ONG Terre Vivante

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Plan de Développement de la commune de Tektaké

ONG Terre Vivante

Projet de lutte contre la Pauvreté dans l’Aftout du Sud et le Karakoro

Février 2004

Avant-propos

Dans le cadre de son appui à la planification et gestion du développement local, le projet PASK s’est fixé comme objectif central de doter la commune de Tektaké d’un plan de développement de nature à faciliter la planification des actions de développement à mettre en œuvre. Cet outil de planification est le résultat d’un long processus participatif de diagnostic et de planification conduit dans tous les villages de la commune et qui a permis de faire ressortir les préoccupations majeures des populations locales. Sans doute, la démarche retenue par le PASK rejoint–elle les efforts qualitatifs visant à renforcer l’initiative locale en matière de l’impulsion, de la gestion autonome des actions de développement par les collectivités locales, et cela relève, naturellement, d’une évolution qualitative de la politique de développement à la base instaurée depuis une quinzaine d’année dans le cadre de la décentralisation Le projet PASK semble avoir opté pour le choix de faire des élus communaux de même que les représentants des SAB et au-delà les populations locales, les véritables maîtres d’ouvrage du processus d’élaboration, d’exécution et d’évaluation des actions de développement, l’objectif étant de leur permettre de s’approprier le processus tout en aboutissant à une auto prise en charge durable.

Processus d’élaboration du PDC

S’inscrivant dans le cadre d’un processus participatif, de partenariat et de collaboration, l’élaboration du plan du développement de la commune de Tektaké, s’est déroulée suivant des mécanismes faisant la part belle aux communautés villageoises ainsi qu’aux élus locaux « représentants de la collectivité locale ».

Toujours est-il nécessaire de rappeler que le processus engagé - au bout duquel ce présent plan de développement a pu être achevé - est passé par les étapes successives qui peuvent être décrites comme suit :

  • Réunion de prise de contact, d’information, de sensibilisation avec les autorités communales. Cette séance de sensibilisation a permis de vulgariser les grands objectifs du projet, sa démarche participative et les mécanismes d’implication effective des populations locales dans la mise en œuvre des différentes phases du projet. De même, il a été question de la mise en place d’un cadre de concertation dans la commune et les façons dont le processus participatif de diagnostic et de planification sera conduit dans les villages.
  • Conclusion d’un accord de collaboration avec la commune suivi de la mise en place du comité communal de concertation.
  • Formation des membres du comité communal de concertation sur les techniques et méthodes participatives et notamment les outils de la MARP et les techniques d’enquête en milieu rural.
  • Etude de milieu et zonage spatial de la commune et la collecte des données primaires.
  • Conduite de la campagne d’information et de sensibilisation des communautés villageoises sur l’ensemble des éléments liés au projet et à la réalisation d’un plan de développement pour toute la commune.
  • Mise en œuvre du processus participatif de diagnostic et de planification dans toutes les localités de la commune
  • Restitution des résultats du diagnostic participatif au niveau villageois
  • La traduction des diagnostics individuels sous forme de PDC
  • Validation et amélioration du plan de développement par le comité communal de concertation
  • Validation du document par l’organe communal compétent

Objectifs du Plan de Développement

Conçu comme outil de planification des actions de développement sur un horizon temporel déterminé, le plan de développement de Tektaké s’assigne comme finalité de :

  • Mettre à disposition des acteurs communaux et décideurs locaux des données d’analyse permettant d’appréhender les réalités socioéconomiques et démographiques ;
  • Doter la commune d’un outil d’aide à la décision quant aux investissements utiles à entreprendre à l’échelle de la commune. Cet outil de planification permet de déterminer pour chaque type d’action un calendrier de mise en œuvre, les groupes bénéficiaires, la localisation, l’ordre de priorité, les objectifs poursuivis, et le coût global et les impacts attendus en terme de réduction de l’incidence de la pauvreté.

Axes prioritaires de développement

A la lumières des résultats du processus participatif de diagnostic et de planification, plusieurs axes de développement ont pu être identifiés. Il s’agit de

  • Renforcer et améliorer l’offre de services de base dans la commune par la mise en place d’infrastructures structurantes et fonctionnelles.
  • Développer et diversifier les revenus à travers l’appui aux initiatives privées et collectives.
  • Renforcer les capacités des structures associatives à la base et promouvoir davantage la culture de coopération et d’association au sein des ressources humaines de la commune.
  • Appuyer les infrastructures de soutien à la production agricole (végétale et animale)
  • Protéger le cadre naturel et favoriser les actions visant à régénérer le milieu et les ressources naturelles
  • Renforcer et améliorer l’état d’équipement de la commune

La commune et son rôle

Identifiée comme étant une entité territoriale autonome ayant de responsabilités en matière de gestion de services publics, la commune de Tektaké constitue à la fois l’interlocuteur et le partenaire privilégié dans le cadre de la planification et de la mise en œuvre des actions de développement particulièrement celles liées à la promotion et développement des infrastructures de base dont la gestion pourrait revenir ultérieurement à la commune. De plus la commune peut potentiellement assurer la maîtrise d’ouvrage des actions à caractère public comme il peut en assurer la gestion et par conséquent sécuriser la pérennisation des services rendus aux bénéficiaires.

Compte tenu des tâches qui lui sont confiées dans le cadre de ses prérogatives en matière de planification et d’aménagement du territoire, la commune doit assumer les tâches suivantes :

  • Consacrer des contributions financières aux programmes d’investissement. Cette contribution peut prendre plusieurs formes dont entre autre : la facilitation de la mise en œuvre et l’incitation des communautés bénéficiaires à s’investir physiquement et à disponibiliser la main d’œuvre, le savoir-faire et l’expertise locale en vue d’une meilleure exécution.
  • Veiller au bon déroulement de la mise en œuvre des activités de développement dans la commune
  • Sécuriser tous les aspects liés à la gestion et la pérennisation des infrastructures.

Harmonisation des outils de planification

L’affirmation de la décentralisation comme un axe majeur de lutte contre la pauvreté et le renforcement des capacités institutionnelles des collectivités locales en matière de gestion, de l’aménagement du territoire et de planification du développement local doivent être accompagnées du développement d’outils opérationnels permettant d’articuler les initiatives locales avec les exigences de la planification nationale.

C’est dans cette optique qu’il a été jugé utile de prendre connaissance des grandes orientations des services techniques de l’Etat afin de garantir une conformité dans les actions de développement et d’éviter des chevauchements inutiles. L’Etat continue de déployer d’immenses efforts dans le domaine de la mise en place des infrastructures qui sont de nature à sécuriser des services dont les citoyens où qu’ils se trouvent en ont besoin.

La multiplication de même que la dispersion spatiale des localités entraînent des problèmes quant au choix des emplacements des infrastructures de base et à la capacité réelle de généralisation de celles ci.

Dans cette optique l’Etat favorise le regroupement des localités qui se trouve sur un rayon restreint autour des infrastructures de base. Et cela apparaît plus clairement dans le domaine de l’Education où les services techniques favorisent le regroupement autour des infrastructures en vue d’améliorer la qualité de l’enseignement. La santé, quant à elle, pose de multitude de problèmes concernant les possibilités de généraliser ses services notamment dans les villages aussi dispersés que ceux de Tektaké. Par conséquent, les services techniques favorisent et recommandent le regroupement de différentes localités autour d’infrastructures de santé. L’amélioration de l’accès à l’eau potable est une priorité des services de l’Hydraulique qui ambitionnent de mettre en place les infrastructures de l’eau dans toute localité disposant d’un effectif de population supérieur à 150 personnes.

Quant aux services techniques du MDRE, l’intérêt est prioritairement accordé à la sensibilisation des communautés rurales sur les conséquences néfastes de l’abattage inconsidéré de ressources ligneuses et sur les pratiques préjudiciables à l’environnement ainsi que sur la gestion durable de ressources naturelles dans les terroirs villageois

Présentation de la commune

Avec une superficie de 520 km2, la commune de Tektaké semble se caractériser par une densité1 de population relativement élevée estimée à 15.3 hab./km2.

La caractérisation de la commune du point de vue socioculturel, démographique et économique ne semble pas différer de celles des communes voisines.

Le sous équipement ainsi que le défaut de logique gouvernant le processus de production et d’organisation des activités économiques sont autant de traits majeurs qui caractérisent cette commune et met en évidence l’immensité des tâches de développement en terme de mise en place des équipements et d’amélioration de l’accès aux services sociaux de base et la création de conditions favorisant la prise d’initiative et l’accélération des activités économiques. De même, il convient de souligner la faiblesse du capital social et l’extrême précarité des activités économiques essentielles qui se traduit par les ruptures successives de la chaîne d’activité conduisant parfois à un exode massif des actifs hors du territoire communal.

L’économie communale étant à vocation fondamentalement agro-sylvo-pastorale, toute action visant à améliorer le contexte économique local passe inéluctablement par l’impulsion d’actions spécifiquement liées à l’élevage, agriculture et la protection du milieu naturel local.

Dans ce cadre et parallèlement à la mise en place des équipements de base au sein de la commune afin d’améliorer le niveau de l’accès des populations locales aux services essentiels, il faut qu’une action transversale soit mise en œuvre pour permettre une amélioration du niveau de production, et partant, l’augmentation et la diversification de revenus.

Notons enfin que la disposition anarchique des villages sur l’espace communal, l’hostilité du cadre naturel et le niveau quasiment nul de flux de biens et services à travers la commune rendent hypothétique toute action de changement significatif d’autant plus que certaines localités de la commune souffrent d’une autre contrainte préjudiciable au même titre que les précédentes : l’enclavement semi-chronique.

  • Il convient de souligner que la commune connaît des difficultés énormes qui peuvent être résumées comme suit :
  • La régression du couvert végétal résultant d’une dégradation manifeste des ressources naturelles par suite de la pression des activités anthropiques.
  • Le sous-équipement qui se traduit par l’absence d’infrastructures structurantes et fonctionnelles qui améliorent le niveau d’accessibilités des populations de la commune aux services essentiels.
  • Les traces du passé encore vivaces qui se traduit aussi par l’attachement de certaines ethnies à leurs modes de vie semi-nomade.
  • Le niveau très élevé de l’analphabétisme dans le rang de populations locales.
  • Le grand flux migratoire des actifs, connu sous le nom de l’exode rural.
  • L’absence des capacités de gestion, d’aménagement du territoire, de programmation et de planification d’activités chez l’autorité communale.
  • Le manque notoire de moyens financiers au sein de l’institution communale.
  • Le niveau faible de l’intervention de structures d’appui extérieures ainsi que le manque de coordination et d’harmonisation des interventions.

Création de la commune

Dans le cadre du processus national de décentralisation lancé depuis 1987 et qui avait pour objectif de transférer certaines compétences- qui relevaient classiquement du domaine de l’Etat- aux collectivités locales, la commune de Tektaké s’est vue octroyer le statut de commune rurale en vertu du décret n°88-187 du 6 décembre 1988 portant création et organisation des communes rurales dans la wilaya du guidimagha.

Limites géographiques

La commune est limitée au nord par Lahraj, au sud par Boully, à l’est et à l’ouest respectivement par Leweinatt et Dafort. La commune est délimitée également au nord-ouest par la commune de Bouanz et au sud-est par la commune de Ould Yengé.

La disposition anarchique des localités à travers l’espace communal ainsi que les caractéristiques physiques du milieu ont gouverné le zonage spatial suivant :

Dans la partie sud-est du territoire communal l’on peut constater la proximité géographique des villages de Teghadé et ses satellites, de Loubeyra Ifra et Seydou Tabara.

Dans la partie occidentale : l’on remarque le voisinage des villages suivants : Tektaké chef- lieu et ses villages satellites, Tektaké, Samba N’gouma, Zagré, Chelkhet Lehkim.

Dans la partie plus ou moins médiane du territoire communal l’on distingue la proximité des villages suivants : Tekaté Ferlo, Teydouma Zbeiratt, Teydouma peulh.

Dans la portion sud-ouest de la commune dont certaines localités se trouvent dans les limites géographiques de Boully, l’on identifie les villages de Hsey Lehmar, Ehl Lemrabett, Bennemane, Moutaalag peulh.

Il va sans dire que ce zonage est effectué sur la base des critères géographiques (proximité), et les affinités dans le partage des ressources pastorales et l’exploitation des ressources naturelles.

Une anomalie est à relever et qui découle naturellement d’une insuffisance de connaissance géographique et qui est souvent perdue de vue lors du découpage administratif fait que la position géographique de certaines localités telle que définies dans le cadre de la délimitation administrative ne correspond pas toujours à la réalité géographique des territoires communaux.

Dans ce cadre l’on peut constater que la localité Benneman qui relève administrativement de la commune de Tektaké est située en dehors du cadre géographique de la commune.

Il en est de même pour le village Medroum dont la position géographique se situe à l’intérieur de Tektaké mais administrativement dépendant de la commune de Boully.

Description du milieu physique de Tektaké

Relief
Le relief rocheux qui caractérise la commune découle en grande partie du prolongement méridional de la falaise gréseuse de l’Assaba qui confère une altitude plus ou moins élevées à certaines portions du territoire communal notamment dans la partie nord et nord-est. D’autres formes de relief plus accidentées sont visibles dans la partie septentrionale doublées de petits plateaux encaissés disséminés un peu partout à l’intérieur des massifs rocheux.

Quelques étendues faiblement ondulées parsemé de petits inselbergs granitiques sont à remarquer sur la section septentrionale communale avec des escarpements rocheux difficiles d’accès particulièrement au niveau du village de Diaff Ehl Ehmoimid. Cette forme rocheuse s’accompagne de massif dunaire embrassant par endroits la grande falaise gréseuse et pouvant s’étendre sur une dizaine de km notamment dans la partie sud-est de la commune au niveau de Teghadé.

La végétation 
Le couvert végétal communal est dominée par la présence des deux strates arbustives et arborescentes qui s’interpénètrent par endroits donnant lieu à de peuplements végétaux relativement denses. Cette même densité est largement fonction des types de sols et de caractéristiques du relief dominant. Les espèces suivantes, à quelques exceptions près, dominent les bas fond, les lits d’oueds ainsi que les berges de certains affluents : doumiers, jujubier, certains types d’acacia et les balanites. Quelques espèces de Baobab sont dispersées par endroit dans le paysage végétal arborescent.

Climat

Idem que Leweinatt

Types de sol

Considérés comme le résultat de l’action simultanée des facteurs biologiques et climatiques sur le substratum rocheux, les sols de la commune connaissent de très fortes variations physiques et chimiques selon qu’ils sont situés dans les plateaux (hautes terres) ou sur les bas fond dans les lits d’oueds ou à la bordure des affluents. La texture sablonneuse est dominante en amont des versants tandis que dans les parties les plus basses au niveau des lits et berges d’oueds la texture devient plus ou moins lourde donnant naissance à des sols alluviaux à dominante limoneuse. Par endroit, l’on constate l’existence d’affleurements rocheux et caillouteux rendant une partie des sols de la commune marginale.

Les ressources hydriques communales 

L’importance de ce liquide précieux pour les activités communales, tous types confondus, souligne le caractère déterminant de sa disponibilité en quantité et qualité pour le développement socio-économique et le bien être social.

La relief communal se prêtant mal à la rétention et au stockage de l’eau, il convient de souligner que les ressources en eau de surface paraissent d’une importance capitale pour la satisfaction des besoins en eau notamment pastorale et agricole « type pluvial ».

Les ressources en eau à l’échelle de la commune sont de deux types essentiels :

  • Les ressources de surface:

    Largement tributaire du volume de précipitation, le réseau hydrographique communal semble beaucoup moins dense que celui de la commune de Leweinatt, mais toutefois susceptible d’améliorer le sort des ménages ayant pour seul créneau de survie la culture pluviale et de décrue. Notons l’existence au sein de ce réseau l’oued mineur de Tektaké qui draine une bonne partie du territoire communal avant de se joindre au Garfa comme d’ailleurs celui de Teghadé qui véhicule de débit plus ou moins importants déversant en fin de parcours dans l’autre oued majeur de la région à savoir le Karakoro. le régime d’écoulement de ces deux cours d’eau est inéluctablement saisonnier et se confond par conséquent avec l’hivernage.

    Aussi faut-il noter l’existence de plusieurs mares, de marigots accompagnés de moins d’une dizaine de sources (Irigi) éparpillés dans l’espace communal et contribuant, ainsi, à la satisfaction temporaire des besoins en eau du bétail.

  • Les ressources souterraines:

    Les formations géologiques auxquelles appartient la région (grés cambro-ordovicien supérieur de l’Assaba ) de par leur nature sont dépourvues d’aquifères important. Au-delà de l’inexistence d’aquifères du socle, on note l’existence de nappes alluviales qui se rechargent pendant l’hivernage et constituent, de ce fait, la seule ressource dont dispose la population communale pour la satisfaction de leurs besoins tous types confondus. En effet les lits majeurs d’oueds constituent l’endroit idéal pour le fonçage de puits de surface qui disposent de débits faibles ne permettant pas la couverture de besoins. Ces mêmes puits subissent une baisse constante du niveau de la nappe rendant ainsi l’approvisionnement en eau extrêmement aléatoire. De même le débit de ces puits mal coffrés descend parfois en dessous de la valeur de 0.2 m3/j, ce qui oblige les populations d’en creuser un grand nombre afin de parvenir à la satisfaction partielle de leurs besoins.

    Les nappes alluviales alimentent également les puits modernes en exploitation qui captent soit les alluvions soit la franges supérieure du substratum rocheux. Le débit de ces puits modernes captant toute l’épaisseur alluviale varie généralement entre 1m3 à 5m3/j. il est mémorable de souligner l’insuffisance quasi systématique de ces ouvrages hydrauliques normés dans toute l’étendue de la commune.

Milieu humain

Composition, répartition spatiale, caractéristiques démographiques et évolution

La commune de Tektaké est caractérisée par la prédominance de l’ethnie maure suivie de celle de peulh. Le paysage ethnique communal, à la différence de la commune de Leweinatt, est moins mosaïque et laisse penser qu’un grand brassage d’ordre culturel et ethnique a eu lieu au cours des âges. Sur les localités touchées par le processus participatif, seul 5 localités sont à dominante peulh. Il s’agit, en effet, de Loubeura Ifra, Teydouma peulh, Moutaalg peulh, Tekaté Ferlo. L’ethnie majoritaire appartient aux tribus maures suivantes : Zbeiratt, Ehl Hmoimid, Tighdé qui représente à peu près 71.12% de l’effectif total de la population.

L’ethnie minoritaire, quant à elle, appartient aux tribus suivantes : Ferlancobé et Foulabé et s’implante dans les villages suivants : Loubeyra Ifra, Tekaté Ferlo, Tektaké Samba N’gouma, moutaalag peul et Teydouma peulh.

Les grandes localités sont à dominante maure et concentre plus de 71.12% de la population communale.

D’après les résultats de l’enquête sur les populations effectuée au mois de novembre 2003, il ressort que l’effectif total de la population s’élève à 7952 habitants repartis entre 14 localités et grappes de localité.

On peut catégoriser les localités selon leurs tailles comme suit :

Localités ayant une population inférieure à 300 habitants : Teydouma peulh, Moutaalag peulh, beneemane, Seydou Tabara,

Localités ayant une population comprise entre 300 et 800 habitants : Loubeyra Ifra, Teydouma peulh, Zagré, Hsey Lehmar, Tekaté Ferlo, chelkhet lehki,

Localités ayant une population supérieure à 1000 habitants : Tektaké grappe, Teghadé grappe, Teydouma Ehl M’Bareck, et Tektaké Samba N’gouma.

Caractéristiques démographiques

D’après les résultats de l’enquête, la structure par âge montre la prédominance des jeunes notamment pour les tranches d’âge comprises entre 15 et 24 ans. Les jeunes de moins de vingt quatre ans représentent un taux de 62% sur l’effectif total, ce qui porte l’énergie humaine communale à un degré plus élevé, mais traduit aussi l’immensité des tâches en terme de disponibilisation des services de base et la création des conditions favorisant l’intégration des jeunes dans le tissu économique local. De même, Le fort poids de la tradition qui caractérise encore aujourd’hui la zone favorise la prolifération de mariages précoce qui s’accommode facilement de l’absence de notion de planning familial et cela conduit souvent à l’élargissement de la base de pyramide de population.

Quant à la proportion de ménages dirigés par des femmes, elle est de l’ordre de 224 ménages, soit un taux de 15 % du nombre total des ménages.

Cette proportion bien que raisonnable et non exagérée par rapport au contexte de la zone met en évidence la mobilité des hommes qui quittent le terroir à la recherche de l’emploi et de sources de revenus. Toujours paraît – il nécessaire de souligner que les problèmes sociaux liés aux divorces sont à l’origine de ce taux plus ou moins élevé dont les conséquences les plus manifestes sont l’accentuation de la vulnérabilité des ménages vivant déjà sous le seuil de la pauvreté. Les bras valides, quant à eux, sont estimés à 4435 habitants soit 55.7% de l’effectif total de la population. Ce potentiel énorme qui représente un atout majeur peut être mis à contribution dans le cadre de la mise en œuvre des chantiers communaux, lesquels seront induits par l’intervention de projets de développement.

Evolution de population entre 2000 et 2003

Du fait de l’inexistence de statistiques à l’échelle villageoise, il serait moins aisé de tenter une quelconque analyse de l’évolution démographique.

Le chiffre qui ressort du recensement général de la population et de l’habitat réalisé en 2000 est de 5913 habitants. S’agissant de l’enquête menée auprès des habitants de la commune en novembre 2003, l’effectif total serait de l’ordre de 7952 hab. Selon les résultats des deux enquêtes, le taux de croissance annuelle serait de l’ordre de 10.37%1 sur la période 2000-2003.

Cet écart mis en évidence par les résultats, de deux enquêtes, entraîne une confusion qui est en partie liée à l’impossibilité d’attribuer cet accroissement aux seuls phénomènes de reproduction naturelle.

De même, le taux d’accroissement annuel semble énorme et nécessite de replacer cette différence dans un autre contexte lié aux phénomènes d’exode, de migration et de mouvement de populations qui continue à marquer toujours cette zone frontalière.

Il semble probable que des mouvements massifs de populations auraient eu lieu dans la commune à la faveur de climat de quiétude et de stabilité qui règnent actuellement et qui aurait par la même occasion permis le retour de population en provenance du Mali voisin. Depuis quatre ans, en effet, un mouvement de populations de forte ampleur a eu lieu en provenance de régions voisines en direction de la commune.

Les populations du village Ehl Lakhal sont revenues de Lahraj tandis que celles d’Ehl Sidi Ahmed N’Gui de Dafort. Un autre mouvement a eu lieu en provenance du Mali qui a abouti à la réimplantation de la population de Moutaalag peulh. Les populations de Loubeira Ifra sont revenues s’installer dans leur village d’origine et de la même manière de nombreux ménages en provenance du Barkewel ont jeté leur dévolu sur Teydouma peulh.

Flux migratoire

Comte tenu des conditions de survie difficile, de l’absence des opportunités d’emploi et de la précarité des activités économiques communales la grande majorité des bras valides quittent le territoire communal à la recherche de l’emploi et de source de revenus. Pour autant, la commune de Tekatké ne constitue pas un bassin essentiel d’émigration temporaire de travail. Il faut noter tout simplement que le phénomène n’est pas d’une forte ampleur et touche principalement les localités dont l’économie est en perte de vitesse en raison de la péjoration pluviométrique et de la dégradation des ressources naturelles. Les localités ayant connu un fort taux d’exode pour l’année écoulée sont respectivement : Teydouma M’Bareck, Hsey Lehamar, Tektaké et Taghadé.

Deux types de migration peuvent être distingués :

  • Migration intercommunale

    Liée au phénomène de transhumance, à la nécessité de faire paître les troupeaux partout où les conditions de pâturage sont favorables et à la recherche de l’emploi et de sources de revenus. Elle est d’une moindre ampleur et coïncide avec la fin du cycle des campagnes agricoles pluviales et le début de la période de soudure lorsque les pâturages sont mal en point et ne subviennent pas aux besoins des troupeaux. Toutes les localités communales sont affectées mais l’intensité du phénomène reste variable d’une localité à l’autre et surtout spécifique des localités à dominante maure noire. Ce déplacement de population s’amorce plutôt que prévu lorsque la péjoration pluviométrique est prononcée et que les conditions de survie à l’échelle villageoise sont devenues insupportables. Les destinations principales de ce mouvement sont les chefs lieux de Moughataa voisines Ould Yengé et Kankossa.

  • Migration saisonnière 

    Elles sont d’une plus grande ampleur et touche essentiellement les hommes valides. Les destinations principales de cette main d’œuvre sont les grands pôles urbains régionaux (Kiffa, Selibaby et Kaédi) et nationaux (Nkt, Ndb). Malgré les effets néfastes qu’engendre ce déplacement plus ou moins massif sur les conditions de vie des ménages et le degré d’activité économique, tous types confondus, il n’en reste pas moins un facteur de survie d’un apport considérable permettant l’augmentation des revenus, et par conséquent, ayant un impact positif sur les localités d’origine des migrants. Ce type de migration, à quelques exceptions près, est uniforme dans tout l’espace communal et n’influe pas sur les équilibres démographiques en raison des retours systématiques aux terroirs des migrants dès que s’installe les précipitation hivernales.

    Les revenus des migrants, quant à eux, permettent d’élargir la palette des sources de revenus des ménages et contribuent ainsi à la survie des populations. D’après les résultats du diagnostic participatif, il semble quasiment impossible de trouver des ordres de grandeur liés aux transferts des migrants, tant les réponses des villageois sont ambiguës et vagues sur cette question.

  • Migration de longue durée

    elles sont d’une moindre importance et touchent principalement les villages à forte concentration démographique à l’échelle de la commune. Le nombre de personnes concernées par ce type de migration est extrêmement réduit. Enfin il convient de noter que les déplacements des familles en accompagnement de leurs enfants en phase d’étude secondaire sont insignifiants au niveau de la commune.

Tableau n° 1 : Données démographiques2 de la commune de Tektaké
Localités Population totale Nbr de ménages Taille moyenne ménage Nbr de ménages dirigés par des femmes Nombre d’enfants de moins de 15 ans. Total des personnes actives
Tektaké (grappe) 1200 340 4 72 745 211
Tghadé grappe 1130 172 7 27 500 530
Lebneyre Ifra 300 50 6 - 60 200
Zaghre+Ehel Abeidy 450 65 7 12 100 320
Leboudou 180 16 10 3 50 120
Teydouma peulh 300 55 5 5 30 200
Moutaalag peulh 150 25 6 2 47 90
Hsey Lahmar+Ehel Lemrabott 700 114 6 20 266 485
Teydouma Ehel M’Barek 1400 227 6 40 600 982
Tektaké Ferlo 340 25 3 7 138 190
Bennaamane 222 50 5 7 80 130
Tektaké Samba N’Gouma 1020 205 5 5 250 700
Chelket Lehkim 400 40 10 20 150 136
Seydou Tabara 160 40 5 4 30 141
Elkokry 300 61 6 8 80 120
Total 8252 1458 X=6 232 3126 4555
Source : enquête OPP

Historiques des implantations villageoises

L’implantation de la population communale s’est déroulée en trois étapes distinctes :

1923-1942 : sédentarisation des localités les plus anciennes.

1960-1987 : sédentarisation de certaines localités à intervalle variable et qui avait pour principal objectif de profiter des avantages et promesses donnés par l’Etat en terme de mise en place d’infrastructures de base et de fourniture d’aides de toutes sortes (puits, écoles, point de santé, vivres. etc.)

1988-1999 : installation de dernières localités victimes de plusieurs années de sécheresse.

Type d’habitat

Sur toute l’étendue communale, l’on constate des pratiques et modes d’occupation de l’espace pratiquement identique du fait de la similitude des motifs de l’implantation.

La description du type de l’habitat permet de dégager une constante dans l’architecture locale. Les auvents communément appelés hangar, à quelques exceptions près sont les lieux d’habitation des populations.

Par ailleurs, il s’agit d’un habitat précaire, peu résistant aux aléas climatiques et composé de bois. Parfois le ciment est utilisé dans la confection de l’ossature et des différentes parties du hangar. Dans les localités où l’on trouve des habitations en dur ou en banco, l’on constate en même temps l’existence d’un hangar devant la maison pour servir de lieux d’accueil et de retrouvailles. Ainsi peut-on voir que la disposition des habitations à travers l’espace habité reflète une anarchie qui est davantage le résultat d’une précipitation dans l’installation que d’un choix raisonné des emplacements.

Et cela s’est traduit par l’éparpillement tant à l’intérieur d’une même localité qu’au niveau communal. On note, toutefois, une différence quant au mode de l’occupation par rapport aux localités peulhs.

En effet, au sein de ces localités, le type d’habitat dominant est la case en banco associés à de huttes en paille disposée de manière très rapprochée à l’intérieur de l’espace habité à tel point qu’il donne l’impression d’une seule concession et non d’un village.

Pour plus de précision, il convient de caractériser l’espace habité par localité afin d’avoir une idée globale du type d’habitat dans la commune.

Les cases en paille ou en banco recouverte de chaume associé à de huttes selon un maillage moins large sont fréquentes dans les localités suivantes :

Teydouma peulh, Tekaté Ferlo et Seydou Tabara.

Dans le reste des localités, on remarque la prédominance des auvents qui, par ailleurs, sont beaucoup plus fréquents dans les villages de Hsey Lehmar et Zagré que dans la localités de Teydouma M’bareck où il y a systématiquement des chambres en banco devant lesquelles sont construits des hangars ( type général) tandis que au niveau de Teghadé et le chef-lieu de commune, l’on observe des maisons en dur ou semi-dur associées- suivant les canons classiques locaux- d’un hangar servant de lieux de retrouvaille particulièrement durant les périodes chaudes de l’année.

Activités économiques

L’essentiel de l’activité communale concerne les secteurs traditionnels comme l’élevage et l’agriculture, et dans une moindre mesure, l’exploitation de ressources naturelles. D’autres activités sont pratiquées de manière sporadique par des couches vulnérables organisées en associations informelles : l’artisanat, le commerce ….etc.

Elevage

Place de l’élevage

L’élevage constitue le premier créneau de survie et occupe la première place au rang des activités communales de même qu’il est le principal pourvoyeur d’emploi et de revenu dans la commune.

Il n’est pas tout à fait étrange de constater que l’élevage contribue pour une large part à la constitution de revenus des ménages ruraux dès lors qu’il représente la base sur laquelle repose l’économie familiale et qu’il est en même temps difficile, voire impossible, de voir un ménage sans quelques têtes de bétail élevées de manière domestique. L’élevage pratiqué dans la commune porte essentiellement sur les bovins et petits ruminants ainsi que sur les équins et asins.

Effectif du cheptel et Composition

Au-delà de l’absence de statistique récente portant sur la taille du cheptel dans la commune, il est difficile, par les moyens d’enquête classique, d’obtenir de chiffres fiables sur l’effectif du cheptel tant à l’échelle villageoise que communale.

Ainsi, le poids de la tradition exerce-t-il une forte emprise qui fait que les populations s’empêchent de dévoiler la vérité concernant la taille de leur cheptel. Néanmoins, d’après les résultats de l’enquête menée auprès de populations, on peut estimer la taille du cheptel selon sa composition comme suit :

8400 bovins dont essentiellement deux races : zébu maure et zébu peulh

4770 ovins dont essentiellement les moutons maures à poils longs et les moutons peulh

4394 caprins dont essentiellement la chèvre du sahel très rustique

2082 asins, 93 équins, 55 camelins, et 2239 volailles (tous ces chiffres doivent être considérés avec beaucoup de retenue).

En procédant par ailleurs à une analyse comparative, l’on constate que la grappe de Teghadé compte, à elle seule, près de 6100 têtes (toutes espèces confondues), soit l’équivalent de 34.73% de l’effectif total de la commune.

Les autres localités, quant à elles, disposent d’un effectif variant entre 184 à Bennemane à plus de 6100 au niveau de Taghadé.

Certaines localités à dominante maure ont des possessions parfois pléthoriques constituant une véritable menace sur les ressources végétales car dépassant largement les capacités pastorales du milieu.

Il en est de même pour le village Teydouma Ehl M’bareck dont l’effectif du cheptel est pléthorique et pèse lourdement sur les pâturages dans le pourtour villageois.

Notons, cependant, que les localités à dominante peulh conservent jalousement leur mode de vie semi-nomade et pratiquent l’élevage sous ses pures formes qui sont les moins novatrices.

De même, la possession de gros troupeaux demeure une garantie de prestige sociale et les grands possesseurs sont très cotés socialement. D’ailleurs, le bétail recèle d’importantes richesses et son achat massif constitue une des formes de thésaurisation les plus répandues au sein de cette communauté.

Type d’élevage

D’après les enquêtes, il ressort que les types d’élevage dominants sont l’élevage semi sédentaire et transhumant accompagnés parfois d’un élevage dit de case.

Le type d’élevage, d’après les entretiens avec les éleveurs, est largement fonction de l’état de pâturages, lui-même fonction de la pluviométrie.

Si la zone connaît un bon hivernage qui se traduit par l’abondance de pâturages, les troupeaux ne s’éloignent pas et restent à l’intérieur de couloirs de transhumance locaux.

Dans ce cas le type d’élevage est semi sédentaire. Tandis qu’en année de mauvaise pluviométrie les bergers ainsi que certains membres de familles conduisent les troupeaux partout où l’état de pâturage est favorable.

Cette conduite suit un itinéraire nord-sud jusqu’au Mali voisin. Mis à part ces deux variantes, il y a un autre type d’élevage qui porte sur les petits ruminants et bovins (souvent quelques femelles laitières) qui divaguent aux voisinages immédiats du terroir et reviennent en fin de journée.

Ces espèces gardées près des ménages contribuent à la couverture de certains besoins, et à ce titre, bénéficient d’une complémentation alimentaire qui les maintient en état de produire suffisamment de lait.

Pour ce qui est des volailles, leur élevage est réduit et porte sur des poules de souche locale, qui ne bénéficient d’aucun entretien particulier.

On note que cet élevage est répandu dans les localité de Hsey Lehmar, Teghadé grappe,Tektaké grappe, et Teydouma Ehl M’bareck qui comptabilisent, à elles seules, plus de 59.5% de volailles de la commune.

Les volailles sont très utiles aux deux points de vue alimentaires et de revenu car leur élevage ne grève en rien le budget familial.

Santé animale

Plusieurs pathologies sont fréquentes dans la commune et ont une action dévastatrice sur le cheptel. Les éleveurs parlent souvent de maladies suivantes :

PPCB, Botulisme, Charbon bactérien, Charbon symptomatique, Enterotoxemie et quelques maladies parasitaires. De même, d’autres maladies non encore identifiées font des ravages et leurs noms sont vernaculaires. Parmi ces maladies nous citons : Bediour, Boudméaa….etc.

 

Campagne de vaccination

N’ayant pas un caractère régulier, c’est-à-dire qu’elles ne sont pas inscrites dans un calendrier connu d’avance par les populations, les campagnes de vaccination du cheptel se font en fonction de nécessités dictées par l’apparition soudaine d’une quelconque maladie et par les impératifs de prévention du bétail.

Les campagnes de vaccination sont notamment prophylactiques pour les bovins qui bénéficient d’une couverture relativement bonne contre la pneumonie contagieuse bovine (PPCB), le charbon symptomatique, le charbon bactérien, et le botulisme.

Les petits ruminants font l’objet également de mesures prophylactiques contre les enterotoxemies. De même les éleveurs font parfois recours à la tradithérapie comme moyen de traiter les sujets malades.

Produits d’élevage et revenus

Mis à part sa contribution à l’autoconsommation et à la constitution de revenu de ménages, le cheptel demeure un support non négligeable de l’épargne familiale.

Les produits sont essentiellement constitués de lait et ses dérivés (lait caillé et beurre). Le lait caillé fait l’objet d’une commercialisation à petite échelle.

De la même manière, le beurre très apprécié localement fait l’objet de petits échanges à l’échelle de ménages et parfois il est commercialisé sur le marché local.

La commercialisation locale de ces produits a lieu sous forme de troc contre du sorgho, du mais, des produits artisanaux et parfois de l’argent liquide.

La nature et le volume des produits animaux commercialisés varient selon les ethnies et leurs spécificités socioculturelles.

Ainsi constate-t-on que la valorisation et l’exploitation de sous produits sont beaucoup plus répandues chez les communautés peulhs que chez les Maures.

Les animaux sont également vendus sur pied et cette vente se fait dès que le besoin se fait ressentir au niveau familial pour la satisfaction de besoins urgents. Toutefois il convient de souligner que cette vente se fait de façon sporadique et très partielle dans le temps. Notons, cependant, que les sous produits animaux sont très mal valorisés localement. S’agissant des phanéroptiques notamment les peaux et cuirs, ils ne sont utilisés que dans le cadre de l’artisanat local ayant pour but de confectionner des objets très fréquemment employés par les éleveurs nomades.

Dans certains village, l’on remarque l’existence de groupements informels qui gèrent de petites boucheries afin de satisfaire la demande locale en viande et de réaliser de revenus monétaires, lesquels, seront recyclés dans d’autres activités plus diversifiées : le petit commerce.

A l’heure actuelle, et faute d’indicateurs fiables, il est très difficile, de parvenir à une estimation ne serait-ce que partielle de revenus issus de l’élevage, car l’irrégularité de vente de produits animaux et le caractère aléatoire de fluctuations des prix ainsi que l’insuffisance de données à l’échelle de ménages rendent quasiment impossible de donner un ordre de grandeur relatif aux revenus de l’élevage à l’échelle de Tektaké.

Encore faut-il rappeler que cette activité demeure la seule pourvoyeuse d’emplois et de revenus et contribue, pour une grande part, à réduire les effets d’un dénuement de plus en plus accentué.

Tableau n° 2 : L’élevage1 dans la commune de Tektaké

Agriculture

Une activité reléguée au second plan des activités communales, l’attention étant prioritairement accordée à l’élevage.

Cette agriculture est fortement tributaire des conditions climatiques et soumise aux aléas de toutes sortes : Attaque parasitaire, divagation…..etc.

Parfois on a l’impression que cette activité est spontanément exercée par de paysans guidés davantage par une logique de survie que par des choix mûrement réfléchis de jeter les bases d’une activité dont tous les paramètres lui sont favorables : pédologie, climat, hydrologie….etc.

N’ayant aucun niveau d’intensification, cette pratique demeure marginale avec une base extrêmement fragile.

Cette fragilité s’explique aisément par la faible maîtrise de techniques culturales, l’absence de circuits d’approvisionnement en intrants agricoles et la désorganisation de circuits de commercialisation pour les produits agricoles en année excédentaire.

Malgré ce tableau peu reluisant, il n’en reste pas moins vrai que certaines expériences en phoeniciculture et oléricultures se sont révélées concluantes.

Typologie de culture

Il n’existe en effet qu’une seule typologie dominante et pratiquée quasiment par toutes les localités et grappes de localités.

L’absence de la typologie kalla de calendriers culturaux des paysans de la commune constitue un indicateur sur le faible ancrage de l’agriculture dans les habitudes de production.

Il faut souligner que sur toutes les localités diagnostiquées, seule le village de Tektaké Samba N’gouma pratique la culture de décrue « kalla ».

  • Culture pluviale et spéculations :

    Ce type de culture est pratiqué sur des superficies s’étendant sur les flancs des collines et hautes terres, et parfois dans de zones situées à proximité d’oueds et affluents inondés régulièrement par les précipitations hivernales.

    Cette culture porte essentiellement sur de graminées, et dans une moindre mesure, sur des légumineuses associées et de cucurbitacées (millet, sorgho, niébé, arachide, mais, oseille de guinée et les courges).

    Les variétés cultivées sont, dans la plupart de cas, traditionnelles ayant un cycle cultural court.

  • Culture de décrue et spéculations :

    Pratiquée au voisinage d’oueds et berges d’affluents et marigots, cette campagne constitue un levier puissant dans l’amélioration de la sécurité alimentaire des populations durant la période de soudure.

    Les principales espèces pratiquées sont : le mais, le millet, l’arachide, et le niébé.

    Il est possible d’attribuer l’inexistence de cette typologie au manque notoire d’ouvrages de maîtrise de l’eau sur toute l’étendue du territoire communal.

  • Culture irriguée et spéculations

    Elle est d’une moindre importance et concerne essentiellement les cultures maraîchères ainsi que le henné sous palmiers. Les superficies très limitées, à l’échelle de la commune, sont la traduction parfaite de l’étendue et de la diffusion de cette typologie.

Maraîchage

Une pratique toute récente et n’attire que l’attention des femmes qui s’y investissent. Les jardins sont nombreux au niveau des terroirs de certaines localités, et sont le témoin d’un engouement croissant pour le maraîchage dont la palette de spéculations ne cesse de s’élargir d’une année à l’autre.

Outre qu’il s’agit de diversifier les productions agricoles et d’enrichir l’alimentation quotidienne, d’autres objectifs se profilent à l’horizon et placent l’activité dans une perspective commerciale. Il faut cependant souligner que jusqu’ici les femmes travaillant dans le maraîchage n’ont bénéficié d’aucune formation qualifiante qui leur permettent de développer cette pratique, et par conséquent, de garantir sa pérennité.

L’appui en terme de conseil technique et de gestion est faible malgré les interventions de différentes structures dans la commune en matière de développement.

Il faut noter, en revanche, que les jardins recensés dans la commune s’élèvent à 26 jardins dont la surface en hectare est inconnue.

Les surfaces exploitées comme les productions sont difficiles à estimer du fait que les exploitantes se fixent comme objectif prioritaire l’autoconsommation, ce qui rend difficile la rationalisation de l’activité qui devrait avoir, elle aussi, une incidence positive sur l’amélioration de rendement.

Sur toutes les localités diagnostiquées 4 localités, à dominante peulh, disent ne pas avoir pratiqué le maraîchage en raison de leur attachement au mode de vie semi-nomade et de leurs habitudes de production.

Il s’agit de Seydou Tabara, Beenemane, Chelkhet Lehkim, et Moutaalg peulh. On peut toutefois estimer les surfaces réellement exploitées à partir de la surface globale de jardins maraîchers qui ont approximativement une superficie de 24 ha.

Au niveau du chef-lieu de commune Tektaké et ses villages satellites, l’on remarque une grande concentration d’organisations professionnelles qui se regroupent autour d’activités spécifiques telles que le maraîchage, l’élevage, la culture pluviale et le henné.

Cette grande concentration d’organisation constitue un avantage certain pour la commune et semble représenter une base solide sur laquelle peut s’appuyer la mise en œuvre d’éventuelles actions de développement à l’échelle communale.

Le henné

Largement pratiqué dans le terroir de Teghadé et de Tektaké et dans une moindre mesure dans d’autres localités à l’exception notable de Hsey Lehmar, Teydouma maure, Bennemane, Seydou Tabara, Tektaké Samba N’gouma chelkhket lehkim et Moutalag peulh.

La culture est souvent pratiquée en association avec le palmier dattier dans l’oued de Tektaké et vu sa grande rusticité, elle s’adapte facilement aux paramètres locaux édaphiques et climatiques.

Pas de chiffre exact concernant les quantités de henné produites annuellement ainsi que les surfaces cultivées.

Encore paraît-il nécessaire de rappeler que cette activité prend de plus en plus d’ampleur et polarisent l’effort des femmes qui y voient désormais un créneau porteur, qui génère des revenus très importants par la commercialisation de production localement et régionalement.

Il faut souligner, qu’à l’échelle communale, il n’existe aucun renseignement statistique fiable issu des résultats du PPDP permettant d’avoir un ordre de grandeur sur les quantités produites, commercialisées, ainsi que les surfaces cultivées et revenus tirés de la culture de henné.

Aussi, certaines localités ne pratiquent-elles la culture que pour la satisfaction de besoins locaux de femmes notamment pour les événements sociaux tel que les mariages et fêtes. C’est le cas particulièrement de la localité de Tektaté Ferlo.

La phoeniculture :

Pratiquée de manière traditionnelle, la culture oasienne est au stade rudimentaire et ne se soumet à aucune rationalisation technique.

Ainsi, les peuplements épars de palmiers dattiers dans l’espace communal, ne font-ils l’objet d’aucun entretien particulier, ce qui conduit souvent à des rendements assez médiocres et maintient cette activité au plan marginal qu’elle occupe actuellement. De même, il faut souligner que les techniques phoenicicoles sont mal maîtrisées, notamment en terme de densité de plantation, d’entretien périodique, de pollinisation, de lutte contre les ravageurs et de technologies post récolte.

Certains peuplements de palmiers dattiers sont localisés au niveau des terroirs de deux grappes Teghadé et Tektaké et qui ne bénéficient d’aucun traitement particulier.

Production et revenus

Au-delà de la difficulté d’obtenir des statistiques fiables concernant la production, il faut noter que le système de production est extensif et les moyens et intrants mis en œuvre par les paysans communaux sont très fragiles. Toutefois, l’estimation donnée par les populations concernant la production est de l’ordre de 0.8 t/ha, ce qui ne peut pas assurer leur autosatisfaction.

La pratique de fumier

Elle est de niveau faible et les villageois s’étonnent du fait qu’on leur demande s’il font usage de cela, car de leurs points de vue les terres sont fertiles et ne subissent pas d’exploitation massive.

Par rapport à la pratique maraîchère, les femmes parlent d’un recours au fumier et autres fertilisants dans la préparation des planches sans préciser le degré d’utilisation, encore moins, de l’intensité de l’usage.

Outils employés

Ils sont simples et actionnés par l’effort humain.

Nous pouvons citer les outils suivants qui sont d’utilisation fréquente dans toute la commune : Daba(houe), outil simple utilisé en guise de semoir (saghda) pioches, pelles et autres outillages simples.

Quant à la charrue asine, elle est d’utilisation moins fréquente en raison de son introduction toute récente par l’ONG DOULOS qui intervient ponctuellement dans un certain nombre de localités de la commune de Tektaké.

Le foncier des espaces agricoles communaux

Le système de tenure foncière dans la commune de Tektaké est fortement marqué par la prédominance du droit coutumier qui demeure toujours en vigueur en dépit des mutations profondes de la structure sociale traditionnelle.

La terre est considérée comme une richesse collective transmissible suivant les règles de la gérontocratie. De même, tous les détenteurs et utilisateurs des espaces agricoles et pastoraux doivent obéir aux conditions d’utilisation et d’exploitation définies par la collectivité c’est-à-dire la tribu ou la famille élargie. On note, toutefois, que l’origine ethnique n’est pas l’élément déterminant dans l’accès à la terre mais plutôt les critères liés au partage de l’espace et l’appartenance au terroir qui détermine dans une large mesure les possibilités d’accès au foncier. Il faut noter également l’existence de disparités par rapport au régime foncier qui sont tributaires de la diversité des origines ethniques des populations de leur histoire et de leur organisation sociale. Dans ce cadre, il convient de souligner la flexibilité voire même la « mollesse » du régime foncier chez la communauté maure qui favorisent l’accès des femmes et jeunes à la terre afin d’améliorer leurs situations. Par contre, chez la minorité peulh de la commune, le régime foncier et le mode de dévolution successorale sont stricts et se caractérisent par une rigidité dans la mesure où l’accès des jeunes et de femmes est conditionné par un certain nombre de critères dont l’appartenance à la famille élargie. Par ailleurs, il existe des espaces soumis à la propriété individuelle et qui se situent souvent à la bordure des berges et lits d’oueds. Ces espaces se concentrent essentiellement dans les deux oueds mineurs de Teghadé et de Tektaké et sont bien protégés et souvent cultivés par des palmiers associés à du Henné et d’autres spéculations maraîchères. Ces propriétés privées sont inaliénables dans la mesure où elles ne sont pas abandonnées et laissées en friche. Encore faut-il rappeler que le mode de faire valoir dominant est direct et effectué par les tenants de droit de maître de terre et d’usage.

Tableau n° 3 : L’agriculture1 dans la commune de Tektaké

Pêche

Il existe une petite activité de pêche saisonnière qui génère de revenus plus ou moins important au profit des pêcheurs.

Le nombre de pêcheurs s’élève à 35 repartis entre les localités de Seydou Tabara, Teydouma peulh, Tekaté Ferlo.

Notons qu’il existe un certain nombre de contraintes qui annihilent les efforts de pêcheurs dans leurs tentatives de valoriser le petit potentiel saisonnier dans les surfaces d’eau à proximité et qui sont : manque de filet de pêche, faiblesse de compétence en matière de pêche.

Exploitation des ressources forestières

La cape végétale clairsemée de la commune est le signe évident d’une dégradation aggravée par la péjoration climatique ces dernières années et qui ne cesse de s’amplifier en raison de l’exploitation abusive de ces ressources.

Les ressources ligneuses font l’objet d’un usage multiforme. Le bois est localement la source d’énergie domestique et il est utilisé pour d’autres fins multiples : dans la confection des toitures des maisons, les auvents, les enclos et bergeries.

Rappelons que cette ressource se trouve à la base d’une activité florissante à l’échelle locale : le charbonnage.

Il est difficile d’estimer les revenus issus de cette activité. Les produits de cueillettes, quant à eux, présentent un créneau en ce sens que les actifs villageois les commercialisent après l’avoir cueillis au cours de la période s’étalant du mois de novembre au mois d’avril.

Les principaux produits cueillis sont : les jujubes, les muro blancs, les feuilles du baobab, la gomme arabique, les doums et les fruits d’Acacia nilotica.

Ces produits sont appréciés localement car ils rentrent dans la préparation d’additifs alimentaires divers et sont utilisés comme intrants dans le cadre de l’artisanat local de même qu’ils ne souffrent d’aucun manque de débouchés commerciaux.

Artisanat

L’étude du secteur artisanal suppose que l’on doive cerner tous les aspects liés à l’exercice de cette activité.

En fait, le constat qui s’impose, dès le départ, est le monopole de femmes du secteur en dépit de l’existence des artisans traditionnels qui confectionnent des objets et outils traditionnels et participent au développement de ce secteur.

Les coopératives polyvalentes recensées à l’échelle communale sont au nombre de 49 et brassent plusieurs activités dont notamment l’agriculture et l’artisanat.

L’effectif total de ces coopératives révèle tout l’intérêt que les femmes accordent à cette activité.

Parmi les produits artisanaux confectionnés ou fabriqués, nous citons les suivants : le savon local à base de muro-blanc, les vans et nattes, tannage des peaux, gourdes, et la décoration de petits objets (porte-clés, stylo, briquets……etc.)

L’artisanat génère des revenus conséquents aux femmes en raison de débouchés commerciaux relativement faciles tant au niveau du marché local qu’au niveau du marché régional.

Les revenus issus de ce secteur sont cependant difficiles à estimer car la commercialisation des produits se fait de manière irrégulière et souvent ponctuelle sur de vastes périodes durant lesquelles les prix varient et les fréquences de vente également.

Bien que ce secteur soit un grand créneau prometteur pour les femmes, il reste toujours confronté à des difficultés réelles empêchant son plein développement et limitant la gamme de produits pouvant être confectionné.

Les contraintes auquel l’artisanat est confronté sont multiples et peuvent être résumées comme suit :

  • La sous qualification technique et le manque de compétences éprouvées.
  • Difficultés liées à l’approvisionnement en matières premières et intrants (fils multicolore en plastique, la soude caustique pour le savon, l’encre pour la décoration)
  • Problème de débouchés commerciaux avantageux.
  • Défaut de moyens financiers qui limite parfois les possibilités de ravitaillement.

Malgré les handicaps de toutes sortes qui rétrécissent le champ d’action des femmes en matière artisanale il n’en reste pas moins vrai que certaines coopératives réalisent de résultas probants en rapport avec le niveau matériel et technique dont elles disposent.

L’activité commerciale

L’activité commerciale est sous-développée dans la commune et toutes les conditions pouvant favoriser l’impulsion d’une quelconque dynamique commerciale sont inexistantes.

Le chef-lieu de commune qui exerce un pouvoir d’attraction dans un rayon variant de 4 à 6 km est faiblement équipé.

Le tissu économique et commercial n’est pas différencié et met en évidence l’absence des échelons commerciaux dans toutes les localités de la commune ; la faiblesse de la demande ainsi que l’incapacité à couvrir les besoins en produits de première nécessité et en produits manufacturés.

D’après les résultats de l’enquête, il semble que le chef-lieu de commune polarise commercialement l’environnement humain qui le jouxte et notamment les localités Ehl Sidi Ahmed N’Gui, Ehl Babak, Ehl Lekhal, Ehl Matallah qui se situent dans son aire d’attraction.

Néanmoins, il semble logique de reconnaître qu’en dehors de l’aspect administratif qui consacre la suprématie du chef-lieu de commune, les services économiques et commerciaux, offerts par le chef-lieu sont trop limités pour qu’ils dépassent le cadre humain immédiat et atteindre tout l’espace communal.

Le village de Tektaké dispose de 30 boutiques individuelles, de 4 moulins à grain, d’une boucherie, d’une forge et d’un four à pain.

Cet ensemble de petites infrastructures villageoises que compte le chef-lieu représente à peu près la moitié du patrimoine communal en la matière.

Pour les autres villages de la commune, l’on constate toujours l’absence de ces infrastructures hormis deux villages dont l’un dispose d’un four à pain traditionnel et l’autre d’un moulin à grain. Il s’agit respectivement de Teghadé et Tektaké Samba N’gouma. La somme de l’ensemble des infrastructures villageoise se présente comme suit : 53 boutiques réparties entre les localités de Teghadé, Teydouma peulh, Hsey Lehmar, Teydouma Ehl M’bareck, Tektaké grappe, Benemane, Chelkhet Lehkim, et Tektaké Samba N’Gouma.

Les autres types d’infrastructures, quant à eux, se répartissent de manière très déséquilibrée entre Tektaké, qui se taille la part du lion, Teghadé et Tektaké Samba N’gouma.

En conclusion l’on peut remarquer qu’en dehors du pouvoir attractif de très petite étendue du chef-lieu sur les villages d’environs, aucun phénomène de polarisation d’envergure n’existe pas. Et les populations communales préfèrent se ravitailler à partir du chef-lieu de département ou de région.

Tableau 4 : Les micro infrastructures économiques villageoises

Transport et communication

Au-delà de la nature mouvementée du relief caractérisé par une hostilité relative, il convient de souligner l’absence d’un réseau de pistes de desserte à l’intérieur de l’espace communal capable de garantir une fluidité dans les mouvement de personnes et les flux de bien et service. Cette difficulté de déplacement se traduit par un isolement qui prend un relief particulier au cours de l’hivernage lorsque certaine partie du territoire communal deviennent inaccessible, rendant ainsi les conditions de vie intenables pour les populations enclavées. La nature du relief façonnée sous l’effet de la précipitation et du drainage naturel rend les terrains difficiles à traverser et cela augmente à mesure que les portions subissent intensément les phénomènes de l’érosion hydrique avec pour corollaire le découpage du paysage en plusieurs zones cloisonnées. Les ravins encaissés, les oueds pratiquement en crue permanente durant l’hivernage et les affleurement caillouteux et rocheux sont autant de facteurs qui condamnent cette commune à ne connaître que le sort que lui réserve la nature c’est-à-dire l’enclavement.

Les pistes de desserte communale peuvent être schématiquement décrites dans une perspective où elles font partie intégrante des pistes régionales traversant pratiquement toutes les communes et reliant la majorité des localités. Trois axes majeurs traversent la commune de Tektaké et desservent la majorité des ses localités qui ne sont pas aussi distancées les unes des autres. L’on constate l’axe provenant de Kankossa qui traverse la commune de Leweinat et qui pénètre l’espace communal de l’est en s’intersectant avec l’autre axe, lui aussi, majeur en provenance de Ould Yengé et qui dessert également les localités de Teydouma M’Bareck, Teydouma Peul, Tektaké Samba N’Gouma et Tektaké Grappe.

Une autre piste traverse la commune dans sa partie sud-est et relie les localités de Teghadé Grappe et Loubeyra Ifra avec le chef lieu de commune et dont le tracé connaît une inflexion lorsqu’il prend sa direction vers Selibaby. Des pistes primaires sillonnent tout l’espace communal et permettent le contact permanent entre les localités mais qui sont assez souvent empruntées par les animaux et les charrettes et rarement par les véhicules. L’état lamentable des pistes combiné à l’inexistence des ouvrages de franchissement sur les principaux oueds accentue davantage l’isolement d’une grande partie du territoire communale durant l’hivernage.

Services sociaux de base

Education

Situation scolaire et état des infrastructures

La commune de Tektaké ne compte que des écoles primaires. Le recensement issu des résultats de l’enquête a révélé l’existence de 16 écoles (ce chiffre englobe les écoles endommagées ou détruites à la suite de pluie diluviennes de l’hivernage passé).

Il faut, cependant, souligner que les petites localités situées au voisinage de gros bourgs envoient leurs enfants se scolariser dans les écoles de ces bourgs.

Ce partage des infrastructures est illustré par les enfants de Ehl Boubacar, Ehl Matallah, Ehl Lakhal, et Ehl Sidi Ahmed N’Gui qui sont accueillis dans l’école de Tektaké très proches de leurs villages.

La même chose est également constatée au niveau de Ehl Abeidy dont les enfants sont scolarisés à l’école de Zagré.

Souvent quand les écoles sont situées à équidistance entre plusieurs localités, leurs enfants bénéficient de services fournis par ces écoles.

Ce phénomène de regroupement est très bénéfique et permet la création d’affinités entre générations appartenant à un même territoire, de même qu’il réduit les dépenses publiques et améliore l’état d’accès aux services éducatifs à travers une plus grande couverture et une atténuation des effets liés à la dispersion des localités dans l’espace communal.

La plupart des écoles de la commune, d’après les résultats de l’enquête, ont été construites dans la décennie 90, date à laquelle l’Etat avait placé dans ses priorités la généralisation de services de l’éducation sur toute l’étendue nationale avec pour objectif d’atteindre l’accès universel aux services sociaux de base.

Dans le cadre de la mise en place de ce programme d’envergure, l’Etat avait lancé les projets Education V et VI et alloué de ressources budgétaires au Fonds Régional de Développement afin de concrétiser cette ambition.

Le type de construction de la majorité des écoles est en dur, ce qui montre clairement les traces de l’intervention étatique dans ce domaine.

Néanmoins, la construction de type précaire demeure présente dans la commune notamment dans les localités suivantes :

Loubeyra Ifra, Zagré, Teydouma peulh, et Seydou Tabara. Les populations se plaignent du fait que l’hivernage passé a eu pour conséquence majeure la destruction des écoles construites en banco et revendiquent la construction de nouvelles classes capables de résister aux intempéries climatiques.

Le niveau de scolarisation

D’après les résultats de l’enquête, l’effectif des inscrits s’élève à 1433 élèves repartis dans les 49 salles de classe, ce qui donne approximativement un effectif de 30 élèves par classe.

On peut constater que cet effectif suit une échelle de variation trop large allant de 11 élèves par classe à Teydouma peulh à plus de 48 élèves à Tektaké.

Soulignons tout de même que la moyenne se situe au niveau de 30 élèves par classe pour toute la commune. Cette moyenne soulève un grand paradoxe et révèle de grandes disparités dans les capacités d’accueil de ces infrastructures reparties entre les localités.

Autre originalité de cette commune est que le taux de fille inscrit est nettement supérieur à celui des garçons dans la commune.

Il existe toutefois des disparités entre les localités comme celles qui existent à Teydouma peulh où la proportion de filles par rapport aux garçons est déséquilibrée de 2 à 1.

Plus des deux tiers des élèves sur l’effectif total sont inscrits dans les localités suivantes : Tektaké grappe, Teydouma Ehl M’bareck, et Tektaké Samba N’gouma.

En réfléchissant sur l’effectif des inscrits au niveau communal, l’on remarque toutefois un équilibre très accusé entre le taux de fille et celui des garçons, ce qui confirme la tendance déjà mise en évidence.

La DREF, selon les sources de notre enquête qui sont à prendre avec circonspection, a doté la commune de 36 enseignants ayant en charge de dispenser les cours de l’enseignement primaire au titre de l’année scolaire 2002-2003.

Le nombre d’enseignants affectés comparé à celui des élèves et des classes met en évidence l’écart qui existe entre les classes et enseignants et le ratio très contrasté entre les inscrits et enseignants qui est de 1 enseignant pour 40 élèves.

Bien qu’acceptable au regard de normes éducatives, ce taux reste en deçà de l’idéal et peut influer négativement sur la qualité de l’enseignement dispensé.

Seul les deux écoles fondamentales de Teghadé et Tektaké disposent de six divisions pédagogiques et proposent, par conséquent, un cycle complet d’enseignement primaire (nombre suffisant de classes en plus d’enseignants disponibles)

Pour le reste des écoles communales, le nombre de classes avec celui d’enseignants empêche d’envisager un cycle complet et conduire à réfléchir sur la nécessité d’adaptation des horaires de classes en rapport avec les disponibilités des instituteurs.

On peut conclure en disant qu’aucun établissement d’enseignement secondaire, n’existe pas dans la commune. Les élèves ayant obtenu leurs diplômes d’accès au collège doivent envisager l’éventualité d’un séjour dans le chef-lieu de Moughataa pour la poursuite de leurs cursus secondaires.

Tableau 5: Education dans la Commune de Tektaké

La santé

La commune de Tektaké compte un seul poste de santé de construction dite précaire (en semi- dur ) situé au chef-lieu de commune Tektaké.

S’il est vrai que ce poste draine les populations dans un rayon variant entre 5 à 6 km autour de Tektaké et notamment au sein de sa grappe, il n’en demeure pas moins vraie que les souffrances sont quotidiennes au niveau des autres localités par suite du manque de soins élémentaires et les difficultés liées à l’accès aux services sanitaires de base. Soulignons que ce poste est mal équipé et le matériel de petite chirurgie de même que celui de pansement et d’accouchement font cruellement défaut au niveau du poste. A cela s’ajoute le manque de chaîne de froid. Le personnel médical est composé uniquement d’un infirmier médico-social qui assure les prestations de soins primaires ainsi que les autres types d’intervention.

L’insuffisance de soins élémentaires de santé est patente dans la commune qui compte une population nombreuse, et soulève un problème essentiel qui est celui de l’accès universel aux services sociaux de base.

Il existe un dépôt pharmaceutique dont la diversité de médicaments laisse à désirer. Même si les médicaments au niveau du dépôt sont vendus à un prix bon marché et à la portée de toutes les bourses, certaines couches vulnérables ne peuvent toujours pas y avoir accès.

Le système de fonctionnement de ce dépôt est basé sur la logique de recouvrement de coûts mis en place par l’UNICEF en collaboration avec les services technique du MSAS et qui présente de caractéristiques positives mais ne peut pas se perpétuer que quand il concerne une masse démographique importante.

On note que l’infirmier ne remet pas en cause la durabilité du système, il parle, néanmoins, d’une fréquentation très faible du poste et cela s’explique aisément par la faible utilisation du service, et en d’autre terme, les gens qui acceptent de se faire consulter et soigner au niveau du poste du Tektaké sont très limités peut être parce qu’ils ressentent une inquiétude vis-à-vis de la qualité du service. Il faut souligner, par ailleurs, que les soins de santé reproductifs sont absents. De même, l’enquête a permis de recenser 2 accoucheuses traditionnelles au niveau de toute la commune et qui n’ont cependant pas bénéficié d’aucune formation qualifiante dans le domaine de soins reproductifs.

Par conséquent, la situation sanitaire demeure préoccupante et nécessite la mise au point de stratégies d’intervention autre que celles mise en œuvre classiquement par les structures onusiennes et étatiques.

Il faut enfin souligner que la couverture sanitaire est faible, ce qui ne manquera pas d’engendrer des conséquences graves liées à la propagation de maladies fréquentes dans la zone particulièrement le paludisme, les diarrhées et la bilharziose.

Tableau 6 : Les infrastructures sanitaires

L’eau

Au-delà de l’insuffisance d’études portant sur les ressources hydriques de la zone, il est facile de constater un manque notoire des infrastructures hydrauliques sur toute l’étendue du territoire de la commune de Tektaké.

Ce déficit se répercute négativement sur le taux d’accès à cette première nécessité réduisant du coup les perspectives du développement socio-économique à la portion congrue.

En fait, les résultats de l’enquête révèlent l’état catastrophique dans lequel se trouvent la plupart d’équipements hydrauliques et le taux extrêmement réduit de couverture des besoins en eau.

La commune dispose de trois forages équipés de pompe à motricité humaine dont deux sont incapables de couvrir les besoins, 21 puits dont 7 dans un mauvais état, de centaines de puisards, dizaine de marigots et mares, 9 sources d’eau disséminées à travers l’espace communal.

Les ressources en eau de surface sont, fort heureusement, les seuls garants d’une alimentation humaine et animale en période de grave pénurie et constitue une soupape de sécurité contre une soif généralisée dans la commune.

L’eau potable

Les nombreux ouvrages évoqués ci-dessus servent aussi bien à l’alimentation humaine qu’animale.

La réalisation de ces ouvrages est rendue possible grâce aux initiatives villageoises, et dans une moindre mesure, à l’intervention de Programme d’Hydraulique Villageoise et Pastorale ainsi que celle de Fonds Régional de Développement.

Il est notable en revanche de souligner que malgré les interventions sus-mentionnées, le taux de couverture de besoins en points d’eau moderne des localités de la commune reste faible.

C’est ainsi que l’on constate que les localités Zaghré, Teydouma peulh, Chelkhet lehkim, et Moutaalag ne disposent d’aucun point d’eau moderne et font recours à l’eau de marigots pour s’approvisionner.

De même les localités disposant de points d’eau s’exposent à une vague de soif qui est due à la diminution des débits et au rabattement du niveau de la nappe.

C’est le cas de Teydouma Ehl M’bareck, Beneemane, Seydou Tabara, et Teydouma peulh. Dans d’autres cas, les besoins sont difficiles à couvrir du fait de la diminution progressive de débits. Ce phénomène est connu sous le nom de tarissement qui s’aggrave pendant la période chaude et expose les populations à la soif quasi-générale.

Ce cas est illustré par les localités de Tektaké grappe, Teydouma peulh, Teydouma Ehl M’bareck, qui comptent respectivement 1200 personnes, 360 et 1400 soit 36.5% de la population communale.

La situation est d’autant plus préoccupante que la plupart des infrastructures sont en mauvais état, et nécessitent une grande campagne de réhabilitation et qui ne devrait plus attendre.

Il est à souligner que la majorité des localités a placé en première priorité la résolution du problème de l’eau, et partant, l’amélioration de l’accès à cette première nécessité vitale.

Les caractéristiques physiques, chimique et bactériologique de l’eau consommée par les populations n’est pas soumise à une analyse rigoureuse, et certaines études révèlent que le taux de salinité est très élevé dans certains puits de même que la salubrité des eaux est sujette à caution, ce qui conduit à considérer l’eau consommée comme étant l’un des vecteurs de propagation de maladies notamment la diarrhée et la bilharziose au cours de l’hivernage.

L’eau agricole et pastorale

Au cours de l’hivernage, les eaux de surface (mares, marigots, et les autres sources (Irigi) servent à l’alimentation du bétail.

Avec l’épuisement des eaux de surface, les éleveurs procèdent, conforment à l’usage traditionnel, à creuser de puits de surface dans les lits d’oueds pour fournir de l’eau au cheptel.

Ces puisards sont de construction précaire, et destinés, semble-t-il, à couvrir les besoins en eau du cheptel au cours de la période chaude et sèche.

Hormis quelques puits maraîchers très réduits en nombre, il est malheureux de constater l’inexistence d’un quelconque ouvrage de maîtrise de l’eau sur l’étendue de la commune, ce qui représente une contrainte qui pèse lourdement sur le développement de l’activité agricole dans la commune et menace sérieusement d’ébranler les calendriers culturaux en année de déficit pluviométrique

Tableau n° 7 : Les Ressources Hydriques de Tektaké

La commune

Processus de décentralisation et transfert des compétences

Dans le cadre du processus national de décentralisation lancé depuis 1987 et qui avait pour objectif de transférer certaines compétences- qui relevaient classiquement du domaine de l’Etat- aux collectivités locales, la commune de Tektaké fut crée en vertu du décret n°88-187 du 6 décembre 1988 portant création et organisation des communes rurales du Guidimagah. Cette politique prônée et diffusée par l’Etat s’inscrivait dans une stratégie, sur le long terme, qui était de responsabiliser les collectivités en leur déléguant des tâches liées à la gestion de services publics, d’aménagement du territoire et de planification des actions de développement de manière concertée avec leurs administrés.

Sans doute, une grande question se posait à l’époque et qui portait essentiellement sur les capacités techniques, humaines et financières de ces collectivités nouvellement crées de prendre en charge les attributions qui leur sont déléguées.

La commune de Tektaké, à l’image des autres communes, était restée longtemps sans aucun rôle à jouer dans le cadre du processus de développement local. Plutôt, son rôle se limitait uniquement à la tenus des registres d’état civil. Soulignons, au passage, que la commune faisait face à des difficultés trop diverses qui entravaient et restreignaient considérablement son champ de compétences1.

Ressources humaines 

L’organe municipal se compose de 15 conseillers municipaux. Son rôle, outre qu’il s’agit de la gestion des services publics, porte principalement sur la définition des options en matière d’aménagement et du développement du territoire de la commune.

Le maire est secondé par deux adjoints tandis que le secrétaire général se charge de la gestion des affaires courantes.

Le degré de représentativité de localités constituant la commune est manifeste au sein du conseil municipal et sur les 14 grappes de localité et localités 11 sont représentés dans le conseil municipal (voir le tableau ).

Nous avons, par ailleurs remarqué l’existence au sein des conseils villageois d’interlocuteurs qui assurent la coordination et rehaussent le niveau de concertation avec les conseillers municipaux, et cela met en évidence l’esprit de coopération et de collaboration qui règne dans la commune, et renforce davantage le climat d’entente nécessaire à la conjugaison des efforts en matière de mise en œuvre des actions de développement.

Ressources financières

Depuis la création des communes en 1987, les capacités financières qui sont fonction des recettes fiscales et des subventions de l’Etat étaient fortement limitées sinon inexistantes.

Le fait que ce pouvoir financier soit limité résulte directement de la faiblesse des capacités de recouvrement et du degré du développement socio-économique- lui-même fonction de l’existence d’infrastructures structurantes et opérationnelles dans la commune- car il va de soi que plus le niveau d’équipement est élevé plus les recettes recouvrées sont conséquentes et plus grande seraient les chances de développement de l’institution communale.

La commune de Tektaké n’échappe pas à la règle et se trouve confrontée à des déficits financiers en raison des écarts qui existent entre les deux budgets prévisionnels et réels.

En fait, le budget prévisionnel de la commune en 2003 était estimé à 2.600.000 UM alors que le budget réel ne s’élevait qu’à 61.5% de celui-ci, soit l’équivalent de 1.600.000 UM.

Cet écart s’explique aisément par le fait que le taux de recouvrement est faible et les régisseurs chargés du prélèvement des taxes sont inexistants.

A cela s’ajoute également le refus des populations de s’acquitter des impôts et taxes communales diverses.

Le budget communal se compose de deux types de recettes : 1-les taxes imposées sur les habitations, sur l’exploitation de ressources naturelles, sur les activités économiques, et 2- les subventions de l’Etat.

Toutes ces ressources budgétaires sont destinées à faire fonctionner la machine communale et à mettre en place des infrastructures de base nécessaires à la satisfaction des besoins sociaux en matière de l’éducation, de la santé et de l’eau potable.

Désormais, le Fonds Régional de Développement est placé sous contrôle de l’autorité communale qui en définit le mode de gestion et en détermine les quotas d’investissement affectés aux équipements communaux.

En conclusion, les ressources financières allouées à la commune, sont dorénavant susceptibles de promouvoir l’action communale en matière de gestion de services publics, du développement et de l’aménagement du territoire communal.

Tableau 11 : Liste du conseil municipal de la commune de Tektaké

Les structures d’appui intervenant ou ayant eu à intervenir dans la commune

A l’instar de la commune de Leweinat, les villages de Tektaké bénéficient d’un soutien multiforme provenant de structures d’appui qui cherchent à travers interventions de réduire l’impact de la pauvreté sur les populations locales.

En effet, la question qui se pose maintenant est de savoir : dans quelle mesure les interventions sont-elles suffisamment harmonisées et quel est le degré de mobilisation des bénéficiaires et comment est-ce qu’il est possible d’adopter une formule pratique assurant d’un coté l’implication des bénéficiaires et de l’autre la coordination entre les différentes interventions éventuelles au niveau de chaque village ?

Ces questions parmi tant d’autres remettent en cause la pertinence des types d’intervention constatés dans cette commune et soulignent la nécessité d’harmoniser ceux-ci.

En fait, les résultas de l’enquête démontrent l’existence d’une multitude de structures gouvernementales ou non gouvernementales, ayant intervenu ponctuellement dans les différentes localités en matière de développement.

Parmi ceux- ci nous nous limitons à citer :

  • GTZ : Coopération Technique Mauritano-Allmende en phase d’étude dans son projet de Gestion Collective des Ressources Naturelles au Guidimagha.

    Selon les résultats de nos enquêtes, la GTZ dans sa campagne de sensibilisation et d’information conduite auprès des habitants de la commune n’avait touché que trois localités : Tektaké grappe, Teghadé grappe et loubeira ifra.

  • GRDR : Groupe de Recherche et de Réalisation pour le Développement Rural, ONG internationale française basée à Selibaby.

    Il a intervenu dans la localité Tektaté Ferlo en faisant don de semence avec des matériaux de clôture au profit de la coopérative du village.

  • Projet Education V : projet du Ministère de l’Education Nationale, ayant intervenu dans les villages de Tektaké, Teghadé, Teydouma peulh, teydouima ehl m’bareck, Tekaté Ferlo, Benneemane, Hsey Lehmar, et Tektaké Samba N’gouma dans le cadre de la construction de salles de classe pour l’enseignement fondamental dans les villages.
  • Doulos : ONG internationale exerçant dans le domaine du micro crédit en matériel agricole (charrues, barbelés, grillages), en semences et en équipements sanitaires (moustiquaire). Les villages ayant bénéficié de contrat location vente sont les suivants : Tektaké, Loubeyra Ifra, Teydouma Ehl M’bareck, Tekaté Ferlo, Tektaké Samba N’gouma, chelkhet Lehkim, et Moutaalag peulh.
  • Commune de Tektaké: relation administrative qui concerne, généralement, l’établissement d’actes de naissance pour les habitants de la commune.
  • CSA( Commissariat à la Sécurité Alimentaire) : ayant intervenu dans le cadre de distribution de vivres aux villages suivants : Teghadé grappe et Tektaké grappe.
  • DRPSS : Direction Régionale de la Protection Sanitaire et Sociale ayant intervenu et intervenant régulièrement dans le cadre de la campagne de vaccination contre les maladies infantiles (R.P.C) et par le don de tamis pour filtrer les eaux de boisson, et ceci dans tous les villages à l’exception de Hsey Lehmar.
  • PADEL : Projet de Gestion de Parcours et de Développement de l’Elevage ayant intervenu par le biais du FNEM dans le cadre de la vaccination du cheptel sur demande des villageois et après avoir payé les frais de déplacement et de soins.
  • Coopération Mauritano- Nippone  : ayant intervenu à Hsey Lehmar et Teydouma Ehl M’bareck dans le cadre du financement de forages et de don d’équipements hydrauliques.
  • Ministère de l’Hydraulique et de l’Energie : ayant intervenu dans la construction de puits pour l’alimentation en eau potable dans les localités suivantes : Teydouma peulh, Loubeyra Ifra, Hsey Lehmar, et Seydou Tabara.
  • Nissa Banque : dont la représentante se trouve à Ould Yengé intervient dans le cadre de l’octroi de crédits aux coopératives féminines reconnues. Une seule coopérative du village Teydouma Ehl M’bareck a bénéficié de ce crédit.
  • Fonds Régional pour le Développement et Wilaya : relation de dépendance administrative et construction de salles de classe et un puits respectivement aux deux villages de Tektaké et Teghadé.
  • DOULOS Programme Nutrition-Santé  (PNS) : ouverture d’un centre de nutrition pour les enfants à Teydouma peulh
  • Secrétariat d’Etat à l’Alphabétisation et à l’Enseignement Originel : intervenant dans les villages dans le cadre de la lutte contre l’analphabétisme par la mise en place de salles et la disponibilisation d’alphabétiseurs.

    Il a intervenu dans les deux villages suivants :Tektaké et Teghadé

  • Groupe de Recherche et d’Echange Technologique (GRET) :

    Son intervention a été signalée dans la localité de Tektaké Samba N’gouma. Cette intervention portait sur la construction d’un puits en étroite collaboration avec les villageois.

  • UNICEF : son intervention est multiforme et porte aussi bien sur l’appui financier aux associations d’élèves pour le maintien du niveau de scolarisation que le don du matériel didactique et scolaire, le don des charrettes aux ménages, le grillage, sachets polyéthylènes au profit des coopératives.

    Les villages ayant bénéficié de ces interventions sont : Tektaké, Teghadé, Teydouma Ehl M’bareck, Tekaté Ferlo, Hsey Lehmar et Seydou Tabara.

  • Projet Italie : ayant intervenu dans le cadre de fonçage d’un puits à Tekaté Ferlo.
  • Programme Alimentaire Mondiale (PAM) : Son intervention a été signalé dans les villages suivants :Teghadé et samba n’gouma. Cette intervention s’est focalisée sur la mise en place de cantines scolaires opérationnelles.
  • Ministère du Commerce : signature d’un accord de construction d’une petite auberge avec le village de Teghadé.

Tableau 10 : les structures ayant intervenu de manière ponctuelle dans les différentes localités de la commune.

Dynamique organisationnelles

Structuration spécifique interne

L’organisation des communautés rurales de la zone répond à des logiques et impératifs de survie, le milieu étant très hostile et défavorable au développement des activités humaines.

Dans l’organigramme des communautés rurales, l’on constate souvent un conseil villageois, dont les membres appartiennent au même lignage ethnique autour duquel gravitent de multitude de structures s’intégrant parfaitement dans un tissu de relation complexe et traduisant une forte cohésion à l’intérieur.

L’assemblée villageoise se charge de la gestion des affaires courantes, la coordination des actions projetées dans le village, la surveillance du pourtour villageois, la prévention et le règlement des conflits opposant les ressortissants du village ou les membres des autres communautés rurales.

Il est notable de souligner que la prise de décision se fait au niveau de l’assemblée villageoise -clé de voûte du système- dans laquelle siègent les principaux acteurs villageois et les figures emblématiques.

Les autres structures s’occupent principalement des activités pratiquées à l’échelle villageoise ( élevage, agriculture, artisanat) et participent à l’exécution d’actions profitant à l’ensemble du village.

Il est difficile, en revanche, de parler de « l’institutionnalisation » de ce système qui demeure très spécifique aux villages de Tektaké comme c’était, d’ailleurs le cas, de Leweinatt.

De même, on a constaté quand on a voulu pousser le diagnostic plus loin que l’homogénéité ethnique rende plus facile l’identification des villageois à tel ou tel conseil.

En bref, les impératifs de l’intérêt collectif, le sort commun, et la sauvegarde de la cohésion sociale, sont autant de facteurs qui nécessitent qu’il y ait spontanément- sans que cela soit sous-tendu par une volonté émanant d’une profonde réflexion-de formes de structuration à l’intérieur du village ayant pour finalité de veiller tantôt sur le cheptel, tantôt sur les zones de culture et ressources et parfois sur le vécu quotidien.

N’oublions pas cependant de souligner que certaines localités à Tektaké échappent à cette règle et sont régies par des chefs de village qui accaparent la décision.

D’autre part, cette forme de structuration est perceptible dans les villages dont les noms commencent par Ehl. Il en est de même pour les villages à dominante peulh et met en évidence l’extraordinaire esprit de discipline chez les nomades villageois.

La dynamique associative

Les associations villageoises

Elles sont nombreuses et dynamiques et s’investissent dans des activités variées : l’élevage, le petit commerce, le commerce du bétail…. etc.

Il convient de noter que les associations recensées dans les villages de Tektaké relèvent d’une forme d’organisation qui rejoignent celles susmentionnée mais spécialisées toutefois dans des domaines spécifiques.

Les associations de jeunes et d’élèves, selon les résultats de l’enquête, sont au nombre de 11 reparties entre les localités suivantes : Tektaké, Teghadé, loubeira ifra, Teydouma peulh, Teydouma peulh, Teydouma Ehl M’bareck, Tekaté Ferlo, Tektaké semba n’gouma, et Seydou Tabara.

La date de création de la majorité de ces associations remonte à la fin de la décennie 90. En outre, elles représentent la cheville ouvrière en ce sens qu’elles participent à la mise en œuvre des actions collectives : construction de maisons, travaux agricoles.

Les associations s’adonnent également à des activités spécifiques telles que le commerce du bétail, le petit commerce et cherchent à rentabiliser leurs activités.

Il faut remarquer que les membres de ces associations de jeunes mettent leurs services à la disposition de tous les employeurs villageois de même qu’ils font de prestation de services et ce phénomène demeure exclusivement spécifique aux villages peulhs.

Les localités de la commune de Tektaké, à la différence de celles de Leweinatt, se caractérisent par une forte concentration des associations agropastorales qui ont été crées à la suite de l’intervention de la Fédération Nationale des Eleveurs de Mauritanie.

La date de création de ces associations varie entre 2000 et 2002 et elles sont affiliées à la FNEM et entendent rationaliser le secteur de l’élevage à travers l’amélioration de l’entretien vétérinaire, la sauvegarde des pâturages, la protection du milieu naturel et la gestion de parcours pastoraux.

Ces associations sont fréquentes dans les villages suivants : Teghadé grappe, Teydouma Ehl M’bareck, Chelkhet Lehkim.

En outre, il n’existe qu’une seule organisation non gouvernementale implantée à Tektaké. Elle a pour domaine d’intervention : la lutte contre la pauvreté, la protection de l’environnement et le développement en général.

La zone d’intervention de cette ONG est la commune de Tektaké ainsi que les autres communes voisines. Reconnaissons que cette ONG n’a eu, jusqu’à présent, l’occasion de travailler sur le terrain faute de moyens humains et financiers.

Les groupements traditionnels (tontines)
 

Ils ne sont pas nombreux dans les villages de la commune et se caractérisent par leurs capacités de création de fonds sur la base de cotisation de différents membres.

Ces fonds sont destinés au financement d’activités à l’échelle micro au profit des membres à tour de rôle. Les investissements réalisés avec les fonds permettent de dégager des bénéfices dont une partie est destinée à agrandir le fonds, le reste étant partagé par tous les membres suivant des formules variables d’un groupement à un autre.

Ces formes d’organisation sont très répandues dans les villages peulhs : Teydouma peulh, Tektaké Samba N’gouma pour ne citer que celles-là.

Tableau 8: Associations villageoises dans la commune de Tektaké

Les organisations professionnelles

Ces organisations ne sont pas très rodées en matière d’impulsion des actions de développement, la mise en œuvre autonome, et la gestion correcte des activités économiques mises en place.

Le spectre, et l’étendue de leur action ne sont pas trop large du fait de la conjonction de facteurs suivants :

  • Insuffisance de moyens humains, financiers et techniques
  • L’inexpérience et l’absence de prise de conscience chez les membres
  • Les perspectives non prometteuses de leurs activités sur le marché local
  • L’adversité du milieu et l’environnement économique défavorable.
Coopératives professionnelles 

Elles sont dynamiques et développent la pratique maraîchère dans toute sa dimension commerciale. On note cependant que le maraîchage reste l’apanage de femmes rurales qui se structurent autour de cette activité pour la rendre plus efficiente et bénéfique.

Les jardins maraîchers très fréquents dans les villages de la commune sont les lieux de prédilection de cette pratique et témoignent de l’engouement croissant des villageoises pour les produits maraîchers.

Malgré l’absence de structures d’appui en matière de formation technique, les difficultés liées à l’approvisionnement en intrants agricoles, et la faiblesse de moyens mis en œuvre, les membres de ces coopératives fournissent des efforts considérables pendant la contre saison froide afin de faire une campagne maraîchère dont les produits serviront aussi bien à l’alimentation quotidienne qu’à la réalisation de bénéfices par la commercialisation du surplus de production.

Les coopératives sont recensées dans toute la commune à l’exception du village de Beneemane. On note cependant que les coopératives de la grappe de Tektaké, de Teghadé et de Teydouma Ehl M’bareck sont polyvalentes et leurs domaines d’activités variées : le maraîchage, la culture de henné, la culture pluviale, l’artisanat et le petit commerce.

L’effectif de coopératives de ces trois localités représente, à lui seul, près de 55.54% de l’effectif total (voir le tableau .) On souligne également que la multiplication des coopératives a commencé à être marquant dès la fin de la décennie 90 lors de l’intensification des interventions des organismes et projets de développement.

Les formes d’organisation et de structuration constatée dans certaines localités de la commune sont le signe encourageant d’une prise de conscience généralisée de la nécessité de regroupement autour d’activités et d’une mise en commun des efforts afin de parvenir au meilleur résultat.

Les structures intervenantes en matière d’appui et de formation sont pour beaucoup dans l’émergence de cette culture de coopération et d’association que connaît la commune de Tektaké. Rares sont, cependant, les coopératives qui disposent d’une adhésion aux autres unions et fédérations de coopératives que ça soit à l’intérieur ou à l’extérieur de la commune.

Il convient de souligner l’existence d’une union de coopérative basée à Tektaké qui regroupe 13 coopératives locales.

Cette union est de création récente et elle a pour principales activités : l’artisanat, le maraîchage, et le petit commerce.

Actuellement, il est difficile de parler de l’existence des réseaux ou fédérations au niveau communal, car le niveau d’organisation et de maîtrise de gestion au sein même des coopératives existantes laisse à désirer. Il faut reconnaître que les réseaux d’organisation de producteurs et les fédérations de toute sorte sont quasiment inexistants.

Le paysage du tissu associatif actuel dans la commune est très varié et permet d’espérer désormais une plus grande implication et une prise en charge des actions de développement impulsées au niveau local.

Ces structures représentent une base solide sur laquelle peut s’appuyer la définition, et la mise en œuvre des actions inscrites dans les programmes d’intervention de différents organismes de développement.

Tableau 9: Les coopératives1 dans la commune de Tektaké

Synthèses des potentialités, contraintes et solutions

Agriculture

Potentialités
  • Un immense potentiel en terre cultivable
  • Une main d’œuvre active et prête à se lancer dans l’activité agricole
  • Diversification de l’activité agricole : phoeniciculture, pratique maraîchère, fruiticulture, henné.
Contrainte
  • Absence quasi totale des ouvrages opérationnelle de retenue d’eau de surface
  • Manque d’outillages, matériels et intrants de production
  • Divagation des animaux dans les champs cultivés
  • Les ravages causés par les déprédateurs de culture et autres attaques parasitaires
  • Manque de l’eau dans les jardins maraîchers
  • Faible niveau de maîtrise de techniques de production agricole
  • La désorganisation de circuits commerciaux de produits agricoles notamment les produits maraîchers, fruitiers, et de henné
  • L’absence d’introduction et d’utilisation de semences recommandées pour tous les types de culture
Solutions
  • Réhabilitation et construction de puits, ouvrages de retenue d’eau de surface
  • Octroi du matériel horticole, outillage, intrants agricoles
  • Clôture des terres cultivées ( mise en place des unités de fabrique de grillage)
  • Amélioration de moyens de lutte contre les ennemis de cultures
  • Mise en place de circuits commerciaux pour les produits agricoles
  • Formation sur les techniques culturales maraîchères
  • Introduction de nouvelles variétés adaptées aux différentes saisons de l’année

Elevage

Potentialités
  • Effectif de cheptel important et diversifié (bovins, ovins, caprins )
  • Pâturage abondant riche en arbustes et herbes dans la partie sud-est du territoire communal
  • Les sous produits animaux représentent un créneau porteur permettant la réalisation de grands revenus.
Contraintes
  • Surpâturage de terroir villageois par suite de l’envahissement des troupeaux transhumants
  • Insuffisance de points d’abreuvement pour le bétail
  • Manque d’infrastructures (parc de vaccination, abattoir, pharmacies vétérinaires, hangar de stockage aliment bétail)
  • Absence quasi totale de l’assistance technique
  • La menace des prédateurs (hyène, chacal)
  • L’irrégularité spatio-temporelle et l’insuffisance des précipitations
  • Faible niveau de production animale ( en viande et en lait et dérivés) : élevage extensif
Solutions
  • Mise en défense de parcours pastoraux (création de réserves pastorales )
  • Construction de puits pastoraux pour l’abreuvement du cheptel
  • Mise en place d’infrastructures telles que parc de vaccination, pharmacies vétérinaires, hangar de stockage aliment bétail
  • Formation d’agents vétérinaires locaux
  • Renforcement de moyens de surveillance et de contrôle autour de zones de parcage nocturne.

Exploitation des ressources forestières

Potentialités
  • Une ressource forestière relativement importante et diversifiées
  • Accessibilité offerte à tous les exploitants
  • Intervention potentielle de GTZ dans le cadre de son projet Gestion Collective de Ressources Naturelles.
Contraintes
  • Insuffisance de revenus provenant de l’exploitation de ressources forestières
  • Dégradation progressive de ressources ligneuses et du couvert arbustif par suite de l’abattage abusif, du charbonnage, de la pression du cheptel et de feux de brousse
  • Concurrence livrée par les animaux sur les produits de cueillette
  • Absence de mode de gestion approprié de ces ressources qui tient compte de la nécessité d’entretien et de régénération de celles-ci.
Solution
  • Organisation de l’activité liée à l’exploitation de ressources forestières ( de la cueillette jusqu'à la commercialisation )
  • Création de groupements de producteurs par filière (gomme, jujube, doumier etc.)

Ressources hydriques

Potentialités
  • Présence de dizaine de mares, sources et autres cours d’eau (marigots…..)
  • Abondance de puisards
  • La faible profondeur de la nappe phréatique (20m de profondeur)
Contraintes
  • Le mauvais état des puits, forages, diguettes, digues et barrages
  • La faiblesse de l’offre en eau potable par rapport à sa demande
  • Les longues périodes de sécheresse accentuées par la forte évapotranspiration et la mauvaise répartition spatio-temporelle de la pluie
Solutions
  • Réalisation et construction d’ouvrages hydrauliques satisfaisant les besoins en eau potable, pastorale et agricole.

Artisanat

Potentialités
  • Le grand nombre de femmes qui s’adonnent à l’artisanat
  • Le grand savoir-faire traditionnel dont dispose les femmes membres des coopératives
  • Les produits artisanaux sont très appréciés localement et ne souffrent pas du manque de débouchés commerciaux
Contraintes
  • Manque de formation technique dans les domaines suivants : le tissage, tricotage.
  • Sous qualification en matière de gestion et d’organisation d’activités artisanales.
  • Limitation de moyens financiers pour promouvoir certaines filières artisanales vannerie, savonnerie, décoration d’objets, couture.
  • Difficulté d’approvisionnement en matière première
  • Manque de matériel et d’équipements modernes
Solutions
  • Formation qualifiante dans les domaines suivants : Tricotage, tissage, couture.
  • Renforcement des capacités en matière de gestion, de planification et d’organisation des coopératives artisanales
  • Mise à disposition d’équipements et du matériel
  • Organisation de circuits d’approvisionnement en matières premières
  • Appui financier pour la promotion d’autres activités artisanales.

Santé

Potentialités
  • Poste de santé au chef-lieu de commune muni d’un dépôt pharmaceutique
  • Un infirmier assurant les soins primaires
  • 2 accoucheuses traditionnelles.
Contraintes
  • Déficit d’infrastructures sanitaires dans la commune
  • Manque d’équipement dans le seul poste de santé dont dispose la commune
  • Problème d’accessibilité des autres localités de la commune à ce poste dû à l’éloignement et à la dispersion des villages.
  • Faible niveau de prise de conscience de l’intérêt vital de la médecine par les communautés rurales dans la commune de Tektaké.
Solutions
  • Mise en place de poste de santé et leurs équipements
  • Formation d’accoucheuses traditionnelles et d’agents auxiliaires locaux
  • Sensibilisation et information en vue d’inciter les villageois à croire à l’efficacité de la médecine moderne

Education

Potentialités
  • Conviction réelle des communautés rurales de la nécessité de scolarisation de leurs enfants
  • Un nombre d’élèves par classe non pléthorique respectant les normes de l’éducation nationales
  • 1433 élèves scolarisés dont 51.5% des filles
  • Association de Parents d’Elèves organisées et fonctionnelles
Contraintes
  • Inexistence d’infrastructures éducatives au niveau de certaines localités.
  • Manque d’équipements quasi systématiques ( mobiliers et fournitures scolaires)
  • Ratio faible d’enseignants par rapport aux élèves et aux salles de classe
  • La grande dispersion des villages qui constitue une équation sur le choix de sites de réalisation d’infrastructures scolaires.
Solutions
  • Mise à disposition d’équipements scolaires
  • Construction d’écoles dans les villages qui n’en disposent pas
  • Affectation d’un nombre suffisant d’enseignants dans les écoles de la commune

Organisations socioprofessionnelles

Potentialités
  • 49 coopératives professionnelles polyvalentes.
  • Un effectif de coopératives relativement énorme et prêt à agir.
Contraintes
 
  • Sous-qualification qui caractérise les membres des coopératives dans les domaines suivants :
  • Confection du grillage, savonnerie, techniques maraîchères, cueillette, tissage et tricotage
  • Manque de compétences en matière de gestion comptable
  • Inexistence de sources de financements pour l’appui financier aux activités féminines
  • L’analphabétisme chez la majorité des membres des coopératives
  • La précarité des conditions de vie des groupes constituant l’essentiel de l’effectif des coopératives.
  • Manque des outils de production (outils, outillage et équipements des ateliers artisanaux)
  • Dynamique associative faible dans une portion de la commune.

Organisation institutionnelle

Potentialité
  • Existence de la commune avec des compétences bien définies en matière de gestion des services publics, l’aménagement du territoire et le développement local.
  • Degré de concertation et de collaboration encourageant à l’échelle inter villageoise.
Contraintes
  • L’inexistence d’un bâtiment pouvant servir de siège pour la mairie.
  • Le manque de mobiliers et d’équipements dans le bâtiment municipal.
  • Le nombre insuffisant du personnel municipal qui limite considérablement le champ d’action de la commune en matière de collecte de taxe et de prestation de services au bénéfice des administrés.
  • Le manque notoire de ressources financières chez l’autorité municipale.
  • L’inexpérience de la plupart des membres du conseil municipal en matière de gestion, de planification et d’organisation des activités s’inscrivant dans le cadre de leurs attributions.
  • L’inexistence de jumelages et autres types de partenariat entre la commune et les structures d’appui extérieures ou intérieures.
  • La participation limitée de la commune en matière de mise en œuvre d’actions de développement réduit l’aura, l’audience et la reconnaissance de celle-ci dans l’esprit des administrés
Solutions
  • Construction du siège social de la mairie et son équipement ;
  • Mise en place des infrastructures publiques relevant de la responsabilité de la commune ;
  • Formation des membres du conseil municipal.

Hiérarchisation de contraintes

Principe

Après avoir effectué dans chaque localité la pyramide1 de problème, qui nous renseigne sur les problèmes des villageois par priorité et en cadrant tous les problèmes dans les domaines appropriés, nous avons pu réalisé un tableau à 13 colonnes ( constituant les domaines de contraintes) et 14 lignes ( constituant les localités ).

Il s’agit, alors, d’une pondération : un problème cité en première position est cadré dans son domaine propre et affecté de la note 11, le suivant aura la note immédiatement inférieure et