ONG Terre Vivante

ONG Terre VivanteRapports AnnuelsRapport de 2004Prévention du SIDA

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Rapport d'Activités 2004

Prévention du SIDA

ONG Terre Vivante

B-PREVENTION VIH/SIDA

B-1 Prévention VIH/Sida en milieu carcéral

1. Contexte et Justification

S’il est vrai que l’ampleur de l’épidémie du sida a donné lieu partout à des réponses parfois efficaces, mais souvent incomplètes, il reste cependant vrai que des actions menées çà et là demeurent insuffisantes quant à leur impact sur l’expansion de l’épidémie.

Les différentes actions d’accompagnement et de prise en charge ainsi que les campagnes de sensibilisation et de prévention contre le sida n’impliquent pas toujours toutes les populations exposées aux situations de risque, certaines couches importantes sont encore marginalisées dont les personnes privées de liberté.

Cette situation est aggravée par la nature fermée du milieu ce qui explique le défaut de données fiables et de suivi qui auraient permis une bonne appréhension des déterminants et de l’ampleur de l’épidémie du VIH en milieu carcéral. De plus, des répercussion quant au développement de l’épidémie à l’intérieur des prisons ne se limitent pas qu’au milieu carcéral puisque les chaînes de transmission par le virus du sida s’établissent de part et d’autre des murs, car les échanges entre population carcérale et population générale sont multiformes et fréquents.

Nombre de facteurs expliquent la vulnérabilité du monde carcéral vis à vis du VIH : pratiques sexuelles à risque, abus sexuels, homosexualité, partages de lames et de rasoirs, promiscuité e faiblesse des services sanitaires.

Il s’y ajoute parfois toute une gamme de situations particulières telles que la non autorisation de visites conjugales, le défaut de catégorisation des détenus et des surveillances des quartiers des femmes détenues par des hommes.

De ce fait, les détenus courent un grand risque d’infection par le VIH pendant qu’ils purgent leurs peines. Il a été établi, les détenus aussi bien les hommes que les femmes sont vulnérables du fait qu’ils sont exposés à divers abus sexuels de la part d’autres détenus et de gardiens.

Pour ces raisons précitées, le projet de prévention du VIH a été initié en collaboration avec le ministère de la justice et mis en œuvre avec le concours financier du Comité National de Lutte Contre le Sida.

2. Objectifs

Le projet vise essentiellement à :

  • Renforcer et former la population carcérale pour apporter une réponse à la prévention du VIH/SIDA dans ce milieu.
  • Contribuer par des actions et informations appropriées aux changements des comportements, attitudes et croyances négatives à la lutte le VIH/SIDA

3. Activités Menées et Résultats obtenus

Les activités menées se sont principalement axée sur la prévention par des actions de formation et de sensibilisation.

3.1 Formation

La mise en œuvre d’un programme de formation -instauré dès le démarrage du projet – avait les objectifs suivants :

Les détenus ;

  • s’approprient les valeurs telles que l’estime en soi, la confiance de soi, la solidarité humaine pour faire face à la propagation du VIH/SIDA
  • sont capables de définir le VIH/SIDA
  • sont capables de décrire le VIH/SIDA, son mode de transmission et son effet sur l’organisme
  • sont capables d’opérer une bonne communication en vue de la lutte contre la propagation du VIH/SIDA
  • son capables de réussir une séance de causerie de prévention du VIH/SIDA

Les activités de formation ont porté essentiellement sur des activités de prévention. Au total, treize sessions de formation ont été tenues au profit de 390 détenus.

3.2 Restitution/Causeries

Suite aux sessions de formation, des séances de restitution ont été organisées au profit de la population carcérale. Ces séances furent l’occasion de faire participer certains détenus qui n’avaient eu l’occasion d’une manière ou d’une autre d’assister aux sessions de formation.

Par ailleurs, ces séances on permis de rehausser le niveaux des détenus-pairs éducateurs formés pour la prévention sur la connaissance de la maladie, et les techniques d’animation lors des séances de causerie.

Conjointement aux sessions de formation, treize séances de restitution ont été menées dans l’enceinte du milieu carcéral.

B-2 Prévention communautaire du VIH/SIDA

Etant une infection transmise essentiellement par voie sexuelle, le VIH/Sida tire surtout avantage de la manière dont nous vivons notre sexualité. Puisque la recherche n’a pas été jusqu’ici, en mesure de mettre à disposition un traitement curatif ou un vaccin, la seule option dont nous disposons est la prévention qui consiste à changer les comportements qui favorisent la propagation du VIH.

C’est dans ce contexte que l’USAID en partenariat avec le AWARE a financé l’ONGTerre Vivante un projet pour la prévention du VIH/Sida dans les communes de Sebkha et El Mina pour ce qui est de la ville de Nouakchott et la commune de Rosso.

1. Stratégies

Les activités du projet s’appuient essentiellement sur le mouvement associatif (Associations Sportives et Culturelles, Groupement Féminin, Association de jeunes . . .).

Au total, 30 associations ont été impliquées dans les activités du projet à raison de 10 à Sebkha, 10 à El Mina pour ce qui est de Nouakchott et 10 à Rosso. Ces associations de diverses sensibilités ont permis de mobiliser et de toucher diverses catégories de population notamment celle la plus vulnérable au fléau en Mauritanie à savoir les jeunes, les femmes.

Pour ce qui est des supports de sensibilisation, diverses outils sont utilisée, notamment des spots images réalisés au niveau national et ou ceux du scénario du sahel traduit dans les langues locales, la bande dessinée réalisée dans le cadre du projet, témoignages, des statistiques, etc.

En ce qui concerne les focus groupes, ils étaient exclusivement menés pour les jeunes filles ou garçons déjà formé dans le cadre du projet. Compte tenu de leurs familiarités avec l’assistance, de la question sensible que les participants n’arrivent pas à aborder dans la grande séance sont souvent discutés dans ce cadre.

Une série de thé débats a été animée dans les communes d’intervention en collaboration avec une trentaine d’association

2. Les statistiques des personnes sensibilisées

Environ 4000 personnes ont été informées sur le VIH/Sida et ses modes de transmission, sensibilisées et conscientisées à adopter un comportement à moindre risque vis-à-vis de cette pandémie.

3. La communication pour le changement de comportement

Les participants étaient informés que le sida est causé par le virus de l’immunodéficience humaine et qu’il s’agit d’une maladie contagieuse, infectieuse et transmissible par voie sexuelle ou sanguine.

Ils étaient également informés qu’une infection à VIH est une pénétration et un développement dans un être vivant du virus de l’immunodéficience humaine provoquant des lésions en se multipliant, et éventuellement en sécrétant des toxines ou en se propageant par voie sanguine. Ils étaient convaincus que ce virus rend le corps humain plus vulnérable à toutes les autres maladies à cause de l’affaiblissement de toutes ses défenses naturelles contre les microbes.

Nous avons fait une distinction entre un séropositif et un malade du sida en disant ceci : “ un séropositif est une personne qui héberge le VIH dans son corps, mais, se trouve en bonne santé apparente, tandis qu’un malade du sida est un séropositif qui présente des symptômes tels que diarrhée prolongée, perte de poids exagérée, tuberculose, infections prolongées. Nous avons expliqué aux participants comment peut-on contracter le sida et nous avons insisté sur les modes de transmission ci-après :

  • a) Relations sexuelles entre un séropositif et une personne saine
  • b) Sang à sang
  • c) De la mère à son enfant pendant la grossesse, pendant l’accouchement et pendant l’allaitement.

Les participants aux différents thés-débats étaient convaincus que le sida existe bel et bien et que l’unique moyen pour lutter contre cette maladie c’est la prévention.

Cependant, nous pensons que le vrai changement de comportement pour aboutir à une prévention beaucoup plus efficiente doit nécessairement mettre plus l’accent sur le dépistage. D’ailleurs c’est l’aveu de la plupart des participants aux séances de causerie.

C’est ainsi que nos activités à venir ont comme objectif principal la promotion du dépistage en collaboration avec le mouvement associatif.

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