Plan de Développement de la commune de Bouanze
ONG Terre Vivante
Avant propos
Au terme d'une trentaine d'années de planification du développement, d'efforts multiples et divers visant la réduction de la pauvreté dans les zones rurales et le déséquilibres régionaux, l'on remarque cependant que les tendances à la paupérisation croissante et la dégradation du patrimoine productif sont encore manifeste au niveau de certaines régions du pays.
Face à ce constat, de nouvelles approches - de nature - à restructurer les économies locales et instaurer un équilibre entre l'homme et son milieu avec une pleine et active participation des bénéficiaires sont de plus en plus privilégiés (gestion des terroirs aménagement des espaces, genre et développement …etc ).
Le processus de décentralisation engagé depuis plus d’une décennie traduit la volonté manifeste du gouvernement, appuyé de ses partenaires au développement pour relancer les économies locales sur la base des potentialités existantes avec une attention particulière à la typologie des espaces et terroirs à développer.
Le présent Plan de développement communal, élaboré par la municipalité de Bouanze avec l’appui technique de l’ONG Terre Vivante s’inscrit dans cette logique participative et implicative des populations bénéficiaires et acteurs locaux en ce sens qu’il reflète les priorités de développement de cet espace communal ainsi que les préoccupations de ses habitants.
En dehors des données issues des études réalisées par le PASK combinées aux informations collectées par l’équipe de l’OPP auprès d’autres intervenants et acteurs dans la zone, le présent PDC est l’aboutissement d’un long processus de planification et de diagnostic participatif qui a été conduit dans l’ensemble des villages constituant le territoire de cette commune.
Hormis son caractère monographique notamment la mise à disposition de la commune d’une base de données permettant aux acteurs et décideurs locaux d’apprécier les réalités socioéconomiques de leur espace, il est par ailleurs un outil d’aide à la décision quant aux investissements utiles à entreprendre à l’échelle de la commune avec la détermination d’un calendrier de mise en œuvre pour chaque activité identifiée, les groupes bénéficiaires, la localisation, l’ordre de priorité, les objectifs poursuivis, et le coût global ainsi que les impacts attendus en terme de réduction de la pauvreté.
Dans sa forme actuelle, et pour une meilleure valorisation, le présent document doit bénéficier d’une large distribution/diffusion par la commune de Bouanze auprès de l’ensemble des bailleurs de fonds et intervenants eu égard à l’enveloppe financière limitée que le PASK consentira pour son exécution au travers le Plan d’Actions Prioritaire et sa convention de financement.
Processus d’élaboration du plan de développement
L’élaboration du présent Plan de Développement Communal s’est déroulée suivant les étapes ci-après en vue d’assurer une pleine participation des populations bénéficiaire ainsi que leur appropriation des actions de développement retenues. Il s’agit de :
-- Une réunion de prise de contact, d’information, de sensibilisation des autorités communales. Au cours de cette séance, l’équipe de l’OPP a sensibilisé et d’expliquer aux populations cibles les grands objectifs du projet, sa démarche participative et les mécanismes d’implication effective des populations locales dans la mise en œuvre des différentes phases du projet. Ainsi que la nécessité de créer un Cadre Communal de concertation élargie à l’ensemble des acteurs locaux notamment les groupes jugés vulnérables (femmes et jeunes).
-- La création par arrêté du maire d’un Cadre de concertation communal propres à la commune de Bouanze et garantissant la participation et l’accompagnement des populations à tout le processus.
-- Initiation des membres du CCC aux techniques et méthodes participatives, notamment les outils de la MARP et les techniques d’enquête en milieu rural afin de lui faciliter sa mission
-- Une étude du milieu et un zonage spatial de la commune ainsi que la collecte des données primaires.
-- Conduite d’une campagne d’information et de sensibilisation des communautés villageoises sur l’ensemble des éléments liés au projet et à la réalisation d’un plan de développement pour toute la commune.
-- Lancement du processus participatif de diagnostic et de planification dans toutes les localités de la commune
-- Restitution des résultats du diagnostic participatif au niveau villageois
-- Synthèse des diagnostics villageois et leur traduction en un diagnostic global à l’échelle de la commune
-- Rédaction du plan de développement proprement dit et sa restitution au CCC ainsi que le Conseil municipal de la commune pour amendements et ajustement
-- Validation du programme de développement contenu dans le PDC par la commune au travers une délibération statutaire du conseil municipal dont copie revient au projet PASK.
Axes prioritaires d’investissement
Sur la base du diagnostic conduit au niveau de cette commune, il ressort d’emblée des axes prioritaires sur lesquels il est nécessaire d’agir urgemment afin de contribuer au maintien des populations sur leurs terroirs :
-- Améliorer les conditions d’accès des populations à l’eau potable au travers la réalisation d’ouvrage normés et la création d’équipements de desserte notamment des AEP au niveau des gros villages de la commune
-- Renforcer les infrastructures socio-éducatives de base par la construction et/ou réhabilitations d’Etablissements scolaires, sanitaires et sociaux garantissant aux populations un meilleur accès aux services de base
-- Susciter la création d’opportunités d’emploi local avec une attention particulière à l’encouragement des initiatives privées et collectives de nature à soulager les revenus ménagers situés dans des villages enclavés ;
-- Appuyer le développement institutionnel de l’ensemble des structures associatives de base de base situées au niveau de la commune au travers de formations et visites d’échanges afin d’améliorer leurs services
-- Contribuer à la maîtrise et la gestion des eaux de surface au travers la construction d’ouvrages de retenu des eaux ainsi que des seuils de ralentissements dans les oueds et bas fonds en vue d’assurer un rechargement des nappes phréatiques
-- Promouvoir de nouvelles pratiques de gestion rationnelle et durable des ressources naturelles des terroirs villageois et impulser des politiques communautaires de développement et de préservation du milieu naturel ;
-- Contribuer au désenclavement des collectivités et villages situés au niveau de l’hinterland de la commune par la construction d’ouvrages de franchissement et l’amélioration du réseau interne des pistes de la commune
Présentation générale de la commune et problématique
Située à l’extrême nord-ouest du département de Ould Yengé, la commune de Bouanze couvre une superficie globale de 568 Km² avec une population totale estimée à 11.006 habitants et une relativement élevée comparativement à la moyenne régionale et nationale, soit 19.37 ha/Km². Elle est limitée au nord et à l’ouest respectivement par Tarringué et Soufa, à l’est et au sud par Lahraj, Tachott, et Dafort. De même, elle est délimitée au sud-est par la commune de Tektaké.
A l’image des autres communes du département, les dynamiques communautaires et l’implication des populations locales dans le processus de développement local sont considérées comme de nouveaux comportements à implanter à l’échelle locale
La commune de Bouanze dispose de deux pôles d’attraction exerçant des forces centripètes dans de multiples secteurs faisant souvent fi des limites des terroirs villageois et subvertissant les limites géographiques communales - ne peut que se prévaloir de cet atout majeur pouvant permettre à terme le déclenchement d’une dynamiques de développement de nature à dynamiser, encore plus fortement les évolutions socioculturelles et économiques en cours.
S’agissant d’une commune à dominance Soninké où la sédentarisation a précédé l’institution municipale, l’on observe encore au niveau de cet espace communal des localités maures dont certaines continuent à se déplacer durant une période de l’année à la recherche des pâturages pour leur cheptel
Malgré l’organisation caractéristique des collectivités résidentes au niveau de cette commune ainsi que l’effort des ressortissants (émigrés) en terme d’investissement et d’attachement fécond à leur terroir la commune de Bouanze fait encore face à de nombreuses contraintes qui freinent encore son développement notamment :
La faiblesse sinon le déficit en matière de gestion et de planification chez les élus locaux et les membres de la société civile locale ;
L’insuffisance notoire de ressources financières et tout autres moyens logistiques pouvant être d’un apport compensateur tant au niveau de l’autorité communale qu’au niveau des représentants des organisations de la société civile et les associations villageoises informelles ;
L’épuisement des ressources naturelles suite à une mauvaise exploitation et l’absence de gestion rationnelle de celles-ci, dans un contexte d’insécurité alimentaire aggravée par la péjoration et l’instabilité pluviométrique ;
Une érosion au rythme frénétique conjuguant mécanismes hydrique et éolien et pouvant à terme modifier les caractéristiques géomorphologiques du cadre naturel local
Le surpâturage qui se traduit par une baisse de la productivité des pâturages et les capacités de régénération et de renouvellement des ressources liées à une surcharge pastorale en rapport avec le passage des transhumants ;
Défaillance des services sociaux de base qui se traduit par un manque notoire des équipements de services publics ;
Le faible volume d’intervention des structures de développement et le caractère ponctuel et sporadique de certains types d’intervention ainsi que l’absence de coordination et d’harmonisation de ceux-ci ;
La forte prévalence de l’analphabétisme au sein des populations locales ;
Le départ précoce de bras valides de la commune vers les centres urbains régionaux et nationaux ;
L’enclavement chronique de la commune, à l’image du reste du Guidimaga, qui prend un relief particulier durant les mois l’hivernage.
Milieu Humain
Relief
Le relief de cette commune se caractérise par une série d’escarpement rocheux très peu marqué et de regs caillouteux qui donnent naissance à des étendues faiblement ondulée d’altitude moyenne à faible.
A l’Ouest de la commune, les glacis de reg font leur apparition et s’étendent sur plus de dizaines de kilomètres à la limite de Tarringué jusqu'à Soufa au Nord. D’autres formes de relief moins marquées avec des plaines semi alluviales dominées par de sols hydromorphes sont disséminées au centre du territoire communal dans le rayon des localités de Vree Elkittan, N’Dawa et Dioubally.
A l’Est de la commune, s’impose comme barrière naturelle la falaise gréseuse de l’Assaba dont les hauteurs sont marquées par des paysages variés combinant à la fois petites plaines, de petits collecteurs versants doublé des étendues parsemées de petites collines difficilement décelables au sein du paysage de la montagne. De massifs dunaires d’une envergure moyenne embrassent la falaise et entourent certains massifs rocheux à l’Ouest de N’Dieo.
Au centre du territoire communal de même qu’au sud du chef-lieu, l’on rencontre des étendues moins accidentées parsemés de petits inselbergs qui sont cependant relativement dispersés et dont les altitudes varient énormément d’une dizaine de mètre. Ces formes de relief sont fréquentes au sud du chef-lieu et au centre en direction de N’Dieo. D’après les résultats de nos investigations, une grande partie du territoire est formée de vallées alluviales qui peuvent être assimilées à des bas-fonds encaissées sous forme de plaines jonchées de particules caillouteuses et rocheuses et qui se déploient en différents endroits sur l’échiquier communal notamment au sud-est et au nord-ouest.
Climat
Les caractéristiques climatiques sont identiques que celles que l’on retrouvent dans la totalité des communes du département.
Végétation
Caractérisé par une raréfaction et une détérioration continue, le couvert végétal de la commune de Bouanze, à la différence des autres communes, est un peu plus clairsemé. Dans un large rayon autour du chef lieu la végétation est faible voire même inexistant. La strate ligneuse est dominée par les deux espèces caractéristiques : balanite et Combretum sp.
Les autres espèces compagnes restent, quant à elles, dominées par les Acacia sp et le Ziziphus mauritiana. Dans les zones inondables et les berges de petits affluents (Chelkha), l’on constate la présence massive de peuplements de Hyphaen thébaica associés aux espèces évoquées ci-dessus. La prédominance caractéristique des balanites et des Combretum sp est liée dans une large mesure à leurs capacités d’adaptation aux différents types de sols et à leur résistance aux conditions bioclimatiques coercitives qui se sont détériorées par suite de la péjoration climatiques ces dernières années. Les espèces herbacées, quant à elles, restent dominées par le Cenchrus biflorus et Aristida mutabilis qui constituent la biomasse végétale essentielle des pâturages communaux.
Sols
Il existe plusieurs variétés des sols à Bouanze et dont les caractéristiques connaissent, elles aussi de grandes variations selon la position et l’unité du relief dans lesquels ils se trouvent. Ainsi dans les zones alluviales, l’on constate l’existence de sols alluviaux, bien drainés et modérément profonds qui couvrent de vaste superficies et se prolongent le long du Garva et les collecteurs affluents.
Dans la zone orientale, les sols sont souvent squelettiques, pierreux à dominante sablo-limoneuse notamment en aval des exutoires qui sillonnent les plaines en dessous de la montagne de l’Assaba.
Soulignons également l’existence d’étendues dominées par des affleurement rocailleux et caillouteux recouvertes des types de sols sablonneux et qui sont toutefois marginaux car se prêtant mal aux activités de production agricole.
Ressources hydriques
Elles sont principalement de deux types :
Eaux de surface
Tributaire de la pluviométrie, le réseau hydrographique communal est lâche et exoréique en ce sens que la densité des cours d’eau et des oueds est faible, et les différents oueds finissent leurs parcours en véhiculant d’importants débits en dehors du territoire communal. Le régime d’écoulement se confond avec la saison de l’hivernage et est de type tropical simple. Toutefois, le paysage est découpé de certains petits oueds qui connaissent une vivacité au cours de l’hivernage, lesquels sont alimentés par de petits collecteurs qui prennent naissance en différents du territoire communal.
Le complexe hydrographique de l’oued Garva accompagné des exutoires au nord-est en dessous de la montagne de l’Assaba constituent l’essentiel du réseau hydrographique et drainent le territoire communal du coté sud comme celui du nord-est. Cette ressource de surface est doublée de plusieurs sources naturelles captant un réseau de fissure drainant le massif rocheux de l’Assaba auxquelles il faut ajouter plusieurs mares et marigots dispersés à travers tout l’espace communal.
Eaux souterraines
Les structures hydrogéologiques constituées de grès de l’Assaba, auxquelles appartient la commune et au delà la région sont dépourvues d’acquières du socle importants. La nature de ces formations géologiques combinée au régime de ré alimentation, lui-même fonction de la quantité pluviométrique, représentent des obstacles à la formation de couches et d’aquifères important et continus.
La seule ressource souterraine semble être représentée par les nappes alluviales qui bénéficient d’une recharge saisonnière plus ou moins importante due essentiellement à l’écoulement alluvial qui s’accélère pendant que le réseau hydrographique est opérationnel, c’est-à-dire au cours de l’hivernage.
Ces nappes alluviales font l’objet d’exploitation régulière qui prend des allures d’autant plus importantes que la saison sèche et chaude est prononcée. C’est ainsi que les lits majeurs des oueds sont les lieux de prédilection de ces puisards qui les parsèment un peu partout et qui trahissent l’extrême besoin des populations communales.
Ces puisards mal coffrés et précaires se comptent par dizaine au niveau de certains lits d’oueds et sont exploités par une population en proie à la soif et aux maladies vectorielles directement associées à la consommation de cette eau insalubre. La faible profondeur de ces puits de fortune expliquent pour une grande part l’insuffisance des débits qui oscillent généralement entre 1m3 /j pendant les premiers mois de l’année à 0.1 m3 /j durant la saison sèche et chaude et qui créent une situation de pénurie quasiment chronique.
Il est opportun en revanche, de souligner que les puits modernes répondants aux critères techniques de même que les forages font cruellement défaut dans cette commune aux territoires vastes avec une population éparpillée, ce qui ne manque pas d’entraîner des conséquences désastreuses qui réduisent à néant toute possibilité d’amélioration du cadre de vie des populations communales.
Organisation de l’espace
Se déployant sur une superficie d’environ 568 km² et éloignée de plus de 74 km de Ould Yengé, la commune de Bouanze est décidément l’une des commune les moins touchées par le flux saisonnier, le flux de services et biens de même qu’elle subit de plein fouet, plus que toutes autres communes, les conséquences d’un enclavement chronique et d’une interruption prolongée de toute communication accompagnée de la réduction sensible des échanges matériels et humains.
La commune de Bouanze compte quatorze localités reparties sur l’ensemble de la surface communale. Ceci dit, il faut reconnaître que l’espace communal, en général, est bipolarisé entre deux gros bourgs soninké qui exercent des pouvoirs attractifs forts dépassant largement leurs rayons respectifs.
L’agglomération du chef lieu constitue sans nul doute un pôle moteur au même titre que l’autre localité à l’est de l’espace communal (N’Dieo). Dans cette polarisation, les deux gros bourgs Soninké exercent une attraction dans de multiples secteurs (administration, commerce, santé) et ceci dans un large rayon faisant très souvent fi des limites des terroirs villageois.
Ainsi, ces éléments explicatifs nous permettent-ils de procéder au zonage selon un maillage largement dicté par les aires d’attraction des deux pôles moteurs de l’espace communal. Il va sans dire que les ensembles ainsi définis présentent en leur sein une certaine homogénéité qui va au-delà des caractéristiques géographique, biophysique et socio ethniques. Le premier ensemble est soumis à l’attraction du chef-lieu et se déploie sur un large rayon autour de celui-ci au sud-ouest de l’espace communal. Cet ensemble est constitué de trois localités, à savoir Bouanze, Boumargene, M’Bargou et comprend à peu près la moitié de la population communale qui partagent aussi bien l’exploitation des ressources naturelles que les services sociaux offerts par le chef-lieu.
L’autre ensemble est, quant à lui, localisé au sud-est de l’espace et ayant plus de rapport avec l’autre pôle du département, à savoir le village de Dafort. Les localités de cet ensemble sont relativement réduites et rapprochées. Il s’agit en effet des localités de Vree Elkittan, N’dawa et Dioubbaly Tahtany qui peuvent constituer une grappe dont le pôle moteur est le village de Vree Elkittan. L’autre ensemble paraît, quant à lui, plus disparate en ce sens qu’il regroupe trois ethnies différentes en plus de la dispersion de leurs fixations.
Cet ensemble s’étend sur un rayon plus ou moins étendu le long de la frontière de la commune avec Lahraj au nord-est de l’espace communal et dispose d’un pôle d’attraction d’une grande envergue qui polarise l’espace communal dans un rayon de plus de dix kilomètres. Il s’agit de l’autre bourg à dominante soninké appelé N’Dieo accompagné de villages satellites qui sont classé selon leurs tailles par ordre d’importance décroissante comme suit : Aguneitir, Dar Essalam, Diechiv, Islam, Ain Lagwass.
Tab n° 1 : Portrait sommaire des différentes localités de la commune
| Localités | Date de création | Dominante ethnique | Chef de village | Distance séparant la localité de | ||
| O/Y | Sélibaby | Bouanze | Bouanze | 1923 | Soninké | Boullay Harouna Camara | 74 km | 93 km | 0 km |
| N’Dieo | 1902 | Soninké | Moussa Seydi Camara | -------- | 108 km | 25 km |
| Dar Essalam |
1995
|
Foulabé(peulhs) | Demb Silly Brry | ---------- | ------------ | 30 km |
| M’Bargo | 1960 | Foulabé(peulhs) | Harona Demba Diallo |
|
|
5 km |
| Aguneitir | 1933 | Foulabé(peulhs) | Gallorou Bandiogo Barry |
|
|
20 km |
| Vree Elkittan | 1960 | Maure(Z’Beiratt) | Banjouge O/ Ousmane |
|
|
25 km |
| Boussayabé | --------- |
|
|
|
|
27 km |
| Deichiv | 1989 | Maure(Tajakant) | Dah O/ Aemar |
|
|
33 km |
| N’Dawa | 1956 | Foulabé(peulhs) | Alassane Yero Sow |
|
|
25 km |
| Islam |
2004
|
Foulabé(peulhs) | Yero Gayo Ba |
|
|
22 km |
| Diobally Tahtani | 1970 | Maure(Levrakla et Messouma) | Lemrabett O/ Saaid |
|
|
5 km |
| Ain Lagwass |
1982
|
Maure | Bah O/ Ameijna |
|
|
7 km |
| Boumargene |
1923
|
Foulabé(peulhs) | Oumar Smba Sow |
|
|
7 km |
| Bouemama |
Mobile
|
Maure(Idewich) | Lebatt |
|
|
26 km |
Source : PPDP
Milieu Humain
Le paysage ethnique de la commune de Bouanze est beaucoup plus varié que celui des autres communes voisines. Trois ethnies différentes cohabitent dans l’espace communal. Deux d’entre elles, en l’occurrence les soninkés et les peulhs, se décomposent en familles élargies tandis que l’ethnie maure se décomposent en tribus et fractions.
L’ethnie dominante est, sans conteste, les soninkés qui peuplent les deux plus grandes agglomérations communales qui totalisent, à elles seules, plus de 89% des habitants de la commune. Les deux autres ethnies sont localisées, quant à elles, dans des localités microscopiques extrêmement dispersés et situant dans l’aire d’attraction de l’une des deux agglomérations à dominante soninké.
Selon les résultats du processus participatif de diagnostic et de planification, la commune de Bouanze compte une population de 11006 habitants répartie entre 14 localités disséminées à travers tout l’espace communal. Les localités communales peuvent être catégorisée suivant leurs tailles comme suit :
- Des localités dont la population est inférieure à 300 habitants : M’Bargo, Bousseyab, Deichiv, N’Dawa, Diuobally Tahtany, Ain Lagwass, Boumargene.
- Des localités dont la population est comprise entre 300 et 800 habitants : Dar Essalam, Aguneitir, Vree Elkittan, Islam, Boumargene.
- Des localités dont la population est supérieure à 800 habitants : Bouanze et N’Dieo.
Eléments de démographie
Selon les résultats du PPDP, la structure par âge démontre la prédominance des jeunes de moins de 18 ans qui représentent un taux global de l’ordre de 40% de la population. Ce taux devient beaucoup plus grand quand la palette d’âge est élargie pour contenir des classes d’ages comprises entre 15 et 24 ans. Pour ce même éventail, le taux serait de l’ordre de 61.6% de la population totale, ce qui dénote l’immense potentiel humain de cette commune qui ne sera pas négligeable lors de la mise en œuvre des chantiers communaux.
Toujours selon la même source, le nombre de ménage dirigé par des femmes serait de l’ordre de 132 soit l’équivalent de 8.25% des ménages totaux. Ce taux relativement réduit reflète la stabilité relative des hommes qui ne quittent le terroir que de manière saisonnière et reviennent dès que l’hivernage s’installe afin de relancer les campagnes agricoles vivrières. Selon nos statistiques, les bras valides représentent une tranche importante de la population, soit un taux 44% de la population totale.
Evolutions de la population entre 2000 et 2004
L’inexistence des statistiques à l’échelon villageois rend toute analyse démographique moins évidente. Toutefois, d’après les résultats du diagnostic, il ressort que les populations communales sont de l’ordre de 11006 habitants. Comparés aux résultats1 du Recensement Général de la Population et de l’Habitat réalisé en 2000, le taux de croissance annuelle serait de 10.99%. Ce contraste relativement élevé s’explique davantage par l’absence de fiabilité dans les opérations de recensement à l’échelle nationale que par une évolution conséquente des effectifs de population (cf. tableau données démographiques)
Tab n°2 : Données Démographiques de la commune de Bouanze
| Localités | Population totale + Migrants | Nombre de ménages | Taille moyenne du ménage | Nombre de ménages Dirigés par des femmes | Nombre d’enfants de moins de 15 ans | Total de personnes actives |
| Bouanze | 5050+550 | 702 | 9 | 20 | 2100 | 1305 |
| N’Dieo | 3050+320 | 330 | 10 | 10 | 1500 | 2100 |
| Dar Essalam | 300 | 70 | 5 | 3 | 100 | 140 |
| M’Bargo | 111 | 14 | 8 | 5 | 43 | 33 |
| Aguneitir | 680 | 110 | 6 | 8 | 330 | 260 |
| Vree Elkittan | 460 | 95 | 5 | 20 | 210 | 280 |
| Boussayab | 60 | 20 | 4 | 2 | 20 | 40 |
| Deichiv | 80 | 30 | 3 | 10 | 30 | 64 |
| N’Dawa | 240 | 48 | 5 | 5 | 101 | 190 |
| Islam | 300 | 50 | 6 | 10 | 100 | 120 |
| Diobally Tahtani | 105 | 27 | 4 | 10 | 56 | 92 |
| Ain Lagwass | 95 | 19 | 5 | 4 | 59 | 60 |
| Boumargene | 460 | 80 | 6 | 25 | 105 | 190 |
| Bouemama | 15 | 5 | 3 | - | 6 | 8 |
| Total | 11006+870 | 1600 | X = 5.6 | 132 | 4760 | 4882 |
Source : PPDP
Le foncier
Faisant face aux conséquences multiples liées aux bouleversements sociaux et économiques, les communautés de Bouanze demeurent plus ou moins fidèles et attachées à leur héritage social notamment par rapport à l’aspect lié à la gestion du foncier et à la tenure de celui-ci. Il faut noter, de facto, que le droit coutumier (traditionnel) demeure en vigueur et reconnu comme légitime pour les détenteurs et utilisateurs des espaces agricoles et pastoraux.
Encore faut-il ajouter que le régime de l’ethnie Soninké est extrêmement rigide et est plus rigoureux que celui des minorités peulhs et maures de la commune. Dans beaucoup de cas, l’on constate que les systèmes de tenure foncière répondent davantage à une logique vitale de faire prévaloir les droits de propriété que d’une volonté réelle d’utiliser cette ressource de manière efficiente aux fins économiques.
Il faut noter en revanche que les terroirs villageois, à de rares exceptions près, sont excédentaires et largement au-dessus des moyens de mise en valeur humains, techniques et financiers dont disposent les communautés villageoises.
Ceci étant, aucune limitation des titulaires en titre de droit n’est érigée en règle sociale formelle, ce qui explique, par ailleurs, l’existence de plusieurs propriétés dont le droit d’exploitation est strictement privée. Il faut noter cependant que l’exploitation privée est largement autorisée aussi bien par les communautés que par les tribus peuplant la commune et que chez certaines communautés villageoises composées de couches disparates, l’on se rend compte que les critères d’accès et d’appropriation du foncier reposent davantage sur des critères d’appartenance spatiale à la collectivité et de partage des ressources que sur ceux liés aux liens tribaux et claniques.
Les modes de faire valoir, quant à eux, sont le plus souvent en rapport avec le système de tenure foncière qui obéit aux règles de droit coutumier. Mais il faut souligner toutefois que le mode de faire valoir dominant est direct en ce sens que l’exploitation et l’utilisation du foncier se font par les tenants de titre de droit et d’usage.
Il ressort des résultats du PPDP que le régime foncier des espaces communaux est dominé par les traits suivants :
- La prédominance du droit coutumier concernant les systèmes de tenure foncière ;
- La faveur accordée aux femmes et aux jeunes en matière d’accès à la terre chez les trois communautés peuplant la commune ;
- L’accès au foncier semble être conditionné davantage par l’appartenance spatiale à la communauté que par des liens de sang et d’autres formes de parenté
- Les modes d’accès à la terre sont à la fois collectifs et individuels ;
- Aucune règle stricte d’ordre social n’est érigée, en matière d’accès, d’attribution et d’appropriation du foncier
- La terre est une richesse collective dont la gestion et la conservation reviennent à la communauté villageoise tout entière.
Description des activités économiques
Dominée essentiellement par l’agriculture vivrière qui constitue incontestablement la base de survie sur laquelle repose l’économie communale, les activités économiques exercées par les populations locales se caractérisent par une précarité extrême.
Les autres secteurs d’activités sont, quant à eux, exercés par des couches marginalisés et permettent une valeur ajoutée notamment au niveau des deux gros bourgs Soninké de forte densité démographique. Par conséquent, le secteur primaire reste le seul pourvoyeur d’emplois et de revenus et constitue par la même occasion la cheville ouvrière de l’économie communale
L’agriculture
Pratiquée de manière traditionnelle avec des moyens rudimentaires, et laissée à la merci des aléas climatiques, cette activité semble davantage destinée à la satisfaction des besoins immédiats que la réalisations de revenus. Avec une base très fragile et l’absence de toute intensification à quelque niveau que ce soit, l’agriculture de cette commune n’est décidément pas placée dans une perspective commerciale, encore moins destinée à impulser une dynamique économique à l’échelle communale.
D’après les résultats des PPDP, le potentiel cultivable dont dispose cette commune, serait de l’ordre de 16242 ha dont seulement 3263.35 ha - soit l’équivalent - de 20.1% sont plus ou moins exploités de manière régulière.
Typologie de culture et spéculations
Trois types de cultures sont observables au niveau de cette commune. Il s’agit de la culture sèche (pluviale), de décrue et de l’irriguée.
Culture de Diéri au moment de l’hivernage
D’une grande envergure et couvrant presque toutes les surfaces agricoles et contribuant aussi bien à l’autosatisfaction qu’à la réalisation des revenus, cette culture est prédominée par des spéculations de graminées : mil, millet, sorgho, au dépens d’autres familles notamment les légumineuses et cucurbitacées. Les superficies mises en valeur sont estimées à 2944.35 ha.
La culture de décrue
Moins répandue que la précédente, elle est pratiquée dans seulement sept localités sur les quatorze que compte la commune. Elle se déroule sur les berges et terres inondables et s’étend sur la saison l’hiver. Elle paraît à cet égard un levier puissant pour l’amélioration et le maintien de la sécurité alimentaire des communautés villageoises. Elle porte sur les espèces suivantes : millet, mil, maïs, niébé, courge et potiron. Les superficies de cette typologie sont estimées à 316 ha.
La culture irriguée
Pratiquée sur une surface réduite, cette typologie porte sur les cultures horticoles notamment le maraîchage. Elle est pratiquée dans 4 localités communales et les superficies cultivées au niveau des localités ne dépassent guère la surface d’un jardin, c’est-à-dire 0.75 à 1 ha, mais la surface globale s’élève à 4.75 ha. Les principales spéculations sont : les tomates, les oignons, les carottes, les choux, la pomme de terre et la patate douce.
Les technologies employées
De par son caractère extensif et l’absence de toute intensification, il va de soi que les technologies employées dans l’activité agricole sont rudimentaires voire archaïques. L’outils le plus fréquemment employé et qui est issu de l’artisanat local s’appelle houe (Daba) auquel s’ajoute d’autres instruments simples de conception pratique (Sagda, Thiobi,….etc.) Les instruments attelés demeurent quant à eux trop rares et d’une utilisation à la fois récente et limité (à l’échelle de quelques terroirs villageois).
Production et revenus
L’absence de fiabilités dans les estimations fournies par les villageois et la nature extensive de la pratique agricole empêchent d’apprécier ne serait-ce que des ordres de grandeur relatif à la production et aux revenus agricoles.
Etant donné l’importance des surfaces de la culture vivrière et sa contribution significative à l’autoconsommation familiales, les rendements sont beaucoup plus conséquents par rapport aux autres communes voisines. D’après les estimations fournies par les villageois, ce rendement à l’unité de surface serait de l’ordre de 0.4 à 0.8 tonne/ha soit en moyenne 600 kg à l’hectare. Cette quantité sert à l’alimentation comme à la commercialisation. Quant aux revenus agricoles par ménage, ils sont approximativement estimés à 22.000 un/an.
Tab n°3 : L’agriculture2 dans la commune de Bouanze
| Localités | Potentiel cultivable (ha) | Superficie exploitée (ha) | Type de culture et superficie | Rendement à l’unité de surface | Technologie employée | Goulots d’étranglement | ||
| Pluvial | Décrue | Irriguée | ||||||
| Bouanze | 4800 | 1102.2 | 1100 | 2.2 | Variable de 0.08 à 0.4 t/ha | Daba, Saghda |
Manque d’intrants des animaux Déprédateurs divers Manque d’eau Faible niveau de maîtrise des techniques culturales Circuit de commercialisation désorganisés et limités Outils et méthodes Rudimentaires de culture Erosion hydrique intense avec pour corollaire la diminution de l’épaisseur de la couche arable et le changement des caractéristiques morphologiques physiques et chimiques. |
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| N’Dieo | 9180 | 1380 | 1270 | 110 | 1.8 | idem | Idem | |
| Dar Essalam | 198 | 127 | 76 | 51 | - | Idem | Idem | |
| M’Bargo | 41.6 | 37.5 | 16 | 21 | 0.5 | Idem | ||
| Aguneitir | 377 | 145 | 116 | 29 | - | |||
| Vree Elkittan | 210 | 76 | 76 | - | - | |||
| Boussayab | 120 | 20 | 20 | - | - | |||
| Deichiv | 135 | 35 | 35 | - | - | |||
| N’Dawa | 183 | 63 | 36 | 27 | - | |||
| Islam | 81 | 41 | 41 | - | - | |||
| Diobally Tahtani | 380 | 122.4 | 80.4 | 42 | - | |||
| Ain Lagwass | 150 | 108 | 72 | 36 | - | |||
| Boumargene | 12 | 6.25 | 6 | 0.25 | ||||
| Bouemama | - | - | - | - | - | - | ||
| Total | 16242 | 3263.35 | 2944.4 | 316 | 4.75 | |||
Source : PPDP
L’élevage
Occupant la seconde place sur l’échelle des activités communales, l’élevage contribue efficacement à la constitution des revenus des ménages et partant l’amélioration des conditions de vie. Du fait de multiples avantages découlant de l’exercice de cette activité, les pasteurs locaux envisagent l’introduction de nouveaux intrants et l’intensification du secteur quand les infrastructures de soutien sont mises en place. Le gros des effectifs des pasteurs est issu des ethnies peulhs et maures. Cela ne veut pas dire pour autant que la communauté Soninké ne pratique pas l’élevage, encore moins qu’elle en est privée. Les grosses possessions à l’échelle communale sont enregistrées chez cette communauté.
Effectif du cheptel et composition
Nonobstant la réserve traditionnelle des populations nomades à l’égard des questions se rapportant à la taille de leur cheptel et eu égard à l’insuffisance de données fiables auprès des services techniques, la commune de Bouanze dispose d’un cheptel important réparti comme suit :
- 4520 bovins dont essentiellement deux races : zébu maure et zébu peulh ;
- 3075 ovins dont essentiellement les moutons maures à poils longs et les moutons peulh ;
- 4570 caprins dont principalement la chèvre du Sahel réputée pour sa rusticité ;
- 3495 asins, 72 camelins, 139 équins, 614 volailles :
Cet effectif est inégalement réparti entre les localités. Ainsi, sur l’effectif total, seuls trois villages semblent disposer d’un effectif équivalent à plus de 73%. Ces villages sont respectivement : Bouanze, N’Dieo et Boumargene. Toujours est-il nécessaire de noter que l’effectif le plus réduit a été enregistré au niveau de Deichiv dont la taille du cheptel, toutes espèces confondues, est estimée à 111 têtes.
Type d’élevage et pathologies fréquentes
D’après les résultats de notre enquête, il semble que les pasteurs locaux pratiquent à la fois plusieurs types d’élevage dont le plus répandu est incontestablement l’élevage semi sédentaire. Il convient de souligner que depuis longtemps, l’élevage de case est une pratique courante chez la quasi-totalité des ménages ruraux qui l’adoptent comme une stratégie de survie face à des conditions d’existence de plus en plus précaires.
Bien qu’il soit trop limité et sans aucun rapport avec les impératifs d’intensification, ce type d’élevage est beaucoup moins répandu dans les petits villages que dans les gros villages sédentarisés depuis de longue date où les populations paraissent disposer des moyens plus efficaces et durables de subsistance.
Les principales pathologies observées au niveau de la commune touchent essentiellement les bovins. Il s’agit du charbon bactérien (Bougweichich), le charbon symptomatique (Ersaisa), PPCB (Khirja). D’autres maladies sont signalées au niveau des autres espèces caprines et ovines et se caractérisent par une gravité moins intense mais toutefois fréquentes et conduisent à des pertes non négligeables au sein du cheptel ( fièvre aphteuse, clavelée).
L’irrégulières des campagnes de vaccination combinée à la faiblesse des services techniques déconcentrés situés au niveau de Ould Yengé constituent des contraintes majeures pour le développement de l’élevage dans l’ensemble des communes relevant du département
Tab n°4 : Elevage3 dans la commune de Bouanze
| Localités | Bovins | Ovins | Caprins | Asins | Camélins | Equins | Volailles (Aviculture) | Type d’élevage | Principales pathologies | Points d’abreuvement |
| Bouanze | 2300 | 1400 | 2100 | 2100 | 5 | 50 | 150 | de case semi- sédentaire | PPCB, botulisme, charbon bactérien, charbon symptomatique, clavelée, pasteurellose, fièvre aphteuse, parasitoses divers | Puisard et marigot |
| Puisards et sources | ||||||||||
| N’Dieo | 500 | 400 | 500 | 200 | 2 | 60 | 150 | de case semi- sédentaire | ||
| Idem | ||||||||||
| Idem | ||||||||||
| Idem | ||||||||||
| Dar Essalam | 90 | - | 100 | 30 | 1 | 2 | 70 | de case semi- sédentaire | ||
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| M’Bargo | 50 | 220 | 220 | 35 | 3 | 1 | 0 | semi- sédentaire | ||
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| Aguneitir | 200 | 200 | 400 | 40 | 15 | 10 | 50 | de case semi- sédentaire | ||
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| Vree Elkittan | 150 | 100 | 300 | 100 | 10 | 10 | 10 | Idem | ||
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| Boussayab | 150 | 150 | 200 | 10 | 2 | 1 | - | Idem | ||
| Deichiv | 30 | 10 | 40 | 10 | 1 |
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20 | Idem | ||
| N’Dawa | 400 | 110 | 170 | 360 | 5 | 1 | 4 | Idem | ||
| Islam | 70 | 30 | 30 | 10 | 2 | 2 | 80 | Idem | ||
| Diobally Tahtani | 50 | 20 | 100 | 40 | - | 3 | 50 | Idem | ||
| Ain Lagwass | 30 | 15 | 900 | 60 | 4 |
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30 | Idem | ||
| Boumargene | 500 | 420 | 510 | 500 | 22 |
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Néant | De case- sédentaire | ||
| Bouemama | - | - | - | - | - | - | - | ------------------- | ||
| Total | 4520 | 3075 | 4570 | 3495 | 72 | 139 | 614 |
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Source : PPDP
L’exploitation forestière
Connaissant une forte dégradation de ressources végétale, la commune de Bouanze enregistre les taux les plus piètres en matière d’exploitation forestière. C’est la strate arborée qui est la plus exploitée procurant ainsi bois d’œuvre, charbon de bois et produits de cueillette. Il faut souligner cependant que la dégradation en cours des écosystèmes locaux n’épargne pas la commune et ceci est perceptible dans la mesure ou dans des larges rayons autour de fixations humaines le couvert végétal est clairsemé voire absent par endroit.
Cette situation prend des proportions importantes menaçant ainsi de disparition certains peuplements très utiles du point de vue alimentaire et médicinale. Selon le PPDP, les principales espèces exploitée sont par ordre d’importance décroissante : les balanites, les acacias et les jujubiers.
La période de cueillette s’étale du mois d’octobre au mois d’avril. Il ressort des résultats de nos investigations et les entretiens avec les exploitants, que les quantités exploitées annuellement atteignent 73 tonnes (toutes localités et espèces confondues). Toujours selon nos résultats, le nombre de personnes impliquées dans l’exploitation forestière est très réduit et estimé à 634 dont la majorité est maure.
Les problèmes auxquels les exploitants sont régulièrement confrontés peuvent être résumés comme suit :
- Concurrence acharnée livrée par les animaux sur les produits de cueillette (gomme, baies de jujube)
- Raréfaction du potentiel végétal par suite des conditions bioclimatiques coercitives.
- Techniques d’exploitation trop rudimentaires et pas respectueuses de la santé des végétaux et de l’environnement
- Désorganisation des circuits de commercialisation.
- Eloignement des zones de ressources
L’artisanat
Les principaux produits artisanaux issus de l’artisanat local sont : les outils traditionnels d’agriculture, nattes, objets et ustensiles nomades (vans, gourdes, tabatières, étagères et outils décorés). Cette industrie artisanale occupe principalement les femmes qui s’y investissent physiquement et matériellement dans une optique de rentabilisation commerciale.
Les localités ayant fait preuve d’une grande ingéniosité en matière artisanale sont sans conteste Islam, Aguneitir et N’Dawa. Donc, seules les femmes Peulhs de la commune s’évertuent et tentent de rentabiliser ce secteur.
En dehors des femmes, l’on constate également l’existence d’artisans traditionnels d’une grande capacité de production et qui participent activement a l’essor de ce secteur. Toutefois, il est fondamental de noter que le nombre de ces artisans traditionnel est trop limité, soit un artisan par localité.
Il semble opportun de souligner que ce dynamisme féminin et l’empressement dont elles font preuve demeurent confrontés à des contraintes majeures qui peuvent être énumérées comme suit :
- Déficit de formation et de qualification de la main d’œuvre locale en particulier dans les domaines de tissage, tricotage et broderie ;
- Sous qualification des femmes promotrices en matière de gestion et de planification et d’administration des coopératives artisanales ;
- Inexistence de sources d’appui financier de proximité permettant la promotion de certaines filières plus ou moins porteuses : vannerie, couture, décoration et confection d’aliments et de breuvages traditionnels ;
- Difficulté d’approvisionnement en matière première et coût élevé lié à l’importation de cette dernière et à la commercialisation de produits finis ;
- Absence d’ateliers de réparation et d’unités artisanales équipées de matériels et appareils performants.
Le commerce
D’une concentration humaine conséquente, la commune de Bouanze semble disposer d’une position géographique favorable pouvant faire d’elle un gros centre d’échange commercial. Ceci est d’autant plus vrai que cette commune est au carrefour des grands tracés régionaux et en contact quotidien avec des commune réputées pour leurs dynamismes commerciaux : Dafort, Tarringué, Souva pour ne citer que celles-là.
La bipolarisation de l’espace entre les deux gros bourgs Soninké est de nature à favoriser un essor commercial et par conséquent la stimulation du taux de croissance et d’échange commerciaux. Les deux agglomérations drainent les populations environnantes dans un rayon dépassant largement ceux des deux localités et exercent une attraction dans de multiples secteurs (santé, administration, commerce). Tous les commerçants de la commune sont concentrés au chef-lieu et même ceux de l’extérieur convergent vers Bouanze afin de se ravitailler des marchandises de toutes sortes.
En terme d’inventaire, le chef lieu compte un centre commercial, 36 boutiques dont une communautaire,56 étalages, 14 fours à pain, 1 moulin à grain, une forge et cordonnerie tandis que le village de N’Dieo dispose de 11 boutiques dont une communautaire, 2 fours à pain, et une forges. En d’autres termes, seul les deux grandes localités ayant une force d’attraction se partagent la quasi totalité des micro structures économiques villageoises et disposent ainsi d’une dynamique plus ou moins intense à l’échelle communales.
Tab n°5 : Inventaire des micro entreprises et équipements collectifs dans la commune de Bouanze
| Localités | Boutiques | Etalages | Fours à pains | Moulins à grain | Boucheries | Forges, cordonneries | Marché achalandé le plus proche | |
| Communautaires | Individuelles | |||||||
| Bouanze | Néant | 23 | 42 | 10 | 1 |
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1 cordonnerie, 1 forge | Selibaby |
| N’Dieo | 1 | 10 |
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2 |
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1forge | Bouanz et Selibaby |
| Dar Essalam | - | - |
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N’Dieo |
| M’Bargo |
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Bouanze |
| Aguneitir |
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Idem |
| Vree Elkittan |
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4 | 2 |
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N’Dieo et Dafort |
| Boussayab |
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N’Dieo |
| Deichiv |
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1 |
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Idem |
| N’Dawa |
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3 |
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Dafort et N’Dieo |
| Islam |
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1 | 1 |
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N’Dieo |
| Diobally Tahtani |
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Idem |
| Ain Lagwass |
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1 | 1 |
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Idem |
| Boumargene |
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4 | 4 |
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Bouanze |
| Bouemama |
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N’Dieo |
| Total | 1 | 36 | 56 | 14 | 1 |
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2 forges et 1 cordonnerie |
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Source : PPDP
Voies de communications
A l’instar des autres communes du département, la commune de Bouanze connaît un enclavement caractéristique lié essentiellement à l’Etat des pistes et la nature du relief rendant l’accessibilité pendant la période hivernale difficile sinon impossible.
Les services sociaux de base, inventaire et état des lieux
L’Education
Il n’existe dans la commue de Bouanze que des établissement d’enseignement fondamental. Le diagnostic réalisé a permis de recenser 8 écoles qui totalisent 22 salles de classes inégalement reparties entre les localités communales. Il est étrange de constater que certaines écoles communales sont de construction dite précaire (banco ou paillotes simples). La date de construction de la majorité de ces écoles remonte à la décennie 90 lorsque l’Etat avait décidé à prendre en charge la construction des écoles dans le cadre des projets « Education »
Selon notre PPDP, l’effectif des inscrits pour l’année scolaire 2003-2004 s’élève à 677 élèves repartis dans 22 salles de classe. Le rapport des classes (divisions pédagogiques) au nombre d’inscrits donne en moyenne 31élèves par classe. Ceci étant, la différence des effectifs d’une localité à une autre suit une échelle de variation trop large de 20 inscrits à Deichiv à 305 élèves au niveau du chef-lieu. Les filles inscrites dans les différentes écoles communales sont estimées à 319, soit 47.11% de l’effectif total.
Cet écart entre le nombre d’inscrits de filles et celui des garons à l’échelle communale reflète l’ampleur de la tâche à accomplir en vue de rétrécir ce hiatus et d’exhorter les parents à envoyer leurs filles à l’école. Il est opportun de souligner que les inscrits au niveau du chef-lieu et N’Dieo sont au nombre de 511, soit un taux de près de 75.5% de l’effectif total des inscrits. Sur ce taux trop élevé, l’on constate que la proportion des filles comparée à celle des garçons est de l’ordre de 1.5 à 1. La diminution de ce déséquilibre ainsi que l’encouragement à la scolarisation des filles demeurent des enjeux fondamentaux dans cette commune.
Tab n°6 : données sur le secteur éducatif dans la commune
| Localités | Ecole | Date et type de construction | Nb d’enseignants | Nb de salles | Inscrits | Nb de Salles d’alpha | Nb d’alphabétisés | Nb de Mahadra | Inscrits | ||
| G | F | H | F | ||||||||
| Bouanze | 1 | 1956 en dur | 8 | 10 | 187 | 118 | 4 | 106 | 78 | 3 | 90 |
| N’Dieo | 1 | 1991 en dur | 4 | 7 | 116 | 90 | 1 | 35 | 30 | 3 | 200 |
| Dar Essalam | 1 | 2002 en dur | 2 | 2 | 19 | 16 | 1 | 6 | 5 | 1 | 20 |
| M’Bargo | 1 | 2001 en banco | 1 | 1 | 13 | 25 | 1 | 10 | 29 | 1 | 23 |
| Aguneitir | 1 | 1999 en dur | 3 | 3 | 50 | 46 | 1 | 15 | 56 | 1 | 16 |
| Vree Elkittan | 1 | 1992 en dur | 2 | 3 | 45 | 50 | - | - | - | - | |
| Boussayab | ……. | ||||||||||
| Deichiv | Les enfants de ce village sont regroupés avec ceux du village de Vree | 7 | 13 | 1 | 12 | ||||||
| N’Dawa | Les enfants de cette localité suivent leur scolarité à l’école voisine de Vree. | ||||||||||
| Islam | Cette localité est de création toute récente, et leurs peuvent être éventuellement envoyés à l’école d’Aguneitir | ||||||||||
| Diobally Tahtani | Les enfants de cette localité poursuivent leurs études primaires à l’école voisine de Vree | 2 | 10 | ||||||||
| Ain Lagwass | 1 | 1995 en banco | 1 | 2 | 17 | 23 | 1 | 15 | |||
| Boumargene | 1 | 1997 en paille | 1 | 1 | 20 | 28 | 1 | 8 | 12 | ||
| Bouemama | - | - | - | - | - | - | - | - | |||
| Total | 8 | 16 | 22 | 358 | 319 | 8 | 145 | 180 | 10 | 186 | |
Source : PPDP
Le secteur de la santé
La commune de Bouanze est dotée de deux structures sanitaires dont l’une est un centre de santé moderne situé au chef-lieu et l’autre un poste de santé à N’Dieo. Il s’impose comme constat que la commune de Bouanze est bien nantie en matière sanitaire. Ces deux structures sont construites en dur. Notons que le centre de santé de Bouanze - dont la date de construction remonte à 2001 – est réalisé grâce au concours financier des migrants de même qu’il est relativement bien équipé et dispose d’un centre de protection maternelle et infantile.
Le personnel de santé qui se charge de prestations de soins de base est composé de 2 infirmiers d’Etat, d’un infirmier médico-social, d’une nutritionniste et d’une seule accoucheuse auxiliaire. Il faut noter que les deux structures de santé sont munies de dépôts pharmaceutiques dont la gestion revient à deux comités de gestion cooptés par l’assemblée des deux villages.
Le système de fonctionnement de ces dépôts est basé sur la logique de recouvrement des coûts établie lors de l’impulsion de la politique de soins de santé primaire en 1993. Il convient de noter également que le poste de santé de N’Dieo est très mal équipé, trop exigu et ne dispose suffisamment pas des matériaux de petite chirurgie ni de ceux des accouchements et pansements. Malgré les obstacles auxquels ce poste est confronté, il n’en reste pas moins capable de drainer toute la population de localités de l’Assaba situées dans son aire d’influence et parfois, l’on peut noter le passage voire même le séjour de patients venant de Soufa et de Lahraj.
Quant au fonctionnement du centre de santé de Bouanze, il soulève quelques problèmes et reste très hypothéqué en raison de l’absence de tout appui de la part du département public de la santé. Et c’est grâce à l’association de migrants que cette structure d’une grande envergure et d’un apport précieux en terme de prestation de services, est toujours fonctionnelle et continue toujours à drainer les populations dans un rayon dépassant largement l’échelle de la commune.
Les traitements pré et post natal de même que tous les soins reproductifs sont absents du poste de santé de N’Dieo. Néanmoins, il faut noter l’existence d’un centre de PMI au centre de Bouanze qui assure toutes les prestations de soins reproductifs et les consultations pré et post natales.
Sur le plan nutritionnel, il existe trois centres de nutrition opérationnels répartis entre le chef-lieu et N’Dieo. De même, l’accessibilité aux structures de santé pose problème notamment au moment de l’hivernage lorsque les pistes deviennent difficilement praticables. Par conséquent, la situation sanitaire de la commue de Bouanze demeure préoccupante en ce sens que certaines maladies connaissent parfois une recrudescence tels le paludisme et la bilharziose qui conduisent à une forte morbidité et par voie de conséquence à un taux de mortalité trop élevé notamment à la période post hivernage.
Le secteur de la santé fait face à des difficultés qui paraissent à l’heure actuelle d’autant moins évidentes à résoudre que le morcellement des localités est à son apogée et que les moyens humains et matériels tant à l’échelle communale et régionale qu’au niveau nationale sont un peu plus réduits.
Voir Tableaux : Santé
Finance
communale
Très réduites et aléatoires en terme de recouvrement, les ressources financières communales sont largement fonction du niveau d’équipement et de développement de la commune. Ainsi plus il y a d’équipements publics, davantage il y aura des recettes, et par conséquent, moins sera grande la précarité de l’institution communale et son incapacité à assumer son rôle de mission de services publics. Malgré l’évolution toute récente de ses ressources financières, la commune demeure littéralement dépendante des subventions de la tutelle.
Les ressources financières proviennent de deux sources principales : impôts et taxes ordinaires dont principalement, les taxes sur les habitations, sur les activités économiques et commerciales et sur le droit d’exploitation des potentialités naturelles, et les subventions de la tutelle administrative.
Pour l’année 2003, le budget prévisionnel de la commune était estimé à 3.500.000 UM, mais celui du réel s’élevait à moins de 1.800.000 UM soit l’équivalent de 51.42% du budget prévisionnel. La part du budget consacrée aux investissements était destinée à la remise en état des établissements éducatifs et la construction de puits d’eau potables dans les villages qualifiés de prioritaires par le conseil municipal. C’est ainsi que les localités suivantes ont été programmés dans les dépenses budgétisée d’investissement : N’Dawa, Vree Elkittan, Aguneitir et Diuobally Tahtany.
Le budget prévisionnel pour l’année 2004 a enregistré, quant à lui, une évolution non négligeable grâce à l’apport conséquent du Fonds Régional du développement et a été estimé à plus de 4.600.000 UM dont 30% est destiné à faire tourner la machine communale, le reste étant affecté à l’équipement. Il est prévu dans le cadre du budget affecté à l’équipement que la commune procède à la réalisation d’équipement de services publics (réhabilitation des écoles, construction de postes de santé et des puits d’eau potable). Il faut reconnaître tout de même que l’adversité du milieu combinée à l’immensité de besoins et la défaillance chronique et aiguë des capacités technique et organisationnelle chez l’autorité communale sont manifestes ce qui fait de la gestion des montant alloués des équations dont les termes sont difficiles à déchiffrer pour les décideurs communaux.
Ceci étant, le Fonds Régional de Développement qui est désormais placé sous le contrôle de l’autorité communale- qui en décide librement la gestion- constitue un levier puissant de nature à permettre à la commune de s’assumer et de prendre en charge les attributions qui lui sont confiées dans le cadre du processus de la décentralisation.
Voir Tableaux : Finance Communale
Planification des actions prioritaires
Voir Tableaux : Planification
Modalités de mise en œuvre du PDC
La mise en oeuvre de ce Plan de Développement Communal exige des préalables, études et expertises; un processus encore approfondi et concerté de planification ainsi que des dispositions d’appui institutionnel, techniques et juridiques permettant à la commune de Bouanze d’assurer la maîtrise d’ouvrage des opérations inscrites dans le cadre de son PDC.
Etant donné que les moyens dont dispose la commune aussi bien en terme de ressources financière qu’en terme d’équipements et d’aptitudes institutionnelles pour la réalisation des opérations sont limitées, la nécessité de collaborer avec les services techniques déconcentrés de l’Etat, de rechercher des financements supplémentaires en dehors de ceux prévus dans le cadre du PASK semble à priori l’option privilégiée pour l’exécution des opérations de développement reprises au travers ce document.
Pour ce faire et une fois le Plan d’Actions Prioritaire de cette commune défini avec le PASK en terme de volume d’investissement et d’enveloppe financière, la municipalité de Bouanze prendra soin des dispositions nécessaires de nature à vendre son produit à l’ensemble des partenaires et bailleurs de fonds en vue de d’obtenir les financements nécessaires supplémentaires.
En terme de personnel communal d’appui, la commune de Bouanze mettra à profit les compétences de son ADC recruté dans le cadre du PASK ainsi que les services de son secrétaire général qui doit désormais jouer le rôle de gestionnaire comptable pour le suivi comptable et financier du PDC.
En dehors de cette tâche spécifique, la commune de Bouanze doit également valoriser les compétences techniques locales et ce au travers la recherche de financement pour former un personnel issu de la commune et capable de conduire les opérations techniques au sein de la municipalités et pour lesquelles une expertise expatriée serait peut être une lourde charge pour la commune.
Au-delà de sa mission technique d’encadrement de proximité, ce personnel doit disposer de compétences soutenues pour la passation des marché, l’élaboration des DAO et autres études nécessaires à la réalisation du programme d’investissement communal.
En terme d’Appui des cadres originaires
Dans ce cadre, la commune exercera un pouvoir mobilisateur sur ses différents ressortissants afin d’apporter leur contribution à l’effort communal. Des rencontres périodiques peuvent être organisées en ce sens au niveau du chef lieu de commune et aboutir à des plans d’actions de nature à exécuter le contenu du PDC en recherche encore des financements.
En terme d’Appui juridique, la municipalité de Bouanze doit bénéficier d’une expertise en le domaine portant sur les sites à mettre en défens, aux zones à préserver et d’une manière générale sur des bases clarifiant la gestion de ses potentialités.
A propos de l’expertise extérieure, comme déjà mentionné précédemment, une expertise thématique extérieure sera nécessaire, là ou la capacité technique locale fait défaut (assistance au personnel de la commune, introduction agricole, gestion de l’environnement). A ce stade, il ne peut être précisé ni les thèmes ni les profits toutefois, cet appui doit respecter la démarche participative adoptée par l’esprit d’ensemble du PDC.
Modalités de Suivi évaluation:
Le suivi doit se focaliser sur les investissements consentis, impact environnemental inclus. Les opérations comprises dans le présent PDC doivent être considérées comme un programme de développement de la commune pour lequel cette dernière doit assurer son suivi.
Organes de suivi:
Plusieurs structures locales doivent être associées au suivi évaluation des différentes opérations. Ainsi, l’on peut penser à la création d’une structure légère composée des différents services techniques de la place (MDRE,MSAS,MEN etc...) en plus d’un membre du (CDS) et des élus locaux (conseiller, député,maire, et autres) . La constitution de cette cellule permettra de redynamiser les compétences socio-professionnelles locales et développer une forme de partenariat réelle entre les différents acteurs locaux.
Les indicateurs:
Il s’agit de dégager des indicateurs vérifiables et en rapport direct avec l’optique de changement visé par les différents champs d’objectif du PDC.
1 Amélioration du cadre de vie:
nombre de ménage ayant augmenté leur revenu.
nombre de ménage ou de personnes ayant retournés dans leur terroir en raison des nouvelles réalisations.
Pourcentage de réduction des risques de santé et sociaux.
Quantité et qualité de l’enseignement.
Satisfaction en besoins énergétiques.
Disponibilité en fourniture d’eau.
2 Relance de la production agricole:
nombre d’hectares cultivés.
nombre de famille et / ou de personnes ayant enregistrés une évolution progressive de leur production.
Disponibilité des semences et intrants au niveau local.
Intégration entre agriculture et élevage et nombre de bénéficiaires.
2 Amélioration de la production animale:
Disponibilité des médicaments vétérinaires.
Nombre d’éleveurs satisfaits et ayant connu une augmentation de son revenu.
Disponibilité des fourrages pendant la période de soudure.
Réduction des conflits alternatifs entre agriculteurs et éleveurs
Valorisation des sous-produits.
Stabilité du cheptel dans les zones pastorales de proximité.
Fluidification des échanges:
Nombre de localités désenclavées.
Réduction des risques liés au mauvais état des routes.
Degré d’ouverture avec les autres communes voisines.
4 Réhabilitation du couvert végétal et physique:
Nombre d’hectares reboisés.
Nombre d’hectares de dunes stabilisées
Nombre et qualité des espèces régénérées.
Circulation des eaux de surface.
Nombre de demandes satisfaites en bois de feu.
Rationalité dans la gestion des ressources naturelles.
5 Dynamisme du cadre associatif
Qualité des prestations de services.
Nombre de paysans servis par leur organisation avec satisfaction.
Degrés d’autonomie.
Libre choix d’actions appropriées et rentables.
Mesures d’accompagnement
Considérée comme un programme de développement communal, le présent PDC appelle pour son exécution les mesurés d’accompagnement suivantes qui se subdivisent en deux groupes:
Appui institutionnel
Il devra rechercher à:
faire l’inventaire des textes législatifs et réglementations promulguées en matière de gestion des ressources naturelles ( s’attacher à connaître les raisons de non application de certaines dispositions, relever les contradictions);
étudier les caractéristiques fondamentales des régimes fonciers (notamment coutumier) existant dans la commune, les modes d’appropriation des terres;
dans les zones fertiles à hautes potentialités et là où cela se justifie, envisager la mise en place d’un réseau gésodique et d’un cadastre;
une amélioration de » la performance de l’appui technique des sévices de l’Etat (organisation et méthodes de travail, matériel et personnel adéquat)
Amélioration de la recherche-Formation
A la recherche il est demandé en particulier:
d’accorder un rang de priorité élevé à la mise au point de matériel végétal et animal hautement performant et mieux adapté à la réalité locale;
de développer les études sur la désertification, le dynamisme des écosystèmes et sur les méthodes de lutte les plus appropriées;
d’intensifier l’information et les échanges scientifiques et techniques;
d’accorder au capital local d’expérience l’attention qu’il mérite.
A ces différentes mesure, peuvent s’ajouter d’autres non moins importantes et qui peuvent conduire à une meilleurs exécution des programmes compris dans le PDC. Il s’agit de :
la prise en compte de le gestion des charges récurrentes dés l’élaboration d’un calendrier d’exécution des opérations;
Prévoir la décroissance dans le temps des charges et coûts récurrent;
enfin, toute forme d’investissement ou de financement d’une action doit se faire par un contrat garantissant la poursuite des actions jusqu’à leur autonomie et donnant à la commune et son partenaire des garanties concrètes et adéquates.
Conclusion Generale
Avec une action raisonnée, une constance dans l’effort et un engagement soutenu, la commune de Bouanze peut s’assurer de sa reconstruction sur des bases écologiquement équilibrées, socialement saines et économiquement prospères.
Les efforts accomplis dans ce sens aussi bien par l’Etat que les bailleurs de fonds tendent à réduire les écarts observés mais beaucoup reste à faire. Le présent PDC ne saurait se dissocier des différentes intervention allant dans ce sens outre, le développement économique et agricole de la commune, il projette établir des rapports de partenariat fécond en lieu et en place des politiques d’aide.
En effet, les évaluations des interventions précédentes ont concluent presque toujours que malgré les efforts engagés, des problèmes continuent à persister compromettant de plus en plus le devenir socio-économique des populations. Les raisons de ces échecs ou, comme certains le préfèrent de ces réussites manquées tiennent à plusieurs facteurs parmi lesquels on peut citer :
l’absence d’une réelle planification locale amenant les entités de base à agir au coup par coup. Les actions sont menée selon les financements obtenus au bon gré des donateurs, amenant des projets exécutes très souvent ça et là sans aucune programmation spatio-temporelle réelle.
l’analphabétisme qui constitue une lourde présenter pour le développement. Le manque d’instruction des masses, limite et entrave la circulation de l’information par conséquent freine le partage véritable du savoir et maintien la majorité de la population dans la méconnaissance des réalités socio-politiques, économiques et techniques de la commune.
Vaincre la pauvreté et assurer un développement socio-économique durable et politiquement et économiquement accessible, techniquement et socialement réalisables, c’est donc un pari humainement possible à rempoter. Il n’ya pas de recettes ou de solution à l’emporte pièces en raison de la grande diversité des situations.
Il faut partir enfin du fait que le développement socio-économique, agricole et institutionnel, objet du présent PDC n’est pas un ensemble de technique et de méthodes préétablies, codifiées. Il s’agit plutôt d’un processus itératif à mettre en oeuvre où rien n’est gagné définitivement.

beledtayeb@mauritel.mr
