VIH/SIDA : "Communiquer autrement"
ONG Terre Vivante
Une proposition d’action à grande échelle d’information, de formation et de communication Pour prévenir et faire reculer la pandémie du VIH/SIDA
Plan d’Action 2005 - 2006
I. Logique d’intervention
L’esquisse d’une lutte à « visage découvert » contre le fléau du VIH/SIDA en Mauritanie est récente. Certes, la problématique demeure encore largement enveloppée d’un épais voile de tabous et de « clichés terrifiants » mais la question du VIH/SIDA sort quotidiennement de l’ombre. Grâce au travail et à l’engagement accru depuis près de 4 ans d’une large famille d’acteurs (Etat, organisations de la société civile, partenaires au développement, mass media).
Le travail globalement accompli, s’il est appréciable (il va falloir du reste établir une revue d’ensemble des actions réalisées et en apprécier véritablement l’impact) demeure insuffisant et ne permet nullement d’évaluer l’étendue du mal au plan national.
Les programmes en cours sont spatialement circonscris aux grands centres urbains même si l’on peut estimer qu’il y a une couverture nationale grâce aux émissions radio. Ils portent sur la prévention à travers l’information du public et sa sensibilisation.
Si cette façon d’opérer est intéressante, elle reste néanmoins, très limitée dans son impact. Ce n’est d’abord pas toutes les catégories socio professionnelles qui écoutent la radio ou regardent la télévision, quand elles y ont accès. Beaucoup d’individus n’ont pas le temps de s’arrêter pour lire ou pourraient ne pas comprendre le sens des messages sur affiches ou posters…Pour certains, ils n’ont accès ni aux messages radios –TV, ni aux affiches en raison de leurs conditions de travail ou tout simplement de vie. Ces groupes ne sont pas encore ciblés par les projets et programmes jusqu’ici menés en Mauritanie.
II. Buts et objectifs de l’initiative
Le but de l’intervention est de contribuer globalement aux efforts en cours pour atténuer, voire juguler l’expansion de la pandémie du sida.
L’objectif, de toute évidence, est de faire connaître la maladie pour mieux la contrer et prévenir de nouvelles contaminations.
Spécifiquement, il s’agit d’informer, de former et de communiquer à destination de catégories socio professionnelles particulièrement et de groupes singulièrement vulnérables.
III. Groupes concernés
Deux groupes spécifiquement concernés par ce programme. Ce sont, les transporteurs routiers et les marins, la population carcérale de la prison centrale de Nouakchott. De toute évidence, d’autres groupes seront touchés par ce programme.
3.1. Les transporteurs routiers :
Ils sont plus de 16000 camionneurs, chauffeurs de taxi brousse, bus ….etc. à sillonner les routes de Mauritanie pendant toute l’année sur quatre axes principaux :
- Axe Nouakchott –Rosso jusqu’à la frontière sud ouest avec le Sénégal sur 250km.
- Axe Nouakchott/Kaédi/Selibaby jusqu’à la frontière sud avec le Mali (Kayes) sur plus de 700km.
- Axe Nouakchott/Nouadhibou jusqu’à la frontière du Maroc sur 600km.
- Axe de la route du Nord-Est : Nouakchott /Atar/ Chinguetti sur près de 600km.
D’un point de départ à l’arrivée, le trajet se fait par étapes, à la fois pour le repos, mais aussi pour divers ravitaillements.
Les voyageurs routiers imposent donc de longues absences et des fréquents déplacements qui mettent en contacts les transporteurs routiers avec les populations disséminées tout au long des parcours. La pratique courante, est que le camionneur dispose dans chaque localité de transit d’une épouse, d’une concubine, voire d’une maîtresse quand ce n’est tout simplement d’une compagne d’un soir.
C’est presque la règle générale pour les transporteurs de la sous-région. C’est pourquoi, le programme de sensibilisation prendra en compte aussi les transporteurs routiers fréquentant les axes susmentionnés en provenance des pays limitrophes ou au-delà (des pays à forte prévalence de VIH/SIDA).
3.2 Les marins :
Il s’agit des marins de la marine marchande, approximativement estimé à 20000. Ils embraquent ou débarquent à partir de deux ports en Mauritanie (Nouakchott, Nouadhibou). La durée moyenne de séjour en mer est de trois mois, souvent de plus de six mois.
3.3 Population carcérale :
Il s’agit des prisonniers de la maison d’arrêt de Nouakchott. Cette population qui se chiffre à environ 750 est très vulnérables du fait de la proscumuité et des comportements à haut risque dans les prisons de la sous région.
Des activités de formation et de sensibilisation ont déjà été mises en œuvre au profit de ce groupe au cours de 2004 avec le concours financier du CNLS. Pour cette phase, il s’agira de consolider l’acquis pour des activités d’IEC et de promouvoir le dépistage qui a été sollicité par nombreux de ce groupe.
3.4 Autres groupes :
Il s’agit des populations des quartiers populaires de Nouakchott et celles vivant au contact des transporteurs routiers et des marins à l’occasion des séjours lors des haltes pour les transporteurs et lors des séjours sur terre pour les marins.
Le nombre de ces groupes est variable. Il peut s’agir de la population urbaine d’une location sur un itinéraire de camionneurs ou du port d’attache de marins pour ce qui est des transporteurs et des marins. Mais le programme va cibler directement les tenancières des hangars, tentes ou restaurants dans les gares des escales des camionneurs (entre 4 à 5000 personnes pour l’ensemble des axes routiers identifiés). Toutefois, en fonction des méthodes d’information et de supports de messages, ce sont l’ensemble des populations des localités qui seront touchées par le programme (campagnes de sensibilisation à large échelle…)
IV. Fiche synthétique des volets d’intervention
1. Volet transports routiers
| Intitulé | Transporteurs routiers |
|---|---|
| Durée | 2 ans | Localisation |
|
| Groupes concernés | 16000 transporteurs routiers |
| Activités |
|
| Acteurs potentiels | Fédérations des transporteurs, municipalités, groupements et exploitants des tentes, associations locales de lutte contre le sida, réseau national de lutte contre le sida… |
| Coût des activités | 45 millions d’ouguiyas |
2. Volet marine marchande
| Intitulé | Marins marchands |
|---|---|
| Durée | 2 ans |
| Localisation | Ports d’embarquement et/ou de débarquement (Nouakchott, Nouadhibou) |
| Groupes concernés | 20000 marins |
| Activités |
|
| Acteurs potentiels | Ministère de la pêche, réseau national de lutte contre le sida |
| Coût des activités | 30 millions d’ouguiyas |
3. Volet population carcérale
| Intitulé | Population carcérale |
|---|---|
| Durée | 2 ans |
| Localisation | Prison centrale de Nouakchott |
| Groupes concernés | 750 prisonniers |
| Activités |
|
| Acteurs potentiels | Ministère de la pêche, réseau national de lutte contre le sida |
| Coût des activités | 10 millions d’ouguiyas |
4. Prévention porte à porte
| Intitulé | Prévention porte à porte |
|---|---|
| Durée | 2 ans |
| Localisation | Quartiers populaires de Nouakchott, de Rosso et de Nouadhibou |
| Groupes concernés | 355 000 |
| Activités |
|
| Acteurs potentiels | Mouvement associatif, réseau national de lutte contre le sida |
| Coût des activités | 10 millions d’ouguiyas |

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