ONG Terre Vivante
2. Présentation de la structure requérante
Une organisation et des acquis sur le terrain
Terre Vivante est une organisation non gouvernementale engagée dans la promotion d'un développement durable en Mauritanie. Son objectif est la lutte contre la pauvreté intégrant prioritairement l'environnement, l'initiative économique et la promotion féminine en milieu rural et urbain.
Terre Vivante intervient dans plusieurs régions de la Mauritanie : Nouakchott, Trarza, Selibabi, Nouadhibou, Zouérate, Kaédi. Dans toutes ses actions Terre Vivante s'appuie sur la capacité d'initiative des populations, et toutes les formes de mobilisations sociales et communautaires : groupements d'entrepreneurs, associations de quartiers, les associations de jeunes, les coopératives féminines...
Terre Vivante entretient des partenariats avec plusieurs ministères, notamment le ministère de la santé, le Secrétariat aux Droits de l'Homme, à la Lutte contre la pauvreté et à l'insertion, le Ministère de la Jeunesse, le Secrétariat d'Etat à la condition féminine, le Ministère de la Justice (réinsertion des détenus, prison centrale de Nouakchott)'
L'association est membre de collectifs d'ONG nationales et sous régionales (Réseau Nationale de lutte contre le Sida, WANASO Afrique de l'Ouest), membre élu du Comité chargé du suivi du programme « renforcement des capacités des ONG nationales » auprès du Secrétariat d'Etat de la Lutte contre la pauvreté (Tutelle Technique des ONG nationales), et membre de la Fédération des ONG internationales de Mauritanie (FOM).
Une philosophie
Terre Vivante ne se réduit pas à un bureau d'études, ou à une agence d'exécution. C'est une organisation non gouvernementale attachée au service des populations et de leur épanouissement. Elle peut, au titre d'organisation nationale ayant une expertise de terrain, être amenée à effectuer des études, ou faciliter l'exécution de projets, mais sa vocation et ses actions s'inscrivent plus largement dans une réflexion globale sur le développement, la modernité et la mondialisation.
Terre Vivante s'intègre naturellement dans toute la dynamique d'un développement local communautaire et durable ; elle s'inscrit dans l'émergence démocratique de la société civile en Mauritanie, dans le respect des droits humains, et promeut des actions et des mobilisations visant l'amélioration des conditions de vie des plus démunis. Pour ce faire elle utilise les outils, les méthodologies, les techniques spécifiques des acteurs professionnels du développement. Elle intègre des normes de travail, de temps, d'efficacité, de formation, de responsabilité, de promotion féminine et de participation.
Mais le développement n'est pas un concept neutre. Il peut induire des effets de ruptures, ou de chocs culturels, générateurs de crispations identitaires. Pour l'organisation Terre Vivante, une réflexion doit être engagée de manière intégrative, pour une véritable appropriation de la modernité et du développement par toutes les composantes de la société mauritanienne, en prenant en compte, avec discernement, les valeurs traditionnelles et spirituelles positives, et en s'appuyant sur ces dernières comme levier de mobilisation et d'appropriation.
Ces valeurs, qui constituent une des richesses du patrimoine et de la diversité culturelle mauritanienne s'inspirent des principes et des applications mises en oeuvre dans le village de Maata-Moulana et fondent l'engagement de l'organisation pour un développement durable. Elles peuvent se décliner comme suit :
- valoriser la complémentarité, la reconnaissance mutuelle et la synergie, dans les approches, les personnes, les cultures, les savoirs et les compétences
- donner le primat au qualitatif et au relationnel, les personnes étant plus importantes que les techniques, les objectifs et les objets.
- introduire de nouvelles pratiques, mais valoriser les modèles traditionnels pertinents (sociabilité, hospitalité, gestion consensuelles des conflits, réseaux et solidarité traditionnels)
- restaurer l'importance de la culture et de la spiritualité, souvent ignorés des programmes de développement. Cette relégation implicite peut donner le sentiment d'une modernité brutale et matérialiste, profondément individualiste, orientée vers la technique et le marché au détriment des personnes et des sociabilités traditionnelles. Elle peut ainsi donner lieu à des replis ou des crispations identitaires, alors que la prise en compte des vecteurs culturels et spirituels par les programmes de développement peut opérer des aménagements et des transitions positives vers une modernité appropriée et assumée, et non imposée par un occident dominant.
- une réciprocité véritable dans les relations de solidarité entre le Nord et le Sud. Comme la communauté villageoise de Maata Moulana l'a mainte fois constaté en accueillant de nombreux visiteurs du monde « développé », l'occident souffre de « malnutrition relationnelle » et de déséquilibres pour certains besoins fondamentaux de l'être humain, comme la sérénité, la sagesse, un certain art de vivre, d'approfondir le sens de sa vie, de qualité de temps et de relation. Si l'occident semble prospère matériellement et techniquement, et peut partager son abondance, il peut aussi recevoir des peuples du sud les possibilités de ressourcement, d'enrichissement personnel qualitatif et relationnel qui restent des vertus abondantes dans un pays pauvre comme la Mauritanie.
- la valorisation de la multi-appartenance. Le village de Maata-Moulana se singularise par sa diversité tribale, ethnique, ses métissages, comprenant même quelques membres d'origines européennes, africaines, afro-américaines, sud-américaines'cette hospitalité et cette ouverture, dans la fidélité à la quintessence de la culture mauritanienne est une des caractéristiques de ce village, qui en a fait une des valeurs cardinales de son développement.
- l'importance et la valorisation des enseignements traditionnels et leur compatibilité avec l'éducation moderne. Le patrimoine de l'éducation traditionnelle, s'il gagne à être enrichi par des aménagements pédagogiques, recèle des trésors de sagesse et de connaissance, de normativité, d'éthique comportementale qu'il importe de valoriser. Ceci est d'autant plus important que l'irruption de la modernité tend à bouleverser les repères et normes traditionnelles, dans une société fragilisée, et qui n'a pas encore achevé de produire sa modernité.
Réalisations
1986
- A cette époque il existait 8 associations de développement communautaires dans le village de Maatamoulana qui avaient des expériences qui méritaient d'être concrétisées au niveau national (création d'une palmeraie, gestion de l'eau, coopérative féminine'). Une équipe de 12 personnes représentant ces associations a été formée, afin d'envisager de créer une structure représentative de la dynamique de développement du village.
1993
- C'est en 1993, avec quelques personnes spécialisées dans le secteur ONG, que le groupe engage la progressive mise en place de l'ONG Terre Vivante Mauritanie. Celle-ci se structure rapidement, et devient opérationnelle en ouvrant de nombreux chantiers : Lutte contre le Sida, Promotion féminine, Technologies appropriées, Documentation avec des partenaires comme Enda Tiers Monde, Caritas Mauritanie, AFVP ; GTZ, UNIFEM, PNUD.
1994
- Le premier contact concret avec Enda Dakar. Dans le cadre de cette première relation, les membres de Terre Vivante ont reçu un soutien pour participer dans divers ateliers, et réunions à Dakar et notamment ont pu participer dans la création d'un réseau mauritanien d'associations impliquées dans la lutte contre le Sida.
- Les membres de Terre Vivante ont bénéficié de formations en matière de lutte contre le Sida, organisées par Enda à Dakar.
1995
- Appui à la communauté de Maatamoulana.
- Programme Sida avec Enda Tiers monde
- Programme médecine traditionnelle avec Enda Tiers monde.
- Programme d'hydraulique dans le département de Rkiz.
- Centre de documentation actuellement ouvert au siège de l'ONG.
1996
- Enda organise à Nouakchott une formation sur le VIH/Sida de 5 formateurs et de 24 relais de Terre Vivante.
- TV reçoit de Enda un financement pour une année ' le premier financement reçu pour le volet de lutte contre le Sida. Le financement est essentiellement alloué pour l'organisation de thés-débats au niveau des 9 moughataa (arrondissements) de Nouakchott.
- TV organise aussi 3 manifestations de grande envergure auprès du public général, pour clôturer chaque programme de thés-débats.
- Mobilisation de formation des responsables des coopératives pour la campagne agricole à Rkiz.
- Mobilisation de 180 paysans pour le désherbage à Rkiz pour ma campagne agricole 95/96.
- Electrification de Maatamoulana avec EDF.
- Appui à la coopérative féminine de Maatamoulana par l'.
1997
- Le financement de Enda pour la lutte contre le Sida est prolongé jusqu'en 1998.
- TV reçoit un financement général de l'ONG espagnole Intermón, ce qui permet une meilleure structuration de l'organisme.
1998
- Démarrage du travail dans la prison centrale (y compris un volet de lutte contre les IST et le Sida).
- Projet de réhabilitation des bornes fontaines de Nouakchott avec l'UNICEF.
1999
- Une équipe de Enda - Dakar vient en Mauritanie avec un camion-podium pour mener, avec Terre Vivante, une caravane de sensibilisation à l'intérieur du pays. Notamment, cette initiative reçoit l'approbation et l'appui du Ministère de la santé qui jusqu'ici démontrait une attitude plutôt timide sur la question de la sensibilisation au grand public.
- Terre Vivante participe au premier congres sur les médecines traditionnelles et le Sida, à Dakar en février 1999:
- TV, est le point focal du réseau Dimitra/Fao qui entend promouvoir les organisations féminines rurales.
- L 'action de TV se distingue notamment dès cette année, par une présence active en milieu rural, dans le cadre du projet Catar, en vue d'apporter aux populations rurales dépendant étroitement pour leur survie, du lieu naturel dans lequel elles évoluent. Cela se traduit par l'appui apporté aux associations paysannes et aux coopératives féminines du département de Rkiz. Des cours d'alphabétisme sont dispensés, avec des formations sur les techniques maraîchères et en santé animale.
- Au cours de cette année, les principales activités ont comporté un volet d'information, d'animation sur le Sida, le tabagisme et la citoyenneté que ce soit dans le cadre du projet Catar ou dans le activités éducatives dans les écoles et lycées de Nouadhibou.
- Projet d'assainissement des écoles du Brakna avec l'UNICEF et le Ministère de l'éducation nationale.
- Projet DIMITRA avec Enda-Pronat/FAO/Fondation Roi Baudouin. Pour l'identification des structures nationales et internationales oeuvrant pour la promotion de la femme rurale.
- Projet Chemama avec le Commissariat aux Droits de l'Homme, pour : l'encadrement, la formation et l'appui technique des activités génératrices de revenus des groupements féminins.
2000
- Le projet d'appui aux coopératives féminines de Rkiz suit son cours.
- Projet Femmes mendiantes avec le CDHLCP : pour la création d'activités génératrices de revenus et la formation, l'appui technique aux femmes mendiantes de Nouakchott.
- Démarrage en Octobre 2000 du projet : Gestion Communautaire des Ordures Ménagères de Rosso.
2001
- Terre Vivante poursuit le programme de thés-débats à Nouakchott, en partenariat avec les associations communautaires (ex. jeunesse, et coopératives féminines). Désormais, beaucoup de ces associations prennent en charge elles-mêmes les coûts de ces activités.
- Les manifestations à grand public sont aussi poursuivies.
- Terre Vivante poursuit son adhésion dans les réseaux de lutte contre le Sida.
- Terre Vivante est choisie pour représenter la Mauritanie dans le projet «GAIN» et bénéficie d'un appui financier et matériel dans le cadre de cette collaboration.
2002
- L'an 2002 est déjà marqué par une croissance dans les activités de l'association.
- A présent, l'association est présent dans six régions de la Mauritanie: Nouakchott, Nouadhibou, Trarza, Brakna, Hodh Garbi, et Adrar.
- Le projet d'appui aux coopératives de Rkiz suit son cours.
2003
- Dernière phase du projet d'appui aux coopératives féminines de Rkiz.
- Poursuite du processus , projet : Gestion communautaire des ordures ménagères à Rosso.
- Programme de prévention du Sida dans les moughataas d'EL Mina et Sebkha.
- Projet de gestion des déchets ménagers à base communautaire dans la moughataa de Dar-Naim.
- Démarrage du projet PASK (Identification d'activités génératrices de revenus dans la Zone du Karakoro).
- Démarrage du projet PRISM (identification d'activités alternatives à la mine de Zouerate.)
- Jardin médicinal de Maatamoulana (renforcement des acquis et partenariat avec plantes et nomades).
- Intervention d'urgence ponctuelle pour cause d'inondation dans les zone de Bir Moghrein et dans le Gorgol.
- Renouvellement du système d'électrification à Maatamoulana avec l'ONG Belge Energie assistance.
- Projet de forage à Beguemoune.
- Projet de Gestion communautaire des ordures ménagères à Maatamoulana.
Visions et approches de Terre vivante
L'histoire de l'organisation non gouvernementale Terre vivante est relativement récente en tant qu'acteur du développement en Mauritanie. Mais, elle est aussi ancienne dans la mesure où la création de l'Ong s'inscrit dans un processus et une dynamique qui a précédé bien longtemps l'existence officielle de l'association.
Terre vivante tire son originalité du processus d'engagement, de détermination et de volonté qui est celui du village de Maatamoulana.
Apres sept années d'existence, l'association s'est forgée une réputation nationale attestée par de nombreuses reconnaissances et accréditations, tant auprès des ministères que des organisations internationales. Elle est membre actif de la fédération des organisations internationales non gouvernementales en Mauritanie et co-fondatrice du collectif des ONG nationales de Mauritanie.
En outre, l'Ong Terre vivante est affiliée à de nombreux réseaux thématiques et/ou globaux de la sous région Ouest-Africaine, du Maghreb, du monde arabe et au niveau mondial.
Terre vivante insère stratégiquement sa démarche dans le mouvement du développement durable à travers l'application des trois dimensions : sociale (distribution des ressources dans les grandes masses de la population), économique (efficience et efficacité des actions) et écologique (viabilité de la gestion et de l'exploitation rationnelle des ressources naturelles renouvelables).
Projet CATAR une présence active en milieu rural
L'action en milieu rural est pour Terre vivante, désormais membre de l'Alliance Internationale des Coopératives, un choix stratégique, - faut-il rappeler que la Mauritanie en dépit d'une urbanisation accélérée est, fondamentalement, restée rurale -. L'arrière pays regorge de ressources et de potentialités importantes.
L'agriculture et l'élevage occupent une large majorité de ruraux mauritaniens et fournissent une gamme de produits indispensables à la satisfaction de leurs propres besoins et aussi, pour les villes.
Pour terre vivante, mettre en rapport la population et le potentiel naturel rural représente une stratégie durable de lutte contre la pauvreté. Cela s'est traduit, en 1999 par l'appui apporté aux associations paysannes et aux coopératives féminines du département de R'kiz dans le cadre de la mise en 'uvre de la seconde phase du Projet Catar (centre agroécologique des terres arides) financé par notre ONG-partenaire espagnole INTERMON.
La lutte contre l'analphabétisme, la formation, la santé animale, le maraîchage et la coopération constituent les principaux axes de cette phase. Trente six coopératives ont bénéficié directement des retombées du projet en terme d'information, de formation, d'appuis matériels et technique, d'accompagnement juridique pour accomplir les formalités légales de reconnaissance officielle de coopérative.
La mobilisation autour de la diffusion des expériences pour valoriser les meilleures pratiques a permis aux groupements paysans partenaires d'acquérir des compétences en formulation et gestion de projets. Ce sont ainsi plus de 16 projets qui ont été conçus et formulés par les coopératives rurales de la zone de R'kiz, du Brakna et du Trarza.
En filigrane, la préoccupation environnementale est intégrée dans chacune des activités menées avec les populations et souvent plus ouvertement à travers des opérations de reboisement, de fixation de dunes ou d'incinération des ordures, par exemple à Matamoulana :
Programme Santé
Au cours de l'exercice 1999-2000, toutes les activités exécutées ont comporté un volet d'information et d'animation sur le sida, sur le tabagisme ou la citoyenneté que ce soit dans le cadre du projet CATAR ou des activités éducatives dans les écoles et lycées de Nouadhibou.
Les activités de sensibilisation et de formation touchent prioritairement, à la fois, les femmes et les jeunes.
Venant en complément de l'existant en matière de services de santé, des missions médicales ont séjourné à Matamoulana et dans les fixations autour du lac R'kiz. Pendant plus d'une dizaine de jours, des médecins, des infirmiers de l'organisation Terre d'Azur sont venus consulter, soigner, pratiquer de petites chirurgies et distribuer des médicaments dans une dizaine de village.
L'opération a touché près de 10 000 personnes dont une majorité de femmes, d'enfants et de personnes âgées. Une clinique rurale et une pharmacie sont désormais opérationnelles à Matamoulana.
Réflexion-recherche prospective
De toute évidence, les activités et réalisations concrètes de terrain sont menées corrélativement avec des recherches action - prospectives:
La valorisation des meilleures pratiques a fait l'objet d'une réflexion élargie avec les populations partenaires, les autres acteurs de développement. Dans l'immédiat, ce sont plus d'une quinzaine de projets qui ont été formulés sur cette base et l'espoir est permis que très bientôt ces projets trouvent une application sur le terrain. Parmi ces priorités nous axerons sur l'objet de la présente requête.
Valorisation de la médecine traditionnelle (phytothérapie/ethnobotanique)
La recherche sur la valorisation des savoirs locaux en matière de médecine et de thérapie traditionnelle s'est intensifiée au cours de l'année écoulée. Les soins et la médecine par les plantes se présentent de plus en plus comme une alternative à la cherté des médicaments vendus dans les pharmacies modernes. Le partenariat le plus actif dans ce domaine est en cours avec l'association "Plantes et nomades".
Le projet de "jardin plantes médicinales" de Matamoulana a été finalisé en fin d'année 1999 et soumis à Plantes et nomades" pour harmonisation. Le bulletin "Senna" sur les plantes médicinales parait régulièrement pour contribuer à une meilleure connaissance des plantes médicinales et à l'intérêt d'une médecine saine et bon marché.
L'implication dans des réseaux travaillant sur la problématique des plantes médicinales a permis à terre vivante de partager ses connaissances et ses stratégies sur la promotion des médecines traditionnelles à l'occasion du premier congrès sur les médecines traditionnelles et le Sida, à Dakar en février 1999, ainsi qu'à Nairobi, Kenya.

beledtayeb@mauritel.mr

Contexte du Projet