéressera aux marchés et autres points de commerce. Elle portera un regard particulier sur les secteur informel notamment le petit commerce et les corps de métiers artisanaux (forgerons, bijoutiers, cordonniers, etc.).
  • de l’agriculture dans le développement de la ville. Dans cette perspective, l’étude s’intéressera tant à l’activité des grands producteurs (secteur privé agricole) que des petits producteurs (riziculture, maraîchage, céréaliculture, etc.). Les filières agricoles feront l’objet d’intérêt particulier à différentes étapes : de la production , du transport, de la transformation, du stockage et de la commercialisation.
  • Le secteur de l’élevage (cheptel, industrie laitière, transformation et vente de lait) sera également étudié en même temps et dans les mêmes termes que ce qui sera fait en direction de l’agriculture.

Pour la réalisation de cette étude, les animateurs du programme s’attacheront des compétences diverses locales et extérieurs. Une équipe pluridisciplinaire sera constituée à cet effet. Elle travaillera sur la base de termes de référence précis et d’un échéancier tout aussi précis. L’équipe de travail fournira un rapport provisoire qui sera soumis aux commanditaires de l’étude pour avis critiques. Ensuite l’équipe de recherche en intégrant les recommandations et avis critiques des commanditaires, procèdera à la rédaction du rapport final. Les résultats de cette étude seront présentés à tous les acteurs intéressés lors d’un atelier de restitution. Cette étude sera publiée et largement diffusée.

4.1.2.identification des acteurs du développement économique et social

Dans le cadre du programme, il sera procédé dès le début de son exécution à l’identification des différentes catégories d’acteurs engagées et mobilisables dans les activités de promotion du développement économique et social de la ville. Le travail d’identification s’intéressera ainsi à toutes les familles d’acteurs :

  • Les acteurs étatiques notamment les Directions des ministères (santés, Éducations, environnement, Urbanisme et habitat, agriculture, élevage, commerce, etc.) et leurs services techniques.
  • Les acteurs municipaux que sont le Conseil municipal, le cabinet du maire, les commissions municipales, les services techniques municipaux, etc.
  • Les acteurs du mouvement associatifs formés des associations culturelles et sportives ; les associations de ressortissants de régions, de provinces, de tribus ; les associations de développement de quartier ;
  • Les acteurs des organisations professionnelles. Il s’agit des groupements économiques, des corporations de métiers (transport, boucherie, boulangerie, commerce, coopératives agricoles et autres, etc.)

Le travail d’identification des acteurs sera réalisé sous la forme d’un diagnostic participatif. La CADR et les associations réaliseront elles-mêmes la collecte et le traitement de l’information. Cette collecte se fera au moyen d’une fiche d’identification dans laquelle seront consignées les données permettant de présenter la structure dans sa dénomination, sa date de création, son adresse, ses contacts, ses membres, sa structuration, son mode de fonctionnement, ses moyens de financement, ses domaines d’intervention, ses stratégies, ses réalisations, ses projets, ses partenaires, etc.

Le traitement et l’exploitation de ces données permettront de dresser un tableau assez complet de la réalité du mouvement associatif et des organisations professionnelles. Les informations recueillies constitueront les premiers éléments d’une base de données sur les acteurs de développement de la ville. Ceci est nécessaire pour mieux cibler les collaborations et des appuis essentiels pour la réalisation du programme avec plus d’efficacité et d’impact.

4.1.3. recherches actions sur l’assainissement, l’éducation et la santé

Une des activités des associations de développement est d’organiser et d’animer une recherche action portant sur les domaines dans lesquels elles mènent des initiatives locales. La recherche action est également un moment de prise de parole et de participation à la décision pour les jeunes des associations. Il s’agit là d’un acte hautement citoyen parce que consistant en la prise en charge de la gestion locale de leur quartier. Cette recherche action consistera en des sessions populaires d’évaluation critique des situations, d’identification des problèmes et de définitions des solutions et des moyens et stratégies d’action.

Les domaines dans lesquels la recherche action sera menée sont :

L’assainissement : les associations de quartier se pencheront sur les problèmes liés aux ordures solides, aux eaux usées et aux déchets plastiques.

L’éducation : la recherche action consistera en un état des lieux des problèmes que rencontrent l’éducation tant formelle qu’informelle et alternative. Un état des lieux sera également réalisé dans le volet alphabétisation afin de mieux construire à partir de l’existant. La recherche action sur l’éducation portera un intérêt particulier sur l’enseignement originel et sur les valeurs culturelle, éthiques et morales.

La santé : Les associations de développement exploreront les problèmes que vit la ville de Rosso en matière de santé. Les aspects liés aux soins de santé de base constitueront un des axes forts du diagnostic. Les potentialités offertes par la pharmacopée et la médecine traditionnelle seront également explorées. De plus, les « chercheurs – acteurs » étudieront la faisabilité technique, financière et la viabilité/durabilité sociale d’une mutuelle de santé.

4.2. Renforcement des capacités d’organisation et techniques

L’impulsion du développement économique et sociale de la ville sous la houlette des associations et organisations professionnelles implique l’acquisition de compétences organisationnelles et techniques par ces acteurs. Aussi le programme mettra-t-il en œuvre une série de sessions de formation .

4.2.1. appui au renforcement de la structuration des associations et organisations professionnelles

Les associations de développement de quartier et les organisations professionnelles se doivent d’être bien intégrés dans l’environnement institutionnel du pays. Il est impératif qu’elles aient une existence légale c’est-à-dire qu’elles inscrivent leurs actions dans le respect des lois et règlements en vigueur dans le pays. Le programme initiera des actions d’appui et de facilitation des démarches de légalisation des associations et organisations professionnelles qui n’ont pas encore une existence légale.

Dans cette perspective , l’appui consistera à aider les associations de développement de quartier et des organisations professionnelles à se doter de statut, de règlement intérieur, de Procès Verbal d’ Assemblée Générale constitutive et tout autre document nécessaire pour la constitution du dossier de reconnaissance juridique.

L’appui au renforcement de la structuration des associations et organisations professionnelles se fera aussi par une intervention dans le domaine du fonctionnement et de la gestion des associations / organisations professionnelles comme dans celui de l’élaboration, la mise en œuvre, le suivi et l’évaluation des projets.

4.2.2. Formation technique

Dans le domaine de l’amélioration du cadre de vie, une certaine maîtrise technique est nécessaire. Partant le programme initiera des sessions de formations dans les domaines de l’assainissement, de l’éducation et de la santé. L’acquisition de compétences techniques est également indispensable pour développer les activités génératrices de revenus et la professionnalisation des acteurs de l’économie artisanale / informelle.

L’assainissement : Les sessions de recherches actions définiront avec plus de précision les besoins en formation en ce qui concerne l’assainissement. Mais d’ores et déjà, compte tenu de l’acuité de certains problèmes environnementaux, il est envisagé, dans le cadre du programme :

  • une formation en valorisation des déchets plastiques.
  • une formation en valorisation des déchets organiques notamment les techniques de fabrication de compost.
  • une formation en fabrication de puisards

l’ éducation : les associations de développement de quartier s’investiront dans les questions éducatives. A cet effet, elles devront être initiées aux techniques d’ Information, Communication, Education (IEC). Ces associations seront également formées à la maîtrise de l’utilisation de l’outil informatique.

La santé : comme dans le domaine de l’éducation, la santé aussi est un secteur d’importance dans les initiatives citoyennes des associations de développement de quartier. Les acteurs locaux seront formés aux techniques de communication sur les problèmes de santé (endémies, épidémies, santé maternelle et infantile, etc.). Compte tenu d’un très fort taux de prévalence du paludisme, le programme initiera des sessions de formation en imprégnation de moustiquaires. Dans le but de renforcer le civisme les membres des associations de développement bénéficieront de modules de formations en secourisme .

Artisanat et secteur informel : le programme mettra en œuvre des séries d’ateliers de formation dans la transformation, la conservation des produits locaux, ; dans les métiers artisanaux (teinture, couture, coiffure, vannerie, poterie, tannerie, cordonnerie, bijouterie, etc.) ; dans le domaine des petits métiers (cireurs, porteurs, etc.)

4.3. Amélioration du cadre de vie

L’assainissement : le programme permettra aux associations de développement de quartier de lancer des activités continues d’assainissement de leur cadre de vie. Elles seront dotées de moyens nécessaires pour gérer la propreté des rues et pour faciliter l’évacuation des ordures ménagères. Il s’agira, dans le cadre d’une entente avec les services municipaux compétents, d’organiser tout un système qui articule les différentes étapes. Ainsi les associations assureront la précollecte et l’évacuation vers des sites et dépôts intermédiaires indiqués par la municipalité. Sur ces sites, il sera procédé à un tri pour séparer les canettes, bouteilles et les matières organiques nécessaires à la fabrication du compost. Les autres matières qui peuvent l’être seront également récupérées et valorisées (bouteilles, sachets, etc.). Ensuite la municipalité et ses services compétents se chargeront d’acheminer les déchets irrécupérables vers la décharge ouverte à cet effet.

Toujours dans le domaine de l’assainissement, d’autres activités sont prévues. Le programme engagera les associations :

  • à lutter contre les eaux usées dans les rues. Il envisage la réalisation de puisards individuels dans les foyers ;
  • à promouvoir la valorisation des déchets plastiques ;
  • à mener des initiatives d’entretien des lieux publics (mosquées, cimetières, aires de jeux, écoles, etc.)

L’éducation : En vue d’inscrire le renforcement des capacités dans la durabilité, le programme ouvrira un centre de formation professionnel où toutes les activités d’initiation, de renforcement des capacités seront effectuées. Ce centre agira également comme un lieu de ressources et un espace d’échanges, de concertation et d’émulation pour le développement communautaire. Par ailleurs, le programme permettra aux associations de réaliser des activités d’IEC dans les domaines de l’ éducation des filles et d’une meilleure prise en charge des élèves des écoles coraniques. Les associations animeront également des campagnes de promotion des valeurs culturelles traditionnelles et de plaidoyer pour une culture de la paix, de la solidarité et du bon voisinage.

La santé : Les associations de développement de quartier peuvent contribuer de manière substantielle à l’amélioration des conditions de santé des populations de la ville de Rosso. En collaboration avec les autorités compétentes et les services sanitaires étatiques, elles mèneront des activités d’IEC sur les maladies telles que le sida / IST ; le paludisme, la Bilharziose, la poliomyélite, la rougeole, etc.

Le programme développera des activités de vulgarisation de l’utilisation de moustiquaires imprégnées. Il mettra aussi en œuvre des initiatives d’appui aux campagnes de vaccination. Il sera par ailleurs exploré des possibilités d’organiser avec des partenaires nationaux et étrangers des services sanitaires des consultations gratuites pour les populations. Les associations mobiliseront les populations pour des campagnes de don de sang.

4.4. Amélioration des conditions de vie des populations

Un effort particulier devra être fait, dans le cadre du programme, dans le domaine de l’appui au développement des activités génératrices de revenus et aux initiatives créatrices de richesse.

Un volet important de ce secteur est la facilitation de l’accès au crédit des opérateurs de l’économie informelle (transformation de produits locaux, petit commerce, teinture , couture, coiffure, vannerie, poterie, tannerie, cordonnerie, bijouterie, etc.)

Les associations de développement de quartier initieront des d’activités génératrices d’emplois et de revenus. Il s’agira de mettre sur pied et de gérer des petites entreprises communautaires (boutiques, moulins, location de chaises, de matériel de sonorisation, etc.). Les bénéfices générés par ces activités contribueront à financer les initiatives d’intérêt général dans le quartier.

4. 5. Animation de cadres de concertation

Le programme constitue en lui-même un outil pratique d’apprentissage de la démocratie participative. Il est un laboratoire de gestion collective et de décision concertée entre différents acteurs.

Les échanges entre ceux-ci seront organisés selon une programmation stricte autour de la thématique du « Dialogue sur la décentralisation, la participation citoyenne et le développement local ». Périodiquement les associations se retrouveront pour débattre et échanger des vues sur un aspect particulier lié à cette thématique. Les autres familles d’acteurs seront invitées à ces discussions. Les résultats de débats seront synthétisés et diffusés largement afin de les partager avec des cercles plus vastes.

Le programme mettra aussi en place un cadre de concertation qui réfléchira sur les problèmes d’aménagement du territoire. Ce cadre réunira le mouvement associatif, les directions les services étatiques compétents, les autorités municipales et les partenaires au développement. Ces acteurs se réuniront selon une périodicité fixée d’accord parties pour réfléchir ensemble sur un plan d’aménagement de la ville de Rosso et sur les grands travaux de voirie, de canalisation, etc.

4.6. Information et communication

L’information et la communication est au cœur de l’animation du programme. Il s’agira dans le cadre de l’exécution des activités prévues de développer des savoirs faire mais plus encore de les faire savoir. Ceci passe par la création d’outils et de supports de communication tant durs que virtuels. A cet effet, La Coordination des Associations pour le Développement de Rosso comme les différentes associations membres devront se doter :

  • d’une identité visuelle qui consistera en un logo, des couleurs spécifiques, une charte graphique qui fixe les modèles de documents, etc.). En somme, il s’agira, à travers une forme de présentation tant graphique que scripturale de conférer à la structure une personnalité propre facilement identifiable.
  • de brochures de présentation et de plaquettes d’information. Ces outils et supports seront très utiles pour faire connaître la structure lors des rencontres et échanges avec d’autres partenaires.
  • d’un site Web de la Coordination dans lequel toutes les associations membres auront une page de présentation. Ce site sera régulièrement mis à jour. Il sera également référencé. Des liens seront créés avec des structures partenaires.

Le programme est une expérimentation du travail en réseau d’associations. D’où l’importance de la communication entre ses différents membres. Les associations seront articulées entre elles par :

  • la mise en place d’un mécanisme d’échanges périodiques. Il s’agira de promouvoir des interactions entre les associations qui ainsi vont décider ensemble et agir collectivement. Ceci permettra de développer une culture de l’échange entre les différentes associations. La Coordination des Associations animera des réunions périodiques au cours desquelles seront débattues, discutées et ajustées, si nécessaire, les activités des différentes associations.

4. 7. Capitalisation et évaluation

L’exécution du programme est une expérimentation. A ce titre, les activités seront accompagnés d’un système de monitoring. Toute activité sera décrite et répertoriée. Elles seront consignées dans des rapports d’activités périodiques. Cette pratique permettra de doter les association d’une mémoire et d’une importante somme d’information qui seront utiles pour :

  • tirer les enseignements des initiatives entreprises par des rapports à différentes étapes de la réalisation des activités
  • faire connaître les résultats aux partenaires
  • réorienter les actions en fonction des nouveaux enjeux

Un autre aspect important du programme sera les évaluations. Celles-ci consisteront à mesurer l’impact tant du point de vue quantitatif que qualitatif des activités menées. Ces évaluations seront réalisées en interne, par les membres de la coordination, mais aussi, il sera procédé à une évaluation externe.

5. Renforcement et consolidation institutionnels de la CADR

La Coordination anime et assure le suivi des activités d’un réseau d’associations de développement de quartier et d’organisations professionnelles. Elle sera, pour ce faire, dotée d’une organisation, d’outils et d’un mécanisme de fonctionnement adéquats propres à réaliser ce travail dans les conditions les meilleures.

Mais préalablement, la Coordination et les associations membres clarifieront leurs rapports et leurs engagements mutuels. Cette relation sera faite sur la base de l’adhésion à une charte qui affirme la vision, la mission, les principes et fixe les droits et devoirs des uns et des autres. Cette charte lie toutes les associations membres entre elles et lie chacune des associations à la Coordination.

Afin de fixer et préciser ces rapports, le programme élaborera un manuel de procédures qui détermine les règles de la collaboration et du partenariat entre les parties.

6. Budget

ACTIVITES ANNEE 1 ANNEE 2 ANNEE 3 TOTAL (F CFA)
Atelier de lancement du programme 3 085 000 3 085 000
Étude sur l’économie locale de Rosso 2 725 000 2 725 000
Atelier de restitution de l’étude 2 585 000 2 585 000
identification des acteurs développement économique et social 2 500 000 2 500 000
recherches actions sur l’assainissement, l’éducation et la santé 2 925 000 2 925 000 2 925 000 8 775 000
renforcement structuration associations/organisations profes 1 775 000 1 775 000
formation des organisations professionnelles 700 000
Formation dans le domaine de l’assainissement 7 000 000
Amélioration du cadre de vie des populations
Assainissement 6 473 334 6 983 334 6 086 667 19 420 000
Education 6 473 334 6 983 334 6 086 667 20 950 000
Santé 6 473 334 6 983 334 6 086 667 18 260 000
Amélioration des conditions de vie des populations 1 650 000 1 650 000 1 650 000 4 950 000
Animation de cadres de concertation 800 000 800 000 800 000 2 400 000
Information et communication 966 667 966 667 966 667 2 900 000
Capitalisation et évaluation 1 000 000 1 000 000 3 050 000 5 050 000
Renforcement et consolidation institutionnels de CADR 7 916 667 7 916 667 7 916 667 23 750 000
TOTAL 126 825 000


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